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Coelho : « J’aimerai vraiment qu’on passe un cap »

L’artiste nantais vient de révéler son tout nouveau projet : Odyssée. Un opus qui se veut personnel et introspectif, dans la continuité de son art.

Originaire de Nantes, Coelho est un artiste unique en son genre. Cultivant l’art de l’écriture et abordant bien souvent le thème des relations amoureuses dans ses précédents projets, l’artiste est récemment revenu avec ‘Odyssée’, un opus beaucoup plus introspectif. L’occasion parfaite pour TRENDS de partir à sa rencontre afin d’en savoir plus sur son univers.

TRENDS : Pour commencer l’interview, on aimerait te demander comment tu vies et occupes ton confinement ?

Coelho : Ça va, moi je suis allé chez mes darons pour le coup. J’ai rejoins mon frère là-bas parce que je me voyais pas rester chez moi pendant on ne sait pas combien de temps. Du coup on va essayer d’en tirer quelque chose de positif et en sortir quelques sons !

Quand as-tu commencé la musique ? Tu as été inspiré par d’autres artistes étant plus jeune avant de te lancer ?

En vrai moi, j’ai toujours écouté du rap, à partir de la primaire. Mon grand frère, qui a 3 ans de plus que moi en écoutait beaucoup et il y avait déjà un mouvement déjà bien en place en 2001 et de gros albums de sortis. Le premier vrai souvenir qui m’a choqué quand j’étais petit, c’était 50 Cent. On était vraiment tous bousillés à ça avec le G-Unit etc, ils sortaient un film, un album, un jeu-vidéo… C’était en 360 ! Il y avait Eminem, The Game, tout ça, mais il n’y avait que 50 Cent à nos yeux, on était tous là-dedans. Ce serait ça ma première claque. Après il y a eu la Sexion d’Assaut, c’était quelque chose aussi en France. On les avait découvert sur MySpace et après on les a vu grossir en direct en même temps que l’arrivée des réseaux sociaux… C’était un truc inédit, les autres artistes on les voyait pas comme ça en direct en train de freestyler avec tout le monde, il y avait un truc grave viral. Moi forcément, comme j’étais toujours en train de traîner dans les pattes de mon frère je me suis mis à rapper. Et j’ai été influencé par ce que j’ai pu écouter, mais je peux pas dire que ça m’a influencé pour me lancer dans le rap non plus. J’ai d’ailleurs arrêté à la fin du collège, parce que je commençais à muer, c’était complètement nul. Et finalement, je m’y suis remis en seconde avec un blase différent de celui que j’ai aujourd’hui. 

Tu as commencé ta carrière en duo avec ton grand frère et vous avez d’ailleurs sorti le projet ‘Philadelphia’. Comment ça s’est passé ?

Pour ‘Philadelphia’ je voulais tout reprendre à 0, prendre un nouveau tournant. On l’a sorti par nous-mêmes, sans label, sans studio, sans thune. On a essayé d’attirer les lumières professionnelles sur notre musique. On l’a enregistré dans le studio d’Espiiem, parce qu’on kiffait ce qu’il faisait à l’époque et on a vu qu’il avait ouvert son propre stud’. On voulait vraiment faire un truc pro, parce qu’à Nantes il y a pas de studios vraiment qualis, c’était une putain d’expérience. C’était la première fois qu’on allait vraiment en stud’ donc ça m’a quand même professionnalisé. 

Comment s’est opérée la rencontre avec Tunisiano (du groupe Sniper, ndlr) et Merkus (producteur de Vald notamment, ndlr) ?

En gros, comme mon grand frère rappait avant, on connaissait bien le neveu de Tunisiano, c’est un pote à nous. Et un jour il m’appelle et me dit ‘ouais, mon oncle voudrait te voir, il a kiffé Philadelphia!’. Il lui avait demandé si j’étais signé, du coup j’étais refait et on a pris rendez-vous très vite avec eux sur Paris. On s’est retrouvés dans les bureaux de Merkus à leur rencontre et du coup on s’est revus en studio un mois plus tard avec cinq morceaux. Après ça on s’est dit ‘ok les gars, on est chauds, on va bosser ensemble’. On est partis sur Vanités et puis sur la suite. 

