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Le tourment de Takashi Murakami

On a connu une ère Murakami plus joyeuse. Petit rappel : dès les années 90 Murakami explore un art narratif dans un style manga néo pop sur-vitaminé et souriant. Son cultissime avatar Mr Dob, devient dès lors une signature qu’il multiplie avec obsession, jusqu’à faire exploser les limites de son propre espace d’expression. L’invasion Murakami est alors en marche et l’artiste développe une véritable industrie autour de sa pratique artistique. Courtisée par le milieu des marchands d’art et des médias, la griffe Murakami parfaitement maîtrisée vaut désormais de l’or.

Si le style reste très fidèle, c’est dans une tonalité radicalement différente, plus sensible et personnelle que l’artiste plasticien interprète le thème du chaos dans cette nouvelle série. Inspiré par deux évènements majeurs, le séisme de Tohoku et le tsunami de 2011 qui ont ravagé son pays, Murakami délivre un ensemble d’oeuvres édifiantes et monstrueuses, aux multiples références mythologiques, religieuses et symboliques. A l’image de l’artiste tourmenté en quête de spiritualité et d’actes libérateurs, il raconte ici le traumatisme de toute une génération pour mieux l’aider à se reconstruire. Il l’explique ainsi : «Pour moi la Religion est narrative… Les catastrophes naturelles, les tremblements de terre sont causés par la nature. Un tel chaos est naturel mais nous devons lui donner du sens et donc inventer son histoire. Et c’est ce que j’ai eu envie de faire à travers ces peintures».

C’est dans un arc en ciel surabondant de signes, de références et de couleurs qui lui sont propres, et surtout dans une narration inhabituelle et trash que Murakami rend hommage à son éternelle muse : la culture japonaise, toujours autant animante et fascinante.

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