Now Reading:

Vhils : un artiste qui dynamite

Bombes aérosols, pochoirs, recyclage d’objets divers, détournement du mobilier urbain, nombreuses sont les techniques utilisées par les street artistes pour embellir nos rues. Des pratiques qui, bien qu’elles donnent lieu à des œuvres incroyables, restent toutes assez classiques. Enfin, presque toutes…

Alexandre Farto, plus connu sous le nom de Vhils, a en effet développé une méthode un peu particulière qui lui a rapidement valu une reconnaissance internationale : l’artiste ne peint pas sur les murs, non, il les casse. Armé d’un marteau piqueur, de burins et parfois même de dynamite, Vhils réalise donc des fresques monumentales en égratignant sévèrement sa surface de travail. Une technique de gravure extrême, qu’il a commencé à explorer en 2007 avec la série Scratching the Surface. Depuis, il prend d’assaut façades et pignons du monde entier, les creuse, les gratte et les explose, pour en faire apparaître les différentes couches et ainsi donner vie à des portraits bluffant de réalisme. Plus qu’original, le style de cet artiste d’origine portugaise a d’ailleurs été reconnu comme l’une des approches artistique les plus convaincantes de ces dix dernières années !

Décrit comme brutal et complexe, l’art de Vhils s’apparente également à une forme de poésie visuelle frappante. Empreintes de simplicité, les œuvres de l’artiste nous renvoient à nos émotions les plus profondes, soulevant par la même occasion certaines questions existentielles : lutte entre les différentes aspirations d’un individu, impact de l’homme sur l’environnement – saturé par les espaces urbains – ou encore conséquences de nos politiques de développement. A mi-chemin entre le vandalisme et l’érosion naturelle des murs, Vhils nous fait part de sa vision du monde.

Partagez
Ecrivez votre recherche et appuyez sur "entrer".