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Bordalo Segundo fait les poubelles

Malodorantes, disgracieuses, encombrantes… les adjectifs péjoratifs ne manquent pas quand il s’agit de qualifier les ordures qui, parfois, jonchent les rues de nos villes. Des immondices qu’on aimerait mieux ne pas voir et qui inspirent pourtant certains artistes de rue

Après Grégory Kloehn et son projet artistico-humaniste de maisons pour sans-abris, voici venu le tour de Bordalo Segundo ( Bordalo II pour les intimes), qui récupère les encombrants pour en faire des véritables œuvres d’art, aussi monumentales que colorées. Né à Lisbonne en 1987, Artur Bordalo a découvert le monde de l’art en observant le travail de son grand-père, le peintre Real Bordalo. En digne successeur de ce dernier, Artur a donc choisi le nom de Bordalo Segundo et s’est lancé dans le street art, la peinture étant pour lui le meilleur moyen d’expression qui soit.

A mi-chemin entre peinture et collage, son art s’inscrit donc dans une lignée figurative et donne lieu à des fresques (presque) vivantes, donnant l’impression à quiconque les regarde qu’elles vont se mettre à bouger. Composées de bric et de broc – palettes, tôle, pneus usagés ou encore extincteurs – les œuvres de Bordalo Segundo permettent non seulement à l’artiste de recycler des déchets d’une façon peu commune, mais aussi de réinventer le paysage urbain et de rendre les rues plus attractives, plus divertissantes. Une démarche artistique à travers laquelle il émet également une critique vive du monde dans lequel nous vivons ; un monde où le paraître prédomine et où l’on ne se rend pas toujours compte que de la laideur peut venir le beau, à l’image de ses sculptures spectaculaires, sorties tout droit des poubelles…

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