Now Reading:

Interview d’Eddy de Pretto pour TRENDS : « Si cet album a fait réfléchir des gens, déranger, bouger, détester c’est tant mieux. »

Pour Eddy de Pretto, son succès relève de l’ordre du rêve. Pour nous, il est bien réel. Après avoir séduit la presse française par un style et une personnalité qui détonnent, Eddy de Pretto tout juste âgé de 25 ans entame une tournée des Zéniths de France. Son album « Cure » lui aura valu une nomination aux Victoires de la musique mais surtout un aller simple en haut des charts français, grâce à univers qui lie rap et chanson française avec une poésie et une brutalité qui lui sont propres. 

Trends : Pour résumer en quelques mots, en un an tu as fait la couverture des Inrocks, la couverture de Télérama, tu as eu des articles dithyrambiques au Figaro, au Monde, tu as réussi au final à mettre tout le monde d’accord, que ça soit le public mais aussi la presse, ce qui est extrêmement difficile aujourd’hui en tout cas au niveau de la musique en France. Tu viens aussi de faire ton premier Olympia …

Eddy De Pretto : Ouais grave j’en ai fait deux, c’était fou. Ouais, tu dis ça, je m’en rends pas trop compte de tout ça mais c’est pas quelque chose que tu te dis tous les matins en te levant, mais ça fait plaisir en tout cas quand c’est retracé comme ça, quand c’est résumé.

C’est sûr que quand c’est énuméré comme ça, c’est assez impressionnant, particulièrement en un an aujourd’hui pour un jeune homme comme toi de 24-25 ans, qu’est-ce qu’on se dit dans sa tête à ce moment-là ?

Je sais pas ce qu’on se dit. On accuse, moi je préfère accuser la génération, l’époque un peu de dire « C’est comme ça que ça marche aujourd’hui » j’ai l’impression qu’on a des sortes de vagues comme ça, de mouvances, de représentations sur une personne pendant un court moment, je préfère mettre ça là-dessus. C’est peut-être ma modestie je crois…

C’est un peu modeste de se dire ça, ça voudrait dire que pour toi tout pourrait s’arrêter du jour au lendemain ?

Non pas tout peut s’arrêter, mais en tout cas il y a toute à rejouer, toute la vie d’un artiste à rejouer, mais principalement quand il y a eu une sorte de, je pèse mes mots, une sorte de semi-boum comme ça où il y a tout à refaire, et il faut tenter d’aller plus haut, plus loin quoi.

Bien sur, parce-que là aujourd’hui t’as présenté ton premier EP, un premier album, là on est là pour la réédition de ce premier album, mais effectivement quand on essaie de prendre un petit peu de recul sur cette année passée, on a envie d’en prendre nous-mêmes pour toi avec cette vague de consommation des médias, cette hyper médiatisation, qui au final même psychologiquement doit être un peu lourde ?

Oui ça malmène un peu. C’est vrai que j’ai pas encore pris le recul nécessaire vis-à-vis de tout ça, je suis encore dedans, je suis dans le fer, j’ai envie de ressortir des choses vites que je sois productif toujours, voilà j’ai envie de profiter un peu de tout ça pour aller encore plus loin. J’ai envie, j’ai cette notion encore, c’est ça qui est ouf c’est que plus il t’arrive des choses comme ça, il y a un an, deux ans je les mesurais pas je les imaginais même pas c’était une sorte de rêve, et une fois que t’y es c’est drôle, ça prend des proportions tel que t’as envie d’aller encore plus loin et t’es jamais satisfait limite, c’est un peu sans fin.

Et tu l’avais rêvé aussi grand ?

Dans le rêve j’avais rêvé quelque chose, j’avais rêvé de pouvoir faire de la scène, de pouvoir être entendu, de pouvoir faire ça de ma vie. Après les petits détails tu les mesures pas forcément, t’es pas là «Alors mon rêve s’explique en… » tu vois, et quand t’y es tu vois que c’est jamais assez finalement.

Et au final aujourd’hui t’es auteur et aussi interprète – et compositeur (rires)– et compositeur également pardon, quand on écoute la plupart de tes musiques c’est très introspectif, tu parles de toi, tu vas chercher loin, tu vas chercher des sujets qui sont au final assez profonds , que tu vas traiter avec poésie et avec aussi pas mal de dureté. Dans la réédition, dans les 4 sons que t’as pu sortir, il y a « Grave » qui est le premier à avoir été mis en avant, que j’ai trouvé encore plus dur que les autres cette fois. On a l’impression que cette année-là tu t’es encore plus endurci et que là t’avais envie d’aller encore plus profond, et de choquer un peu plus avec tes mots, d’aller plus loin que ce que tu avais fait dans le premier album ?

