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Shotas : « Je m’inspire de ce que j’ai traversé pour écrire »

A l’occasion de la sortie de son troisième projet « Capuché 2 », le jeune et prometteur Shotas s’est entretenu avec TRENDS autour de quelques questions.

Originaire d’Evry et du fameux bâtiment 7, Shotas sait se faire remarquer. Après une première expérience en groupe auprès de 7Binks et aux côtés de Kaflo et Koba La D, l’artiste du 91 s’est lancé en solo en 2019 avec la sortie de son premier projet : La Capuche. Un projet personnel, titré par son propre surnom et qui a précédé Capuché, avant de voir arriver Capuché 2 débarquer sur les plateformes le 27 mars dernier. A cette occasion, le rappeur s’est entretenu avec TRENDS autour d’un entretien sans concession !

TRENDS : Tu as évolué au sein du groupe 7Binks avec Koba La D et Kaflo. Et tu es proche de la mafia spartiate aussi, Pourquoi as-tu décidé de te lancer en solo ?

Shotas : En fait ça a démarré un peu au hasard, sans faire exprès. Déjà j’avais un grand frère qui ne voulait pas que je rappe, il ne voulait pas que je fasse de la musique. Et moi je ne voulais pas pénaliser les autres, du coup on a séparé le groupe. Avec le recul, en vrai je préfère bosser en solo, même si ça ne m’empêche pas de continuer de faire quelques sons en groupe. En solo il y a moins de prises de têtes, parce que des fois on est bloqués sur un truc à cause d’un tel qui veut ça, l’autre qui veut autre chose… Au moins là tu es seul avec tes décisions.

Vous avez commencé la musique ensemble ou tu écrivais déjà tout seul quand tu étais plus jeune ? Quand a commencé cette histoire avec la musique ?

Au tout début j’ai commencé avec mes potes, même si j’écrivais déjà dès l’âge de 14 ans. J’ai enregistré mon premier son en solo quand j’avais 16 ans je crois, et au début c’était vraiment un délire. Je rigolais, je m’amusais, je cherchais pas à ce que ce soit sérieux, c’était un passe-temps. 

A quel moment tu t’es dit que tu allais te professionnaliser ?

Quand mon manager est venu, il m’a poussé. C’était l’été, il y avait rien à faire, il m’a dit : ‘viens on teste un truc dans la musique’. En plus comme c’est mon grand cousin, je me suis lancé directement avec lui. Au moins j’étais sûr que c’était une personne de confiance, il n’y aura pas d’histoire de couteau dans le dos si on s’embrouille et tout ça.

D’où te viennent tes inspirations ? T’es plutôt rap fr ou rap us ? 

J’écoute beaucoup de mélodies, même si je suis beaucoup porté sur le kick en ce moment. Après j’écoute pas mal le rappeur qui est décédé il y a pas longtemps, Pop Smoke. Dans mon répertoire il y a aussi du NAV, du Young Thug, Lil Baby… Franchement je consomme beaucoup le rap US, j’écoute beaucoup de rappeurs américains. Après les artistes qui m’ont marqué quand j’étais plus jeune ils étaient plutôt dans mon 91… 

D’ailleurs, d’où te vient ton blase ? 

Shotas, ça vient d’un film jamaïcain (Shottas, ndlr), d’ailleurs tu devrais le regarder : il est bien !

Jusque-là on retrouve pas mal de trap dans tes deux projets, mais on sent des ouvertures avec du vocodeurs et des sons plus mélodieux et introspectifs. C’est volontaire ?

Franchement je ne me pose pas la question quand j’arrive au studio. Je me dis pas ‘ah aujourd’hui je vais faire de la trap’, ‘aujourd’hui je vais utiliser l’autotune’… Je me lance dans le premier truc qui me vient, j’y vais directement et je ne me mets pas de limite. 

Tu passes beaucoup de temps en studio ? Comment tu fais pour être si productif ?

En fait j’ai fait des sons, des sons, des sons… Et tellement j’en ai fait, je sais même pas combien j’en ai au total (rires). Le taff après ça, c’est de s’assoir et de sélectionner. Je trouve que c’est la méthode la plus facile : on choisit les meilleures tracks et on construit le projet. Après en plus je te cache pas que je suis un passionné de studio, un gros consommateur de studio. C’est vraiment une bonne ambiance de travail pour moi, je teste de nouvelles mélodies, de nouveaux flows… Mais avec le confinement c’était compliqué d’en avoir un, donc on a un peu ralenti la cadence. Et franchement, quand j’y vais pas pendant une semaine, ça me manque (rires).

L’écriture, c’est facile pour toi ?

