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Lujipeka - Interview

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Lujipeka : « J’ai l’impression de tout reprendre à zéro »

Lujipeka - Interview

Lancé dans le rap au début des années 2010 aux côtés du collectif énergique Columbine, Lujipeka cultive un univers soigné et singulier. Après de beaux projets et de grosses certifications en duo avec Foda C, l’artiste a finalement décidé de se lancer en solo et révélait son EP P.E.K.A en plein confinement. Et ce, avant de revenir avec L.U.J.I le 22 mai dernier. Libre dans sa vie, libre de faire raisonner son art comme il l’entend, Lujipeka est passionné et cultive un univers placé entre ses différentes influences. Avec ce premier EP en solitaire, il impose un projet troublant et troublé, introspectif à souhait, aux sonorités diverses. L’occasion parfaite pour TRENDS de lui poser quelques questions autour de sa musique…

TRENDS : Hello Luji ! Notre première question sera : est-ce que le rap, c’est quelque chose que tu as toujours pris au sérieux ?

Lujipeka : Oui, c’est le genre musical auquel je me suis toujours le plus identifié, donc j’ai toujours pris ça au sérieux, après quand j’ai commencé à rapper je ne pensais vraiment pas que ça irait si loin. Mais dès les débuts avec Columbine et même dans nos premiers morceaux moins « sérieux » (en apparence), on a toujours fait ça rigoureusement. Ça n’a jamais été quelque chose qu’on pouvait faire à l’arrache. Si le texte, le clip, le mix n’était pas cohérent, on ne sortait pas le son.

A quel moment c’est entré dans ta vie, à quel moment peut-on parler de ‘déclic’ musical ?

Très jeune, dès l’école primaire vers 7/8 ans. Surtout avec des sons de Sniper, 113 et Booba si je me souviens bien… On s’envoyait les morceaux sur MSN et ça finissait dans le lecteur mp3. Ça a été un déclic, parce que j’ai presque rejeté les autres genres musicaux, je voulais écouter que du rap et le reste ne m’intéressait pas. C’est plus tard que je me suis ouvert à plein d’autre choses, mais j’étais assez borné là-dessus quand j’étais kid.

Comment tu peux décrire, avec du recul, le chemin parcouru depuis la sortie de « Charles Vicomte » avec Columbine en 2014 ?

Une bête d’aventure d’équipe, on est allés dans tous les sens pour atteindre la bonne direction. On a tous grandi avec le groupe, on s’est vu évoluer artistiquement et humainement, ça a été comme une école de la vie. Au final on a atteint plus d’objectifs qu’on ne s’était fixés, sans trop s’en rendre compte. On a grandi et c’est loin d’être terminé !
 
D’ailleurs, comment tu pourrais décrire cette longue et fructueuse expérience en groupe ?

Comme je disais, sans doute la période de ma vie la plus marquante. Ca m’a construit et je suis fier de nous quand je vois qu’on a réussi à porter notre délire aussi loin. Y’a eu des hauts, des bas, des périodes difficiles, des succès inattendus, des centaines de concerts, des disques de platines… Différents chemins qui se sont tracés, mais toujours sous le signe de notre logo et c’est beau. Je ne pouvais pas trouver une meilleure bande de potes.

Pourquoi avoir décidé de te lancer en solo ?

Après toute ces aventures et ces années en groupe, je voulais me confronter à quelque chose de nouveau. La liberté artistique, c’est ce qui définit le mieux notre collectif, Lorenzo a démarré sa carrière solo en 2017, Chaman & Sully ont sorti leur premier album en Septembre dernier et Foda et moi avions conclus qu’après l’album « Adieu, Bientôt » nous ferions nos solos.
J’avais déjà fait énormément de morceaux seuls dans les albums de Columbine mais s’y confronter « officiellement » c’était un vrai défi que je voulais relever.

Quelles ont été tes influences musicales, de ton enfance jusqu’à maintenant ?

C’est sûrement ces mêmes influences qui ont contribué à constituer ton univers aujourd’hui… Énormément de rap français : de Tandem à JuL en passant par TTC, à ça s’est ajouté le rock, principalement avec Nirvana, l’électro avec les Daft Punk, l’écurie Ed Banger… Puis le collectif Odd Future qui a beaucoup influencé le concept même de Columbine… C’est très large en vérité. À tout ça, je peux ajouter que Kanye West est mon artiste préféré, même si j’attends qu’il me remette une claque musicale parce que ça fait longtemps…

On ressent tes influences rock et électro sur plusieurs prods du projet je trouve. C’était une volonté d’apporter ces touches personnelles que tes auditeurs peuvent reconnaître ?

Je crois que ça ne me quitte jamais, les guitares sont omniprésentes sur le projet et les arpeggiator pour le côté électronique, c’est ce qu’on retrouve souvent dans ma musique et principalement quand je fais-moi même les prods. Ce n’est pas quelque chose que j’ai anticipé, mais c’est vrai que je commence à trouver « mon son » et qu’il est effectivement influencé par ce
mélange rock/électronique.

C’est difficile de faire preuve de longévité dans la musique ? On sent que le public te suit et te suivra quoi qu’il arrive !