C’est vrai dans « Grave » il y a quelque chose de plus assumé, de plus appuyé, plus poing sur la table un peu. Oui, c’est un texte où je me suis dit tout ce qui sort c’était comme une liste de choses, « Ce n’est pas grave ci, ce n’est pas grave ça » qui sortaient un peu, j’en ai écris des centaines et j’ai gardé les plus pertinentes qui me paraissaient le plus impactant comme un cri du cœur, un cri de secours qui sortait comme ça automatiquement. Mais c’est vrai, parfois je me demande si c’était pas… Enfin, j’ai reçu des trucs de gens qui disaient « Là je trouve que t’es un peu à la limite du vulgaire sur celui-ci ». Je trouvais ça intéressant.

Pourquoi tu penses ?

Bah parce-que il y a plus « bite » et « cul » dans les mots je crois.

Mais c’est assez bien tourné pour qu’on puisse comprendre l’image.

Oui voilà merci, je leur répondrai ça (rires), c’est assez bien tourné (rires).

On est loin des chansons de rap qui peuvent parfois être beaucoup plus vulgaires.

Oui carrément, j’essaie toujours de mettre des métaphores et des images, et du sens illustratif à tout ce que je veux écrire, et il y a toujours ce double aspect.

Tu trouves encore aujourd’hui le temps de te poser vraiment pour d’écrire avec toute cette effervescence ?

Non. Mais j’essaie de le faire dans des moments comme ça , en tournée, par exemple, la journée dans le tour bus où je me pose un peu, mais c’est difficile un peu d’enlever tout ce qu’on a dans la tête qui est rempli d’objectif, de résultat scénique de modification au jour le jour, de gestion d’équipe aussi, et se mettre dans une bulle pour pouvoir écrier et créer quelque chose qui vient un peu des trips. Moi je fonctionne beaucoup comme ça avec le temps, sous l’observation, j’aime cet aspect un peu, comment on dit ? Mmmh… chose qu’on n’assume pas du tout en France… Procrastiner. Tu vois le sens de juste rester posé, et d’observer, et de là vient énormément de créativité, et vient un peu tous les sens profonds de mon attitude, de ce que je ressens face aux choses, face aux gens, et ça j’ai malheureusement pas trop le temps de le vire et de le faire quand je suis en tournée.

Tu vas devoir prendre une pause alors pour écrire à nouveau ?

Non…Enfin oui, oui, je vais de voir prendre une pause, enfin je sais pas trop encore… j’essaie d’écrire le maximum pour avoir le plus de matière possible en ce moment, voilà et je rentre en studio en Janvier si tu veux tout savoir, pendant tout un mois, donc je vais voir ce qui va sortir de là.

C’est vrai qu’aujourd’hui quand on regarde même ta direction artistique, c’est quelque chose qui a l’air très réfléchi, très minutieux, très calculé et pas dans le mauvais sens du terme, mais vraiment à la limite du perfectionnisme en fait, quand on va regarder un outfit, quand on va regarder ton colours, quand on va regarder même tes mises en scène dans des prestations télé etc. c’est des choses qui ont l’air naturelles chez toi, mais en même temps calculé quasiment au millimètres près pour être exactement ce que t’as envie de faire.

Oui j’aime bien, scéniquement en fait c’est vrai que j’ai cette envie de jusqu’au-boutisme quoi, cette idée d’avoir une idée en tête et qu’elle soit respectée, mais après je me laisse beaucoup d’improvisation parce-que je viens d’une éducation en tout cas musicale où les mots guidaient plus le sens du verbe, et le fait de parler comme ça en face à face, cette manière de dire les choses de manière frontale et directe dépasse un peu la chorégraphie où la façon de se prononcer donc je laisse parfois plus d’improvisation, mais je laisse des gestes au rendez-vous qui pour moi aident à venir surenchérir le verbe et pouvoir le justifier encore plus, mais voilà c’est entre les deux, c’est la connaissance et l’importance des rendez-vous chorégraphiques et visuels, avec certains mots qui doivent  être appuyés par des gestes et autour de ça y a quand même de l’improvisation avec cette envie d’être le plus à nu possible ne parlant et d’être le plus direct, le plus sans filtres, sans fioritures, sans déguisement et je trouve que la chorégraphie parfois peut rajouter un filtre, une distance en tout cas.