Franchement l’écriture, c’est quelque chose qui vient tout seul. Parfois je m’inspire d’histoires de mon quotidien, parfois je me prends un peu la tête aussi, mais généralement c’est fluide. Je n’ai que 19 ans alors c’est difficile de parler de vécu, mais je m’inspire de ma vie pour écrire, de ce que j’ai traversé : tu peux le ressentir dans mes textes d’ailleurs. D’autres fois je m’inspire aussi d’histoires de personnes que je connais au quartier, des sales coups de la vie… Par exemple pour ‘C’est un Bonhomme’, je me suis inspiré de l’histoire d’un gars de mon quartier. Au début il était bien aimé à la cité, il a eu quelques petits problèmes et depuis il y a plus personne autour de lui. Du coup avec ce son je voulais lui montrer que moi je suis pas de ce bord là, je voulais lui rendre un petit hommage. 

Et comment tu choisis tes prods ? 

Les prods, c’est vraiment au feeling. Parfois on les fait sur place, parfois je les reçois par mail et je regarde, je fais le tour… Après il y a aussi des beatmakers qui composent sur place directement avec moi. D’une manière ou d’une autre ça me va, parce que moi je marche au feeling. Généralement quand j’arrive au studio, j’ouvre mon mail et je choisis ma prod : ça reste ce que je préfère. 

Quel a été le contexte de création de ce nouvel opus ?

Je l’ai commencé peu de temps après que le premier soit sorti, j’ai juste fait une pause entre l’été et la rentrée. J’ai eu un séminaire direct dans le 77, donc j’ai dû le boucler en un mois facile. Franchement ça fait du bien, ma manière de travailler a vraiment changé. Parce que j’étais toute la semaine au studio, je pouvais pas sortir, j’étais enfermé (rires). Mais au bout d’un moment tu craques, t’es obligé de sortir prendre l’air un peu… Mais bon, c’est le métier ! Pour les featurings par contre, on les a tous fait à la fin, ils étaient pas avec moi pendant le séminaire. Avec Larry ça s’est fait simplement, je lui ai envoyé un DM sur Insta et il m’a répondu directement qu’il était partant.

Presque 200K sur Insta ! Tu as toujours été à l’aise sur les réseaux ? 

Franchement ouais, et il faut être à l’aise. Parce que si tu l’es pas, tu vas te prendre la tête pour rien. Moi je balance ce qui me fait rire, ce que j’ai envie, je réfléchis pas trop. C’est important de parler avec sa communauté, sinon tu sais pas ce que les gens attendent, ce qu’ils veulent. Il faut toujours parler et créer des affinités avec sa communauté, je trouve que c’est important. Souvent je me pose et je lis toutes les questions. Et même si j’y répond pas toujours, au moins je sais dans quel état d’esprit sont les gens. 

T’as déjà testé la scène d’ailleurs ou eu l’occasion de rencontrer ton public ? 

J’ai fait quelques premières parties sur la tournée de Koba, j’ai eu l’occasion de faire un Zénith aussi. Franchement c’était cool. Ca m’a bien préparé pour la suite et ça me plait sincèrement ! Au début je te mens pas, j’avais un peu peur de la scène… Petite boule au ventre, petite pression, je partais pas bien… Maintenant que j’en ai fait plusieurs, que je suis déjà dans le bain, je sais à quoi m’attendre pour la suite. 

Comment tu vies cette exposition d’ailleurs ? Dans ton quartier ça se passe comment ? 

Dans la zone on me connaît déjà à la base, c’est pas comme quand je vais en province par exemple. La dernière fois par exemple j’ai fait un Foot Korner, quand je suis parti c’était chaud, il y avait trop de monde… C’est vraiment quand je sors de mon 91 que je me sens Shotas. 

Tu as des objectifs particuliers avec cette sortie ?

Ce que j’aimerai, c’est que les gens écoutent et qu’ils aiment. Je suis pas dans l’optique de faire des ventes, je ne me mets pas des chiffres dans la tête. Si je pars dans ce sens, ça peut ne pas prendre et je serai déçu. Le but c’est surtout de faire kiffer avec la musique, je suis vraiment là pour ça. Pour moi c’est comme une deuxième carte d’identité, j’arrive et je me présente. J’ai eu de meilleurs retours que sur le premier et surtout beaucoup plus, donc je suis content. 

Qu’est ce que tu prévois pour 2020 ? Tu vas te reposer un peu ou tu continues sur ta lancée ? 

Je vais attaquer le studio après le confinement, ça va me faire du bien. Et puis entre deux je vais peut-être souffler un peu avant de repartir sur le prochain projet. 

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