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20Syl pour TRENDS : « Kendrick Lamar a freestylé sur mes instrus, c’était assez inattendu. »

Après un premier EP sorti en Juin dernier sur On And On Records, 20syl dévoile Motifs II, second opus solo du producteur nantais (Hocus Pocus, C2C). Il développe dans cet Ep son univers singulier en faisant coexister textures organiques, rythmiques digitales et pour la première fois sa voix. 20syl insuffle une dimension poétique à ce projet non seulement musical mais aussi visuel. A l’image du clip très graphique du premier extrait Back & Forth.

Il a accepté de répondre aux questions de TRENDS periodical, dans le cadre de la promotion de son clip Back & Forth.

Dans C2C, 20syl fait équipe avec DJ Pfel, qui sera l’invité de TRENDS pour sa prochaine soirée qui aura lieu le 27 juin prochain aux Saints Pères.

 

TRENDS – Comment pourrait-on te présenter à quelqu’un qui ne te connaîtrait pas ? 

20syl – En faisant écouter ma musique. Pour faire un portrait fidèle je commencerai par le morceau Dig This puis 73 touches, ensuite Feel Good & F.U.Y.A et je finirai par Swimming Stone.

Tu as d’abord commencé par le rap et la production, peux tu nous parler de cette période ?

Ca a commencé avec du rap de chambre, on kickait à deux sans avoir d’équipe sans appartenir réellement à la scène locale qui était pourtant bien développée avec le Bastion, on était un peu à part, on faisait tout de manière autonome, instrus, copies K7, photocopies des covers et vente dans la cour du Lycée. Ensuite les micros ouverts, les freestyles sur les radios locales. Mais on a toujours tenu à cette autonomie, encore aujourd’hui avec On And On. Depuis 98 j’ai toujours produit en quantité, en moyenne un beat par jour hors tournée, j’en ai besoin et c’est ce qui m’a permis de définir une identité.

 

Tes influences, elles viennent d’où ?

J’ai vraiment eu le déclic en écoutant les prods New Yorkais du milieu des années 90, j’étais boulimique, j’ai commencé en reproduisant le taf de tous les producteurs de l’époque, RZA, Havoc, Primo, Pete Rock…

Depuis, tu travailles en solo, et continue l’aventure C2C. Comment est né ton EP Motifs 2 ?

C’est toujours la matière musicale qui détermine une envie de sortie, quand plusieurs morceaux s’imbriquent ou se complètent j’me dis que c’est le bon moment. Aussi l’idée d’un visuel, une image mentale qui fait que tout se construit logiquement.

 

Tu es diplômé des beaux arts de Nantes. Tu es donc très créatif. Parle nous de tes activités de graphiste ?

J’ai toujours travaillé sur les visuels de mes projets respectif, soit en tant que graphiste soit en tant que D.A pour diriger ou adapter les différents supports. Récemment on a créé l’entité Ursidae Studio au sein d’On And On, avec Mathieu le Dude on échange nos idées et on se challenge pour être le plus créatifs possibles et développer une identité forte pour le label.

 

Ta collaboration la plus marquante ?

Peut-être AKH sur l’album 16 pièces de Hocus Pocus. C’est un monument et c’était énorme pour un fan d’IAM de pouvoir partager un moment en studio avec lui.

Aussi les Feat avec CL Smooth et Evidence sur l’album du beatmaker allemand Shuko, c’était assez fou de se retrouver au coté de telles références. Plus récemment je me suis retrouvé derrière les platines avec Kendrick Lamar, il a freestylé sur mes instrus, c’était assez inattendu.

 

4 fois champions du monde DMC par équipe… Avec C2C, vous avez cartonné. Il faut quoi de plus que les autres pour réussir cette compétition ?

Je pense que notre gros atout était qu’on se connaissait par coeur. On avait tous des niveaux à peu près équivalent ce qui nous permettait d’être une vrai team. On avait aussi comme atout mon expérience en tant que producteur, ce qui nous a permis d’avoir nos propres compositions et des sets ultra-musicaux. En gros je pense qu’il faut faire un set bien équilibré, pas plus technique que musical, intemporel, moderne et visuel.

 

Tu as produit de grands rappeurs du paysage français.. Fabe, Oxmo, Disiz… et même Slum Village aux USA. Il y’a même des kickeurs de Face B du monde entier qui te connaissent. Tu peux nous en dire plus la dessus ?

L’expérience Original Bombattak m’a permis de me faire un nom parmi les producteurs Français, du coup pas mal de monde a fait appel à moi, ça a été de très bonnes expériences et de très belles rencontres dans la plupart des cas. J’espère que mon travail restera d’une certaine manière, via les Face B et les freestyles notamment.

 

Quels sont tes prochains projets ?

Une Rampe de Skateboard sonore et connectée qui va permettre au skateur d’interpréter ma musique. Le projet sera visible à la rentrée dans les salles de concerts de la région des Pays de la Loire.

 

Propos recueillis par Etienne Quesnay.

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