Et justement au niveau de la créativité, t’as la main mise sur pas mal de chose comme tu l’as dit t’es auteur compositeur et interprète, c’est toi qui vraiment gère en tout cas ce que tu transmets à ton public, mais est-ce que t’es entouré de gens qui peuvent t’aider ?

Oui, oui, carrément, j’ai une équipe artistique avec qui on travaille, je travaille avec mes producteurs aussi qui ont fait le premier album qui s’appelle Q&A’s… voilà. Je m’entoure de gens avec qui j’aime le travail, et pour monter d’un étage ce que je propose en pré-maquette.

Et ce qui nous a étonné également, mais c’est ce qui est aussi à mon avis quelque chose d’assez fort, c’est que pour le moment tu t’es jamais encore retrouvé en featuring avec quelqu’un, et c’est pas quelque chose que tu souhaites faire ?

Si pourquoi pas, c’est vraiment la question qu’on me demande tout le temps, à l’ère du featuring je crois, écoutes… si pourquoi pas ? Si pourquoi pas… en fait j’ai envie de faire un feat mais pas n’importe comment, pas juste « allez viens ici je te fais un feat ». Et mmh.. j’suis entrain de penser en tout cas à quelque chose qui pourrait être de l’ordre du feat, mais quelque chose qui voudrait dire autre chose en fond, pas juste la forme de faire un feat avec la personne la plus cool de paname, parce-qu’il faut faire un feat avec la personne la plus cool de paname, j’ai envie de chercher le propos le fond, pourquoi je veux le faire ? Et est-ce que ça sert ? Est-ce que c’est réfléchi ? Et qu’est-ce que ça va raconter aussi avec mon histoire ?

De ce qu’on avait vu t’avais parlé de Frank Ocean, ce qu’on te souhaite, et  en France ? Il y a des gens que tu admires ? Pas seulement pour faire un featuring. Qu’est-ce que t’écoutes aujourd’hui ?

En ce moment qu’est-ce que j’écoute? J’ai écouté le dernier album de Anderson pack, j’ai écouté le nouveau son de SHAY que j’adore euh « Jolie », euh qu’est-ce que j’écoute en France ? Le dernier album de Christine aussi m’a plu. Qui pourrait me plaire aussi d’autres ? Mmmh voilà. Ca te va trois artistes français ?

En soi, on parlait tout à l’heure de cette notion d’ascension accélérée à la célébrité et t’as pu parler dans certains de tes titres aussi de la notion et de ton rapport avec l’ego, qui est à mon avis aussi assez difficile à gérer quelle que soit la personne, que ça soit Macron, comme n’importe qui, je pense que cette notion que à soi alimenté par les réseaux ou alimenté par qui que ce soit c’est quelque chose d’assez compliqué à faire, mais est-ce que tu penses qu’aujourd’hui il faut avoir un très fort ego pour se protéger de tout ça ?

Pour se protéger de toutes les remarques, tous les retours de cette exposition ?

Pour se protéger de la couverture médiatique, des commentaires etc.

Je sais pas. Je pense que je suis pas la personne avec un très très fort égo, j’en ai un, enfin c’est un peu délicat de dire ça, mais j’ai l’impression d’avoir un égo, en tout cas juste à mon sens, d’avoir suffisamment  une certaine confiance en moi pour proposer quelque chose et appuyer certaines pensées, certains points de vue que je ressens, mais pas l’envie de les… ah merde… Comment on dit forcer quelqu’un à les écouter ? De les, forcer quoi tu vois. J’ai envie que… j’sais pas trop. C’est assez flou pour moi l’ego, j’crois. En fait quand on reçoit une notoriété comme ça, une médiatisation, un flux comme ça de compliments et de choses positives, on se demande justement, et c’est de quoi parle cette chanson « Ego », si ça va pas me faire péter un câble, et Instagram c’est le premier réseau pour ça. Est-ce que les cœurs qui se multiplient, les likes, les demandes d’abo qui se multiplient, est-ce que ça va pas te faire perdre la tête en mode « j’en veux plus, j’en veux plus, j’en veux plus, j’suis dingue de ça, j’adore ça, ça me remplit mon fort intérieur ». Et justement j’essaie de mettre un peu de recul à ça et de rien changer dans ma vie autour pour rester le plus léger avec ça je crois.

