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The Collective Quarterly, voyage au coeur de la création

The Collective Quarterly est un projet de slow journalism qui voie le monde un peu différemment. C’est un voyage qui repose sur une communion entre artisans et créateurs dans le but d’élaborer des produits rares enracinés dans l’héritage de la terre qui les entoure. Tout commence lorsque Jess Lenz, artiste qui a notamment créé des illustrations éditoriales pour le New York Times, GQ et Rolling Stone, et Seth Putnam, un journaliste, se rencontrent par hasard sur Instagram. Ils décident de se lancer dans la réalisation de leur propre magazine avec une idée bien précise en tête. Offrir aux lecteurs un magazine intimiste qui explore le processus de création. Leur leitmotiv ? Le voyage a toujours été la source de tout travail créatif. Le collectif souhaite donc montrer aux lecteurs les chaînes de ce processus. The collective quarterly magazine absaroka Chaque numéro du magazine porte sur un seul lieu hors des sentiers battus, ses paysages et sa population. Un numéro représente plusieurs mois de travail pour l’équipe de The Collective Quarterly qui se veut au plus proche de la culture locale. Au fil des pages, on y découvre une communion entre différents artisans et artistes partageant les mêmes idées. Les photographies mettent en lumière le processus créatif, lorsque l’artiste cherche à découvrir la vérité, la surprise et une esthétique qui émerveille, étape qui reste souvent floue pour le commun des mortels. Mais le magazine propose également des conseils sur les endroits à visiter et des explications sur l’histoire de la population locale. « L’idée, c’est de raconter de bonnes et de vraies histoires qui mettent en lumière la beauté et la laideur de l’expérience humaine », explique Seth Putnam à Coolhunting.com. « Finalement, il s’agit d’explorer notre environnement et d’essayer de se connecter avec de bons styles, de la bonne nourriture, de la bonne boisson et, plus que tout, avec de bonnes personnes. » The collective quarterly magazine Marfa Mais qu’est-ce qui différencie le travail du collectif d’un autre magazine artistique ? La recette est simple. Pour chaque numéro, le magazine invite une poignée d’artistes une semaine dans la région sélectionnée, avant de retourner dans leur studio pour y élaborer une pièce inspirée par leur voyage. Et pour que l’expérience d’immersion du lecteur soit la plus complète possible, les créations sont ensuite disponibles à la vente sur la boutique en ligne de la revue. Par ailleurs, tout ce qui plaît dans le magazine, le collectif se charge de le rendre facilement accessible. Pour son numéro ø paru en 2013, The Collective Quarterly visite Marfa, un village d’artisans complètement perdu au milieu du désert du Texas. Le collectif ne se déplaçant jamais seul, John Mooty, directeur artistique chez Faribault Woolen Mill’s, une entreprise de textile et d’accessoires aux USA, est également du voyage. John Mooty souhaitait trouver des idées pour créer une nouvelle couverture. Le magazine nous permet de suivre sa rencontre avec les artisans locaux de Marfa, de découvrir les différents paysages et textures qui l’ont inspiré dans son travail, ainsi que tout son processus de création. The collective quarterly magazine marfa « Nous essayons d’amener les gens de différentes régions et de milieux à chaque voyage », confie Jess Lenz à la CreativeReview. Photographies, couvertures en laine, anoraks, tabourets, cuillères en bois sont disponibles à la vente et représentent un large éventail des nombreuses disciplines pratiquées par les artistes invités. Dans sa revue numéro 1, le collectif se rend à Absaroka, une région montagneuse entre le Montana, le Dakota du Sud et le Wyoming emprunt d’une culture amérindienne forte. Grandes envolées cavalières sur fond de paysages impressionnants au programme. The Collective Quarterly est un excellent exemple de ce qui peut se faire en matière de slow journalism. Magazine à la qualité exceptionnelle, photographies et vidéos à couper le souffle, boutique en ligne avec produits suivis de la conception à la production. L’immersion du lecteur est totale pour notre plus grand bonheur. Le choix des journalistes de s’intéresser à des lieux inconnus et éloignés est un parti pris judicieux et à contre-courant des médias traditionnels. Dans son utilisation des images et dans son traitement en profondeur d’une seule destination par numéro, The Collective Quarterly vise à capturer le caractère d’un lieu, plutôt que de considérer ses lecteurs comme de simples touristes à la recherche de lieux communs. Pari réussi !

Maxime Fayet

images © The Collective Quarterly

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