C’est sûr que perdurer dans la musique c’est pas quelque chose de facile. Pour ma part c’est trop tôt pour parler de longévité dans le rap. Mais je sens une vraie connexion avec les gens qui me suivent et c’est rassurant de savoir qu’on n’est pas qu’un morceau au milieu d’une playlist. C’est
une chance d’avoir un public aussi fidèle, j’en ai conscience, ils sont toujours au rendez-vous depuis toutes ces années et je les remercierai jamais assez pour ça.

Est-ce qu’il y a plus de stress et peut-être d’attentes lorsque l’on sort un projet seul plutôt qu’en groupe ?

Bien sûr, j’ai l’impression de tout reprendre à zéro. C’est assez motivant et ça casse la routine qui aurait pu s’installer… Mais ça rajoute pas mal de pression, parce qu’on doit assumer plus de choses. Les échecs comme la réussite deviennent très personnels. Le mood est différent, mais pour
l’instant ça ne me déplait pas. Après, j’avoue que je suis archi bien entouré, je ne pars pas dans cette aventure en roue libre et ça joue.

Le titre de cet EP est-il révélateur sur son contenu ? On sent que tu as donné beaucoup de ta personne pour ce projet et tu fais état d’une belle introspection...

C’est ça ! C’est comme une carte visite qui me présente personnellement et tout ce vers quoi je veux aller. En solo on peut aller plus loin dans l’introspection et dans la direction artistique d’un projet, c’est assez cool à construire. Le nom vient aussi du fait que les gens écorchent toujours mon
blaze, je pensais que ça aiderait mais ça n’a rien changé…
 
As-tu composé les productions de cet EP ‘L.U.J.I.’ ? Si non, comment tu t’es entouré ?

J’ai produit à peu près un tiers du projet, ça me permet d’expérimenter un peu plus quand je compose solo, mais j’ai réellement besoin de m’entourer d’autres personnes pour aller au bout de ce que je veux faire. Ce n’est pas encore le domaine que je maîtrise le plus et dans mon entourage il y a des gens tellement talentueux où je suis obligé de faire appel à eux. Sur ce projet on retrouve Kiyane, un pote de Rennes qui a produit certains des meilleurs sons de Columbine, Junioralaprod avec qui j’ai pas mal bossé aussi, S2keyz a beaucoup apporté sur les arrangements pour embellir les morceaux : bref que des tueurs.
 
Tu fais état d’un éclectisme remarquable dans cet EP : de Palapalaba, Ahou, Meme, jusqu’à De quoi tu parles, chaque son qui démarre nous surprend. Comment tu expliques cette diversité de sonorités ?

Il faut trouver le juste milieu entre « avoir son propre son » et faire en sorte que tous les morceaux ne se ressemblent pas. J’ai pu concrétiser ça en mélangeant plein de genres musicaux différents sur ce projet. Le format EP m’a aidé à pousser cet éclectisme, je n’avais pas la « contrainte » du fil rouge qu’on peut avoir (et que j’aime avoir) sur un album. C’est très free et j’avais besoin de ça ces derniers temps.

Toi qui as également confié dans de précédentes interviews avoir eu la flemme d’écrire à tes débuts, aujourd’hui c’est devenu un plaisir pour toi ?

Oui j’aime grave écrire, j’ai toujours aimé ça. Je suis juste passé par différente méthodes. Au départ j’ai pu avoir la flemme, parce que je m’imposais trop de contraintes, avec une vision assez fermée de la manière dont je voulais traiter un sujet puis je suis passé à quelque chose de très
instinctif, presque automatique ou intuitif, pour ensuite revenir à des textes avec des thématiques plus concrètes, mais avec plus d’expérience. C’est un vrai exécutoire l’écriture, c’est thérapeutique et je sais que je suis loin d’avoir tout exploré, pour mon prochain projet j’anticipe déjà de nouvelles
façons de faire, je veux pas tourner en rond, j’ai hâte d’attaquer ça.

Tu as toujours été très impliqué, tout comme le collectif, à ce que ton image soit soignée et que tes clips aient du sens. Après les deux premiers clips ‘Palapalaba’ et celui de ‘Meme’, des visuels de prévus pour les prochains mois ?

L’image c’est primordial je trouve. Si c’est bien fait, ça ne peut que renforcer un propos. Donc j’ai toujours des nouvelles idées de scènes pour des clips, des visuels etc… Là je trouve qu’on a bien développé les clips à l’image de l’EP. J’y suis globalement très « seul face à moi-même ». La suite sera différente.

Quels sont tes objectifs avec ce premier EP en solo ?

Je dirai que l’objectif était de me présenter en tant qu’artiste solo. On s’est mis aucune pression de chiffre ou autre et au final tout va quand même au-delà des attentes, les gens ont apprécié le projet, donc c’est que du positif. La route est encore longue, mais j’suis grave motivé avec tout ça.
 
Est-ce que tu prévois des scènes lorsque l’on pourra parler de retour à la normale ? C’est quelque chose qui te manque ?

Bien sûr c’est primordial, toute mon équipe de tournée est prête on attend juste la réouverture des salles ! Normalement ça reprend à la rentrée. Hâte de jouer l’EP en live : les concerts c’est le meilleur moment ça manque de fou.
 
Merci pour tes réponses ! Qu’est-ce que l’on peut te souhaiter pour cette année ?

De ne pas choper le corona.

crédit photos : Shelby Duncan

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