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Disiz pour TRENDS : « Aujourd’hui, les rappeurs s’en foutent de bien rapper ! »

Peu nombreux sont les rappeurs ayant traversé les époques dans un buzz quasi constant. Depuis 15 ans, Disiz multiplie les hits avec une propulsion énorme avec Le Poisson Rouge jusqu’à la sortie de Rap Machine le 1er juin prochain.

De son début de carrière a ses origines, du rap game à ses doutes et a son revival, Disiz nous dit tout dans une interview long format : 45 minutes pour mieux comprendre le MC à l’aube de la sortie de son nouvel album. Ici, pas de taboo, et une discussion autour de la construction d’un homme et d’un artiste, dans ses certitudes et dans ses doutes.

On apprend dans cette interview ses débuts en tant qu’apprenti graffeur, son parcours avec Rimeur à gage et l’explosion de la B.O. de Taxi 2, un tournant capital dans sa carrière avec pour explosion l’album Le Poisson Rouge, un perfect.

Des années 2010 il garde quelques doutes et un album poignant, This is the end, avant de tenter l’aventure Peter Punk « Un échec commercial », et finalement un come back réussi avec la trilogie Lucide.

S’il s’est si bien fondu dans le nouveau paysage hip hop, c’est que Disiz à l’amour du rap, dans toute sa technique, son écriture et ses images. Il rap avec ceux qui savent rapper, et fustige ces rappeurs qui se foutent de savoir rapper. Le contre exemple ? Lino, « un découpeur » avec lequel il espère faire un featuring.

Disiz porte ici un oeil très véhément sur ceux qui défont la société, créent des clivages entre les gens et les genres « ces gens là, je préfère écrire des chansons pour dire que j’ai envie de les tuer plutôt que le dire dans une interview ». S’il devait réécrire « C’est ca la France », ca serait différemment, sans clichés, en parlant de la « vraie France, celle des petites gens ».

Sur la littérature enfin, il la voit comme une clef pour aider les jeunes à s’évader. « Comment ca lire c’est un truc de babtou ? (…) Je suis sur que si je donne à lire l’auto biographie de Malcom X a un jeune de quartier (…) Je suis persuadé qu’il va lire le bouquin et me dire « il m’a trop apporté ! » »

Sur Rap Machine, « l’album le plus dur à faire », il parle d’une volonté d’être « minimaliste dans les choix d’instru pour être plus accessible, pour être mieux compris ». C’est un disque puissant, un retour à l’adolescence, sans être nostalgique et passéiste. « Un disque d’aujourd’hui qui puise son énergie et son esthétisme dans les années 90 ».

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