D’accord, et concernant justement ta vie autour comme tu as dit, tu as énormément fait référence à tes parents, dans tes chansons, dans la manière dont tu as grandi, dans la manière dont tu as évolué quand ils ont écouté ton album comment ils ont réagi ?

Écoutes, je suis pas trop dans la discussion avec mes parents donc euh… Ma mère je crois qu’elle est hyper touchée, ça la dépasse un peu, c’est quelque chose d’assez fort émotionnellement pour elle, elle arrive pas trop à mettre de mots dessus, elle est très impressionnée par son fils en qui elle pensait qui pourrait faire peu de choses, en tout cas qui travaillait pas suffisamment et qui arriverait à rien, enfin si je travaillais pas, donc là elle est très impressionnée que ça puisse marcher dans un sens. Donc voilà elle est très très très fière. Et mon père, j’pense qu’il est fier aussi mais plus discrètement.

D’accord, c’est vrai qu’elle avait beaucoup cru en toi comme tu l’as expliqué, c’est elle qui t’a inscrit à tes premiers cours de théâtre…

Oui elle a cru en moi, dans le sens passion, dans le sens hobby, mais le jour où je lui ai dit que ça devenait professionnel c’est devenu plus compliqué parce-que elle disait que c’était un milieu rempli de coke, de putes, et de malfamés.

Et justement ce rapport-là que tu peux avoir dans certaines de tes chansons à vraiment te dévoiler énormément, et particulièrement le rapport aussi à l’homosexualité, toi tu te revendiques comme non militant, et c’est quelque chose que t’as toujours dit…

En fait, oui et non dans le sens où moi mon rêve quand j’écris des chansons c’est pas de « militantiser » ou d’être porte-drapeau étendard d’une cause c’est plutôt de parler de mon histoire, aujourd’hui c’est peut-être une forme de militantisme en tout cas c’est un militantisme biaisé, c’est ma façon à moi en tout cas de militer, en tout cas tu me verras jamais au premier rang de manifestations poing levé, c’est pas ma manière à moi de parler de ça, ou de protester ou de dire, moi ma manière c’est d’écrire et de raconter et je pense que, fin, le plus modestement parlant ça peut être aussi fort en album assumé comme ça que d’aller manifester aussi. Ça serait mentir de dire qu’il y a pas d’action sociétale à l’intérieur, oui forcément la musique fait bouger les choses, la culture. J’aime l’idée que d’aller dans un musée fasse déranger, bouger et élever les gens, j’aime aussi que la musique et le cinéma puissent le faire aussi, je trouve ça très important. Donc si cet album a fait réfléchir des gens, déranger, réfléchir, bouger, détester c’est tant mieux.

Et aujourd’hui est-ce que il y a certains des titres qui ont été plus difficiles que d’autres à écrire ?

Oui…Oui.

Lesquels ?

Les plus difficiles ? Je dirais, la chanson « Genre » qui parle de construction, de construction masculine, un peu de façon anecdotique, de se cacher derrière un corps musclé alors que t’es hypersensible et que justement tu veux tellement pas montrer ça, que tu te barricades sous tes airs un peu virils et fiers, de manière physique, visuelle, c’est-à-dire te sculpter un corps assez fort, ou sculpter pour faire part à toutes les duretés de la vie, ça parle de ça. C’était un peu difficile.

Pourquoi ?

Parce-que j’arrivais pas à trouver les mots, j’sais pas. En fait, pour tout te dire c’était une ancienne chanson qui parlait plutôt de la drogue et de la fête, et je trouvais qu’il y avait beaucoup de drogues et beaucoup trop de fête dans cet album, du coup je me suis dit j’adore l’air j’adore cette chanson et il faut que je la relaye. Et du coup je la mise sur la construction du corps qui parlait d’un autre axe.

Et aujourd’hui quand tu écris quelque chose, quelle est la première personne à qui tu fais écouter ça ?

A une très très bonne amie à moi qui s’appelle Inès, je lui fais écouter le Soundcloud que je fais, je fais souvent par 6 ou 7 titres, des petits Ep comme ça, et je lui fais éocuter elle me dit ceux qui sont hypers forts et ceux qui sont pour elle pas utiles.

Et vous vous connaissez depuis longtemps ?

Oui depuis la 6ème, et j’aime beaucoup sa culture musicale qui est pour moi très grande, et j’aime ressentir ce qu’elle ressent directement quand elle écoute les titres.