Tu as eu la chance de pouvoir performer sur les premières parties de Vald et de Sniper. Qu’est-ce que ça t’a apporté ?

Ce qui est marrant, c’est que le 23 juillet 2017 on était en studio avec eux et un an après on sortait le projet. On a pas fait trop de promo web, on a justement tout misé sur les concerts. Parce qu’au moment de la tournée de Vald, il n’avait pas de première partie, du coup l’équipe a fait un peu de forcing pour qu’il prenne leur nouvelle signature. Il a accepté qu’on vienne et c’était super cool, on a pu voir ce que ça fait de faire partie des têtes d’affiche du rap. C’est vraiment impressionnant de voir ces grandes salles, l’euphorie des gens, l’équipe technique… Tout ce que ça englobe. On a quand même fait des Zénith, notamment celui de chez nous à Nantes et en plus ça s’est bien passé !

L’accueil est pas toujours facile quand on fait les premières parties d’un artiste. Les gens l’attendent forcément et parfois c’est compliqué pour ceux qui passent avant. Comment tu l’as vécu ?

C’est ce qu’on se dit toujours, en soit on a fait 19 dates et on a dû avoir des accueils un peu décevant si je peux dire dans 3,4 villes au maximum. Mais dans certaines villes, si c’était moyen pour nous c’était moyen pour eux aussi… Ce sont des publics qui sont peut-être moins habitués aux concerts ou qui sont un peu froids de manière générale. Parce que finalement quand on est arrivés dans les villes où il y a beaucoup de concerts (Bordeaux, Lyon, Toulouse, Paris…), les gens ont la culture du live, ils sont habitués, ils sont chauds, ils savent comment réagir et se donner pour un concert… Globalement dans tous les cas on a passé trop de bons moments et il y a trop de bons souvenirs pour qu’on retienne les quelques flops. Par exemple l’Olympia avec Sniper c’était incroyable. Avec Vald les gens voulaient sauter, il se rentraient dedans, ils venaient vraiment pour turn up. Pour Sniper c’était un public différent, un peu plus vieux. Il fallait être plus rigoureux, moins rentre-dedans et il fallait pas trop en attendre non plus, tant qu’il n’y avait pas de silence et si les gens applaudissaient et réagissaient : on avait déjà gagné. A aucun moment il n’y a eu de moments de malaise et à aucun moment j’avais envie de quitter la scène. 

Plus d’un an entre la sortie de Vanités et Odyssée, tu avais besoin de vivre des choses, de revoir un peu ta direction artistique ? 

J’ai commencé à écrire Odyssée dès mars 2019, mais on voulait passer un step et signer en maison de disque avant de sortir quoique ce soit. On a eu des négociations qui ont mis énormément de temps pour que ça ne se fasse finalement pas. Ca nous a un peu fait perdre du temps et on était bloqués sur les tournages de nos clips. Du coup en octobre on s’est rendus compte qu’on allait rester en indés avec Tunisiano et Merkus et on a tout lancé. C’est pour ça que le projet est sorti plus tardivement, parce qu’on a passé notre année 2019 à négocier. C’est pas plus mal parce que ça m’a permis de bien peaufiner le projet : aujourd’hui j’en suis content, je le trouve très abouti. Je trouve qu’il parle moins d’amour et c’est ce que je voulais, changer un peu de thème. Il est plus introspectif peut-être, parce qu’au lieu de parler de l’autre et de relations humaines, je parle de moi et de mes tourments. 

C’est justement ce que l’on a relevé. On sent que tu t’es beaucoup confié dans ce projet, beaucoup plus sur toi-même que sur tes relations amoureuses…

C’est ce que j’ai essayé de faire, d’ailleurs il y a aussi beaucoup plus d’égotrip. Je voulais vraiment me mettre une sorte de barrière pour pas parler de relations, surtout que ça se passait plutôt bien dans ma vie à ce niveau là donc je voulais pas m’inventer des problèmes. Que je n’ai pas eu de soucis à ce niveau-là dans ma vie m’a permis d’aborder d’autres sujets, parce que j’avais d’autres choses en tête. C’est sûrement pour ça que j’ai pris plus le temps de parler de moi. Tunisiano m’avait dit, et c’était vrai, que quand on écoute Vanités, on retient aucune phase. Il n’y a pas assez de phrases fortes, même si on ressent des choses. Je le trouvais pas assez marquant, dans la forme de l’écriture c’était pas encore ça. Je trouve que là, l’exécution est mieux faite. J’ai pu raconter ce que j’avais à dire avec de belles formes, de belles images, plus d’insultes aussi parce que je trouve que ça marche bien (rires). Donc oui, ça faisait partie des défis de ce projet : ne pas parler trop de quelqu’un d’autre, mais de mieux raconter ce que je voulais raconter et m’ouvrir. 

