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Chronique – A$AP Rocky – Nous sommes fous d’ « A.L.L.A. »

Chronique – A$AP Rocky – Nous sommes fous d’ « A.L.L.A. »

Deux semaines se sont écoulées depuis la sortie prématurée le 26 mai d’ ‘A.L.L.A.’, le deuxième album du New-Yorkais A$AP Rocky. Deux semaines qu’on l’écoute, qu’on l’écorche, qu’on le saigne. Maintenant, c’est l’heure de la chronique les amis. C’est le retour de l’autoproclamé ‘God MC’.

Commençons par le commencement. ‘A.L.L.A’, c’est la version simplifiée d’ ‘At.Long.Last.A$AP’. C’est la suite de l’album ‘Long Live A$AP’ sorti en 2013. C’est 18 titres, 20 featurings dont 5 pour le seul Joe Fox. C’est aussi un album avancé car les fuites sur Internet commençaient à être trop présentes. Mais c’est surtout un des albums 2015 des plus attendus par les auditeurs et chroniqueurs du monde entier et ça tombe bien, on vous en fait une sur TRENDS periodical.

Il fût un temps où l’ancien dealer et fils de dealer avait l’image du gangsta rappeur venu tout droit des rues d’Harlem. Depuis sa première mixtape ‘Deep Purple’ en 2011, Rakim Mayers, de son vrai nom, tente de se défaire de cette étiquette. Extrait de cette mixtape, le titre ‘Purple Swag’ était son premier contre-pied et restera comme l’un de ses plus gros hit. Depuis quatre ans et après quelques apparitions aux différentes Fashion Week du monde, l’image est presque propre. Propre comme sur le premier titre de l’album, Holy Ghost, où Rocky en appelle au Saint-Esprit pour être sain d’esprit. Le titre marque aussi le premier featuring de Joe Fox. Jeune chanteur/guitariste rencontré par le A$AP Mob dans une rue de Londres alors qu’il était SDF. La magie a fait le reste.

S’en suit la tuerie Canal St. (célèbre rue de Manhattan) avec un featuring de Bones. Ce dernier est un rappeur Californien à qui l’on doit le morceau. Il n’est autre que l’auteur de la version originale du titre. Sur l’instru, remixé pour l’occasion, on retrouve A$AP Rocky déterminé et qui rappe en plaçant une petite référence à Jay-Z :

Rap game like the crack game, swear it’s all the same hustle

L’album est ensuite une alternance entre plusieurs sujets. Drogues, sexe, amour, réalité professionnelle… On ne sait plus trop où donner de la tête. Quelle direction souhaite prendre A$AP Rocky ? On pourrait penser à une transition entre ses anciens CD avec quelques morceaux semblables à ce qu’il a pu faire tels que JD, le banger Lord Pletty Flacko Jodye 2 et Max B, et ses futurs projets, qui pourrait être plus un délire psychédélique qu’il nous fait découvrir sur les morceaux Westside HighwayExcuse Me ou encore Better Things.

À l’image d’un navire sans capitaine, la traversée peut être difficile. La perte du chef de bord, A$AP Yams, a largement contribué à la production de l’album avec des morceaux plus triste, plus sombre, comme Fine Whine, Dreams (Interlude) ou Pharsyde avec Joe Fox. Rocky ayant déclaré que ça l’avait aidé à faire le deuil de son mentor. La pochette de l’album ‘A.L.L.A.’ fait référence à celui qu’on surnommait Yamborghini. Ce dernier était facilement identifiable par sa ‘tâche de vin’ en dessous de son œil droit.

A$AP ROCKY ALLA COVER

Rocky hisse alors la grande voile et met les bouchées doubles pour tenter d’oublier cette mort tragique. Mayers convie Wayne à son périple pour une nouvelle version de M’$. La rumeur dit que Flacko a voulu changer ses couplets lorsqu’il a entendu celui de Weezy. Il n’en est rien. A$AP Rocky s’est contenté de supprimer son dernier couplet pour laisser la place à Lil Wayne, qui fait bien le job. That’s all.

Difficile de changer des bonnes habitudes. L’homme au bob Schoolboy Q est présent sur l’album. Après ‘Hands On The Wheel’, ‘Brand New Guy’ et ‘P.M.W.’, c’est au tour d’Electric Body d’être le fruit de leur collaboration. Il est fort à parier que ce titre soit clippé. Une bonne alchimie existe entre les deux rappeurs et le morceau est efficace.

Schoolboy Q A$AP Rocky

Sans transition, on passe à la minute Kanye West. Une collaboration entre le maître et l’élève. Et ce n’est pas un Yeezy transcendant durant ses 60 secondes sur le titre Jukebox Joints. Une track qu’il a coproduite. Une production bien meilleur que son couplet qui partira sûrement aux oubliettes.

Bien que parfois les sujets diffèrent, l’album ‘A.L.L.A.’ est cohérent dans son ensemble. Oubliez les hits ‘F**kin’ Problems’ programmé au succès interplanétaire. On constate qu’A$AP Rocky fait un peu ce qu’il veut, ce qu’il a envie, tant au niveau de la production qu’au niveau artistique. Le single Everyday est la pour nous le rappeler. Un hit qui reste dans l’optique psyché’ de l’album et qui inclue les featurings de Rod Stewart, Miguel & Mark Ronson. Le clip hallucinogène LSD, tourné à Tokyo, reste sur cette même logique :

Oui mais voila, A$AP Rocky n’en oublie pas ses origines dans le rap, le vrai, celui qu’il l’a fait connaitre. Sur Wavybone et dans une ambiance très Dirty South Texane, il rend à Houston ce que la ville lui a donné : la passion. Deux couplet pour le duo UGK, formé par Bun B et le regretté Pimp C, et c’est toute une ville à qui il rend hommage. On en oublierait presque le featuring de Juicy J, qui n’a de Houston que son nom de famille.

En ‘final track’ se trouve Back Home. Un titre hommage où l’on retrouve A$AP Yams mais aussi Acyde et Mos Def. Bien que ce dernier ait changé de nom en Yasiin Bey, les crédits sont au nom de Mos Def. Il a aussi autorisé A$AP Rocky à utiliser le surnom de Pretty Flacko. Surnom utilisé à l’époque par Bey, qui est d’ailleurs introduit par A$AP Rocky de cette façon :

I’d like to introduce Pretty Flacko Senior – Yasiin Bey

‘At.Long.Last.A$AP’ se termine logiquement par un hommage à Yams. Laissant le défunt créateur du A$AP Mob nous dire au revoir et nous expliquer que lui et son crew ont changé la face du rap game. Et ça, on veut bien le croire.

N’oubliez pas qu’A$AP Rocky se produira au festival ‘Garorock’ du côté de Marmande en Aquitaine et se situant à 1 heure de Bordeaux.

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