Aujourd’hui t’as pu faire énormément de promotion, on t’a retrouvé dans énormément de médias qui se sont intéressé à toi, et au projet assez singulier que tu pouvais porter, est-ce que t’as eu une question que t’aurais aimé qu’on te pose et que tu n’aurais pas eu ?

Non.

On t’a tout demandé ?

Oui on m’a tout demandé. Je crois qu’on a tout demandé, j’crois qu’on a tout tout gratté, j’suis vidé (rires), j’ai plus rien à dire (rires).

Et quelles ont été les questions qui t’ont fait le plus plaisir ? Ou les comparaisons que t’as pu avoir qui t’ont touché ?

Qui m’ont fait le plus plaisir ? J’sais pas trop. Il y a cet aspect quand on énumère, quand on fait le bilan, chose que je fais rarement, c’est un peu comme ça que t’as commencé ton interview c’est de dire « il y a eu ça, il y a eu ça », ça fait un peu plaisir parce-que je m’en rends pas compte, et c’est vrai que ça s’est passé et quand ça passe tu t’en rends pas compte. Tu vois le fait que par exemple que l’album est resté dans le top album pendant des mois, t’as l’impression que quand t’y es c’est un peu normal vu que t’y es, en fait tu te rends compte plus temps avance que c’est pas si évident que ça ; tu mesures pas trop en fait, plu tu le vis moins t’es dans la réalité de la chose et moins tu as la distance pour voir que ça peut être fou.

Et à ton avis pourquoi ça a marché aussi fort d’un coup ?

Je sais pas. Je te disais il y a aussi ce truc d’époque je pense, mais pas que il y  aussi ce truc, le côté sincère, direct, brut, avec des mots peut-être qu’on utilise pas souvent. Il y a aussi cet aspect inédit d’entendre quelqu’un parler de la sensibilité masculine, ou de la virilité, de l’homosexualité chose qui avait jamais été en faite en tout cas en français, peut être que c’est ça je sais pas… Il y a plusieurs lobbys là-dedans (rires)

Et aujourd’hui qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

Un deuxième album qui tue sa race !

C’est ce qu’on attend.

Bah je t’avoue que je sais pas ce qu’il va sortir de moi, j’suis entrain d’écrire mais j’ai pas la méthode pour imaginer une putain de bonne chanson tu sais c’est un peu la magie du truc.

Tu te sens mieux quand t’es en studio entrain d’écrire ou sur scène ?

Non je suis très heureux au moment où j’ai fini un titre, c’est-à-dire où je l’ai écrit je l’ai peaufiné, et que je sens que j’ai quelque chose et là je suis très heureux, ça dure 10 minutes, faut bien profiter de ces 10 minutes et après hop ça repart dans la niac de putain faut en refaire un autre (rires)

Et là à partir de l’année prochaine on va te retrouver en résidence ?

Alors il y a le Zénith de Paris qui est complet, les Zéniths de France il y en a 10, et après on part en résidence une scène un peu inédite dans le sens où je vais recréer à l’Elysée Montmartre une sorte de ring où justement je serai seule en scène milieu avec du public tout autour et cette envie de créer un lien particulier avec les gens et d’être l encore le plus dénudé possible.

C’est vrai que à part un batteur, il n’y a personne qui t’accompagne sur scène, pourquoi ?

Pour moi le mot est le plus important dans ce que je fais, c’est vraiment le sens qui prime et donc du coup je voulais que visuellement et que musicalement ça soit très très comment dire, minimaliste pour que le verbe soit la première chose qu’on puisse entendre et qu’on puisse recevoir directement. Et donc j’ai voulu épurer toute la scène et je trouvais que le plus percutant c’était la batterie donc j’ai gardé que le batteur et derrière c’est des prods que je lance avec le téléphone.

Et c’est vrai que la langue française, et la manière dont tu manies les mots aujourd’hui, est-ce que tu penses à te lancer dans une carrière internationale, aller parler à des pays qui comprennent pas ce que tu dis ?

Non, pour le moment non.

Pourquoi ?

Parce-que je parle en français encore une fois tu vois. Après si une mélodie peut toucher dans les pays étrangers pourquoi pas mais je pense pas que ça sera par le verbe mais plutôt par l’aspect musical. Donc on verra, inchallah pour le deuxième album.

Propos recueillis par Sarah Taïbi

Partagez
Ecrivez votre recherche et appuyez sur "entrer".