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Jain pour TRENDS : « Le Melting Pop, c’est ne pas avoir à faire de choix »

Jeune artiste compositeur interprète, Jain a vu mille et un lieux qui ont inspirés sa musique. Suivant son père à travers ses déplacements professionnels, elle a sillonné le monde toute son enfance.

Du sud de la France à Abu Dhabi, en passant par Dubaï et le Congo, avant de revenir en France. Jain a grandi entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient et telle est sa musique, voyageant entre pop, électro, reggae et soul.

Elle a accepté de nous parler de son EP « Hope » avec TRENDS periodical. Une interview toute en bonne humeur !

 

TRENDS – Jain peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

JAIN – Je suis Jain, je suis née dans le sud est de la France, à Toulouse puis j’ai vécu à Pau. A l’age de 9 ans je suis partie vivre à Dubaï parce que mes parents étaient expatriés donc je les ai suivi. Après, je suis allée vivre au Congo pendant 4 ans, c’est là ou j’ai commence la Musique. Et après je suis allée vivre à Abu Dhabi pour passer mon Bac !

Puis je suis arrivée à Paris pour faire une école d’Art. Quand j’étais au Congo j’ai commencé la Musique, j’ai commencé mes premières compositions à l’âge de 16 ans et j’ai mis mes chansons sur MySpace et c’est comme ça que j’ai rencontré mon producteur Yodelice. Il m’a pris sous son aile et on a commencé à travailler ensemble notamment sur Come, déjà à cette époque la.

Là on a fini l’album, enfin toutes les chansons sont prêtes et j’en suis très très fière.

Comme tu viens de le mentionner, grâce à la profession de ton père tu as parcouru les quatre coins du monde entre Toulouse, Dubaï, Pointe Noire et Abu Dhabi, peux-tu nous dire ce que les voyages t’ont apporté d’un point de vu personnel, humain et artistique ? 

Au niveau artistique dejà, c’est un peu cliché de dire ça mais il y a une ouverture d’esprit qui favorise un peu plus la tolérance et surtout de vivre avec les autres même s’ils n’ont pas les mêmes manières que nous de vivre. Pour la musique c’est pareil, on apprend à aimer tous les styles parce que finalement dans chaque style il y a quelque chose à prendre. C’est aussi ce que j’essaye de faire dans mon album et c’est le résultat de tous ces voyages. De tirer de chaque expérience quelque chose de bon et de réussir a unifier tout ca, faire une sorte de “melting pop”, j’aime bien dire ça.

D’ailleurs c’est une chose majeure, la tolérance, dans ta chanson Come ?

Oui la tolérance et l’espoir. La base de la tolérance c’est espérer toujours, ça qui nous fait avancer.

Comme tu viens de le dire, quand on parle de toi on parle de « melting pop », comment as tu trouvé ton inspiration dans les différents pays visités ? Et comment les utilises-tu ? 

Quand j’étais à Dubaï, j’ai fais deux ans de percussion arabe, Talbla ou Derbouka. A Pau j’ai fais deux ans de batterie. Très tôt il y a eu cette recherche du rythme et j’adorais toutes ces sonorités un peu ethnique qu’apportent les percussions. Généralement quand je fais une musique c’est que je les bourre de percussion, de rythme assez rapide. Et le Congo a juste été la confirmation de tout ça. Quand tu arrives au Congo il y a tellement de rythme, de musicalité autour de toi donc forcement t’es obligé de faire de la musique. Surtout quand tu es entourée comme ça, un jour tu es amené à en faire. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé. Quand on voyage on est baigné dans la culture musicale du pays, il suffit juste d’allumer la radio, on est vraiment entouré de choses que l’on connaissait pas et il y a ce truc de découverte.

Dans quel coin du monde aimerais-tu faire une scène ? 

Ma mère est a moitié malgache donc j’aimerai bien faire une scène a Madagascar, cela me permettra aussi de voir ma famille de là bas et que je n’ai jamais trop vu. Retourner un peu aux sources.

T’expatrier artistiquement ?

Voila c’est exactement ça

Dans ton art on pourrait te comparer à Garance dans Les Enfants du Paradis de Marcel Carné un film sortie en 1945, comme elle, comment exprimes-tu ta liberté et ton audace dans ta créativité ? 

Souvent quand on pose des questions c’est : quel style tu fais ? Et il en faut un. Moi mon audace dans la créativité c’est que je ne veux pas appartenir a un style en particulier.

Le Melting Pop ?

Voila ! J’ai pas du tout envie d’avoir à faire un choix et je laisse les gens le faire à ma place. Un jour je me dis que si j’ai envie de faire du Hardrock, j’en ferai. Je ne me mets aucune limite dans le style.

Tu as un style très pur et classique, habillé tout en noir avec une touche de blanc, ce qui me fait penser à ces vieux films de mimes avec Baptiste dans les Enfants du Paradis que nous venons de citer ou encore Chaplin. Est- ce que ces influences très particulières, fondées sur le jeu de scène plus que sur la voix, sont importantes pour toi ?

C’est super important, déjà esthétiquement c’est des films que j’adore. Il y a à la fois une simplicité et quelque chose de très classe qui en ressort et puis aussi j’ai choisi cette tenue qui, c’est vrai, rappelle Les Enfants du Paradis mais aussi pour que les gens puissent se poser des questions, car quand j’arrive sur scène les gens ne savent pas ce que je vais faire, je suis à moitié dans une robe de none et on se demande “qu’est ce qu’elle va nous faire ?”. Généralement les gens sont assez surpris. Par exemple, ils me voient rapper à un moment …

Ou danser sur du Eminem ?