Ca t’a permis d’évoluer et de prendre confiance en toi de te fixer ce nouvel objectif ? 

Ca m’a fait kiffé. Je me suis rendu compte que je pouvais écrire sous une autre forme. Je me suis rendu compte que je pouvais diversifier et imager mon écriture et qu’en plus, ça me plait de le faire.

Pourquoi avoir nommé ton projet ‘Odyssée’ ? Qu’est-ce que ce titre représente ?

Le morceau éponyme dans le projet est mon préféré et celui que je trouve le plus fort. Du coup on cherchait un titre au projet et je me suis dit que c’était le plus approprié. On s’est aussi dit que ce projet marque le début d’un voyage : celui de réussir dans son rêve et dans sa voie. Et je dois dire que j’aime bien cette image d’un long voyage ponctué de péripéties, pour à la fin rentrer chez toi, retrouver la femme que tu aimes et être content de ton travail même si ça a pu être dur.

Ton frère est toujours à l’origine des prods de ton projet ?

C’est toujours lui qui fait mes prods, il a composé toutes les prods du projet. Parce qu’il me régale, je ne vois pas pourquoi je changerai alors que ça se fait beaucoup trop naturellement. Il y a beaucoup de ses prods que je refuse, que je ne prends pas, mais à côté il sait me toucher. Il arrive vraiment à aller où j’ai envie d’aller, selon ce que j’écoute ou ce que j’aspire sur un moment donné. J’ai vraiment l’impression qu’elles sont faites pour moi quand il me les envoie. Ca peut d’ailleurs être mon problème quand je reçois des prods par mail, parce que je les connaîs pas du tout et je ne me sens pas forcément concerné, j’ai l’impression de recevoir ‘les prods du moment’, émotionnellement elles ne me touchent pas. Avec mon frère on se sait, on connaît nos envies et nos attentes. Après je reste ouvert et pour la suite j’ai déjà sélectionné des prods d’autres personnes. Mais je veux pas forcer, dans un sens comme dans un autre. Ce qui est bien c’est que je trouve qu’on ne s’enferme pas avec mon frère, on arrive à être cohérents et à se renouveler. J’estime que mes projets ne se ressemblent pas, on ressent l’évolution. Donc ça ne me dérange pas de bosser avec le même producer si on arrive à toujours se surprendre.  

Tu peux me parler de ton featuring avec Gab ?

Gab c’est quelqu’un qui vient de Nantes, je le connais depuis quelques années. Et pendant que j’étais en train de construire Odyssée, mon frère composait pour lui. Du coup il m’a envoyé ce qu’ils faisaient ensemble et j’ai trouvé que sa façon de poser et sa voix allaient bien avec Odyssée. On a posé sur une prod un peu à la Playboi Carti et je trouve que ça lui va bien parce qu’il a cette folie que je n’ai pas. J’avais besoin de ça sur cette prod, donc il est passé chez moi, on a écouté mon yaourt et on a posé ensemble dessus. Ca s’est fait hyper naturellement dès le début et jusqu’à ce qu’on se retrouve en studio ensemble à Paris pour enregistrer. C’était cool, parce que j’avais pas l’habitude de feater jusque-là et pour le coup c’était très fluide. 

Quels sont tes objectifs avec Odyssée ? 

Comme je t’ai dit, j’aimerai vraiment qu’on passe un cap. Que l’on réussisse à être identifié dans le rap français, qu’on fasse plus de chiffres : tout ça pour acquérir une certaine notoriété dans le rap français et que l’on ait plus de relais notamment dans les médias. J’ai juste envie de faire grossir le truc, que quand on demande si on connaît Coelho, les gens puissent répondre ‘oui’.

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