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Phlegm : entre fantastique et surréalisme

Personnages voûtés et filiformes ; créatures oniriques, très souvent aquatiques ; machines infernales et engrenages angoissants : bienvenue dans le monde en noir et blanc de Phlegm, street artiste et illustrateur gallois.

Fait de créatures étranges et de chimères inquiétantes tout droit sorties d’un tableau de Jérôme Bosch, l’univers de Phlegm côtoie de près le surréalisme. Un mélange subtil d’humanité, d’animalité et de machines industrielles à la limite de l’angoissant qui nous questionne sur notre rapport au monde, et nous interroge sur les dérives de notre société : enchaînés à la technologie, destinés à être dévorés par des poissons, démembrés ou hybrides, les hommes, dans les compositions de l’artiste, n’ont pas franchement un avenir radieux ! À moins qu’ils ne se posent les bonnes questions…

Illustrateur avant d’être graffeur, Phlegm réalise des fresques monumentales extrêmement précises et détaillées ; loin du tag, elles s’apparentent en effet à des gravures très travaillées, le plus souvent en noir et blanc. Un style très particulier qui confère une dimension étrange et inquiétante aux œuvres de l’artiste. Des œuvres intrigantes et fantastiques toujours en réponse au lieu où elles sont installées. « Une peinture dans la rue devient part de l’architecture de la ville, influencé par ce qui l’entoure plutôt que d’être un tableau empoté dans une galerie », souligne l’artiste. De cette philosophie naissent donc des compositions en parfaite adéquation avec leur environnement, à l’image de la créature démembrée récemment réalisée sur Hanbury Street, dans le East End londonien : un lieu hautement symbolique puisqu’il s’agit de l’endroit où Jack l’Eventreur a perpétré son deuxième meurtre.

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