Voila (rire)

C’est ça que j’aime bien, c’est la surprise, le fait que les gens ne s’attendent pas a ce que je vais faire. Ce genre de contraste que je voulais retranscrire dans mon apparence.

Concernant la mode, tient-elle une place importante dans l’expression de ton personnage 

Ca a de l’importance artistique, après voila je m’habille pas en robe tous les jours donc … Mais bon c’est vrai que c’est important de nos jours d’avoir un sorte d’uniforme. C’est ça aussi, c’est une ligne artistique qu’il faut conserver. Surtout que de nos jours on a une grande importance pour ce qui est esthétique. Il y a des pubs, des images partout donc les gens ont cette éducation à l’image donc c’est très important d’y jouer.

C’est une identité vestimentaire !

C’est exactement ça !

Et la peinture dans tout ça ?  J’ai un peu fouillé et j’ai vu que tu peignais, tu as également fais une école d’art ? Est ce que tu peux nous en dire plus ?

J’ai longtemps hésité entre faire de la peinture et de l’art du coup j’ai fais une prépa a l’atelier de Sèvres, c’est vrai que la musique a pris le dessus mais en même temps c’est moi qui ait fait la pochette de mon EP, qui ait dessiné l’intérieur… Donc j’ai essayé de continuer les deux. La peinture j’en fais toujours quand j’ai le temps, je dessine beaucoup et j’essaye de m’investir vraiment sur les pochettes d’album, de mettre ma patte.

Plusieurs de tes fans disent que tu fais le pont entre les Beatles et Nina Simone, Otis Redding et Manu Chao. Quels sont les artistes qui t’ont accompagné dans ton enfance et qui, probablement t’accompagnent aujourd’hui ? 

Après je n’aurai pas la prétention de dire que je ressemble à Otis Redding ou Nina Simone, Manu Chao ..

Les fans le dissent pour toi .. c’est très bien !

Ok (rire) ! J’ai eu des parents qui écoutaient des très bonnes musiques, comme les personnes que tu viens de citer, du coup grandir en écoutant de la musique comme ça, forcément ça t’inspire. Et ils avaient tous ce truc hyper mélodique.

Moi la première chose que je fais pour créer une musique c’est d’abord de travailler la mélodie, c’est la base de la chanson. Après les paroles sont aussi importants mais la mélodie peut s’écouter sans les paroles. Ce sont encore a l’heure d’aujourd’hui des personnes que j’écoute encore.

Otis Redding c’est la personne qui m’a permis de découvrir la Soul, j’en parle beaucoup, parce que la découverte de la Soul a été une longue route de découverte d’autres artistes, de cette énergie, de vivant .. une énergie de “la ville”, j’aime bien dire ça ! c’est rempli d’âme, c’est pour ça que ça s’appelle Soul d’ailleurs.

Sur la pochette  de ton EP qui est sorti le 22 juin on peut interpréter plusieurs « Jaïn » en une, peux-t-on dire que c’est dû au fait que tu possèdes de multiples visages : tu chantes, joues de plusieurs instruments et composes toi-même tes chansons. Peux-tu nous parler de ta manière de créer ? Comment a été fait cet EP ? 

Mon EP a mis du temps, j’ai commence à écrire quand j’avais 16 ans, je voulais mettre des musiques assez différentes dedans, il a un peu grandi avec moi cet EP. Par exemple il y a une chanson que j’ai fais, Myriam Makeba, je l’ai fais l’année dernière. Come, je l’ai fais quand j’avais 16 ans. Un projet réalisé sur du long terme et sur plusieurs pays.

Par rapport à l’interprétation que tu as de mon EP c’est exactement ça que je voulais montrer. En plus sur scène j’ai plusieurs machine, des fois je joues de la guitare .. Je voulais montrer cet aspect “multi tâches”. Des gens pensent que c’est Shiva.

Tu as fait la première partie de Christine & The Queens, artiste complète, comme toi, Calogero ou encore Yodelice, comment as-tu réagis quand on t’as proposé de faire leur première partie ? 

J’étais euphorique. Surtout que Yodelice m’a mis pratiquement sur toutes ses dates de concerts cette année. C’était vraiment une perle d’apprentissage. Surtout que personne t’attend, ils sont pas obligés de t’aimer ni même d’être sympa avec toi… Bon, là, pour le coup, ils l’ont été. Ces expériences sont ma période d’apprentissage aujourd’hui pour le live. Je suis tombée sur de très très bon publics et artistes. Entre Christine and the Queens et Yodelice ce sont des gens extrêmement sympa. J’ai eu beaucoup de chance.

Dans tes rêves les plus fous, avec quel artiste aimerais-tu collaborer ? 

Kendrick Lamar, A$ap Rocky, Joey Badass toute cette nouvelle génération de rappeurs qui remontent le rap à niveau, qui apportent une nouvelle énergie.

C’est rassurant de les avoir, surtout pour les amateurs de rap.

C’est sur !

On va pouvoir te retrouver au Solidays le 27 juin prochain avec des prestations scéniques époustouflantes, peux-tu nous en dire plus sur ton actualité et surtout tes prochaines scènes ? 

Solidays le 27 juin suivi du Big Festival puis le 27 juillet, je fais une scène avec Calogéro. Après il y aura des concerts à la rentrée à partir d’octobre, sur des plateaux d’artistes. Il y aura quelques dates ensuite également mais tout est encore en pleine organisation.

On pourra te suivre sur facebook et avoir plus d’informations.

Voilà !

Du coup ton EP on pourra le retrouver sur quelle plateforme ?

On pourra le retrouver sur Itunes, Fnac, Amazon. Voilà les trois sites principaux.

 

 

Interview réalisée par Fatiha Zeroual.

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