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Chronique – The Weeknd, une ascension sans fin ?

Chronique – The Weeknd, une ascension sans fin ?

Le grand public l’a découvert en ce début d’année grâce à la bande-annonce « Earned It »  du film qui a beaucoup fait parler de lui j’ai nommé « 50 Shades of Grey »  et pourtant  The Weeknd, aka Abel Tesfaye a commencé sa romance avec la musique et le public il y a 4 ans déjà.

En 2011, après avoir été remarqué par le grand dénicheur de talent et compatriote Drake qui parle de lui sur Twitter, Abel publie sur internet sa première mixtape, « House of Balloons » saluée par les internautes ainsi que par les grands noms de la profession. Mais c’est en novembre 2012 que le chanteur de 22 ans à peine explose littéralement auprès du public après avoir signé chez Universal pour la sortie de sa triple compilation intitulée « Trilogy » regroupant ses 3 dernières mixtapes (House of Balloons, Echoes of Silence et Thursday).

Et c’est à ce moment-là que le petit chanteur originaire du fin-fond du Canada dont on ne savait presque rien prend ses lettres de noblesses. D’abord, la voix, qui nous fait très naturellement penser à celle de Michael Jackson ou encore de Maxwell. Ensuite, l’irrésistible noirceur et sulfure des mélodies mises en lumière par une production R&B pointue et sobre signée Dreezy, mariant arrangements lascifs et électriques. Certes, The Weeknd ne fait pas dans la dentelle niveau paroles, il est cash, il parle cru, cul, drogue, argent…

En bref, une véritable ode à la luxure qu’on lui pardonne volontiers à l’écoute de certains de ces morceaux tels que le brûlant « Wicked Games » , « The Morning » , « Birds(part 1 pour ma part) » ou encore le très phasant « Rolling Stone » , pour ne citer qu’eux.

Après avoir redonné de l’espoir à un genre musical qui ne cesse malheureusement d’essuyer de nombreuses casseroles, son premier album studio nommé « Kiss Land »  été alors très attendu: l’album, qui rencontre un énorme succès commercial ne peut se targuer cependant d’avoir fait autant que son précédent. Malgré les bons « Wanderlust » et « Live For » featuring Drake et un « Kiss Land » avec Sebastien Tellier à la production, l’album ne remplit pas toutes les attentes.

Après cette rencontre commerciale qui assoit un peu plus sa notoriété, le chanteur enchaîne les featuring en or tels que la tuerie  « Crew Love » avec Drake, le très hot « Or Nah » avec Ty Dolla Sign et il n’hésite pas à mélanger les genres comme sur « Elastic Heart » avec Sia. On ne relèvera pas « Love Me Harder » avec Ariana Grande, qui pue l’arrangement commercial américain de base et qui n’a aucun intérêt musical.

Et c’est donc après de longs mois d’attente qu’enfin le Graal « Beauty Behind the Madness » est annoncé. Pour nous faire patienter et nous donner un avant-goût , Abel sort tout d’abord l’entêtant « Often » , remixé avec brio  par Kygo. Vient ensuite le « Earned It » , B.O de « 50 nuances de Grey » qui a pour effet de mettre toutes les jeunes filles en fleur en émois mais qui est loin d’émoustiller nos oreilles.

C’est là qu’on prend peur et que les critiques fusent: The Weeknd serait-il tomber dans le piège de la machine commerciale? Aurait-il perdu cette singularité, ce côté sombre et déphasé qu’on aimait tant ?

À ces questions, il répond que sa vie est moins sombre qu’avant et que donc sa musique s’en ressent. Et c’est vrai qu’après tout le propre d’un artiste est d’évoluer. Alors c’est d’accord Abel, mais on veut du lourd. Il balance donc fin Mai sur la toile le très très bon « I Can’t Feel My Face » définitivement influencé par Michael Jackson et qui est incontestablement la chanson de l’été. S’en suit le très heavy et sombre « The Hills » qui n’est pas sans nous rappeler l’univers de Trilogy. Enfin, ultime morceau avant la sortie de son album, « Tell Your Friends » , produit par monsieur Kanye West en personne annonce un album de qualité.

 

Composé de 14 titres (dont 5 sortis), notre avis sur l’album est donc déjà à moitié fait. Trois titres en featuring : « Prisoner » avec Lana Del Rey, le vaguement bluesy « Dark Times » avec Ed Sheeran et  enfin « Losers » , aux sonorités électroniques avec Labrinth.

Bilan de ces collaborations : Abel Tesfaye n’a besoin de personne d’autre pour faire de la bonne musique, c’est dit! En plus de « I Can’t Feel My Face » , le chanteur rend largement hommage au King Of Pop avec son « In The Night » qui rappelle un certain « Billie Jean » , le thème de la cocaïne en plus.

On notera également la qualité des « petites » interludes d’ « Acquainted » et de « Real Life » qui d’ailleurs rappelle étrangement le tout début de « Street Lights » de Kanye West, ainsi que l’envoûtante mélodie de « Angels » et « Shameless » qui font, il faut l’avouer, leur effet.

En somme, un album qui remplit sa part du contrat et qui consacre The Weeknd au rang des artistes qui pèsent vraiment. Cependant, on peut tout d’abord se demander si « Beauty Behind the Madness » n’a pas révélé tous ses « trésors » avant même sa sortie

Le double-challenge aujourd’hui pour The Weeknd, c’est tout d’abord de ne pas tomber dans la caricature de lui-même ni dans le spirale du commercial facile. Parce que certes, on ne peut pas reprocher au chanteur de tourner en boucle sur les radios(même si on aime pas partager) , mais les featurings style Ariana Grande et les visites surprises sur scène durant la tournée de Taylor Swift, ça non, c’est peut-être un peu trop pour nous

Filez donc vous procurez « Beauty Behind the Madness » ici puisque c’est tout de même ce qui se fait de mieux dans le genre et on attend maintenant de pied ferme l’album à venir de celui qui a été révélé à peu près au même moment, le grand mais très silencieux Frank Ocean!

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