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Zamdane - TRENDS

Interviews

Zamdane : « Le rap m’a beaucoup aidé dans ma vie »

A l’occasion de la sortie de son EP ‘Chrysalide’, qui sera complété le 29 avec la sortie d’un nouveau projet, Zamdane se confie à TRENDS sans filtre.

Zamdane - TRENDS

Initialement membre du collectif Shinobi Squad, Zamdane pose ses valises à Marseille il y a quatre ans après avoir grandi au Maroc. L’occasion de se concentrer sur ses études, mais surtout de développer une nouvelle passion : celle du rap. Après de nombreux open mics, l’artiste sort ses premiers singles et commence à se faire sérieusement remarquer, notamment lors de son passage sur la chaîne Youtube du Règlement. Il sort ainsi ses trois premiers projet en 2018 : Yung D/C, 20’s et Affamé. L’année dernière, Zamdane continue de se montrer productif et sort les singles Low puis Potentiel, dans le cadre des OM Sessions. Il dévoile également son projet introspectif Z avant de revenir avec l’EP Chrysalis en ce mois de mai. Un petit projet de cinq titres qui sera complété avec un second du même nombre ce vendredi 29 mai et qui présage l’arrivée de son album pour le courant de l’année 2020. L’occasion parfaite pour TRENDS d’en savoir plus sur ce rappeur prometteur et indépendant…

TRENDS : Enchantée Zamdane ! Quand as-tu commencé la musique ? Est-ce que tu en faisais déjà au Maroc ?

Je suis arrivé à Marseille il y a environ quatre ans et j’ai commencé à faire de la musique il y a environ deux ans et demi trois ans du coup. En entendant les gens rapper, ça m’a complètement mis dedans. Depuis c’est ma passion, je suis passionné. Aujourd’hui c’est un métier à part entière : j’en vis, j’y travaille.

Tu es plutôt du genre à aimer bosser seul ou tu aimes être entouré pour créer ?

Les deux vont ensemble, parfois j’aime bien être tout seul et après appeler ma team pour essayer de créer un engouement et avoir des retours. Franchement ça dépend, après c’est vrai que je passe beaucoup plus de temps en équipe. Mon équipe apprécie la musique que je fais et me pousse beaucoup dans ma vision. A force aussi d’être avec moi en studio, mes gars savent comment je taffe et comprennent mon délire, donc non j’ai pas de problème à travailler en équipe devant des gens, au contraire. 

Comment s’est passé ton confinement ? Est-ce qu’il t’a permis de créer, d’être plus productif ?

Ça m’a un peu ralenti moi justement. Parce qu’en fait avant le confinement j’étais énormément au studio, j’ai fait je sais pas combien de titres… Et là j’ai profité de ce confinement pour me reposer un peu. J’ai juste fait les cinq titres qui viennent de sortir, mais j’avais même pas mon matos, je l’avais laissé à Paris avant le début du confinement et après j’étais au Maroc donc j’ai pas eu le temps de le récupérer. Du coup on va dire que les conditions n’étaient pas réunies pour que je sois productif… Mais vu que j’ai faim je me suis quand même débrouillé pour pondre un EP quoi. 

Tu n’as pas trop le mal du pays ? Est-ce que tu as besoin de retourner régulièrement au Maroc, notamment pour ta musique ? Tu te sens peut-être plus inspiré quand tu es là bas ? (cf discussion avec Tiitof)

Clairement. Aujourd’hui encore je vis entre le Maroc et la France, par exemple l’année dernière j’ai passé six mois de l’année au Maroc. Depuis 2020 j’y suis allé plus de vingt fois, je suis beaucoup plus marocain que français. Rentrer chez moi au quartier c’est important. Aujourd’hui je me sens réellement chez moi en France, mais mon quartier ça reste Marrakech. Donc je peux pas rester loin de chez moi trop longtemps, j’ai l’impression de me déconnecter de la réalité.

T’as sorti 3 EPs en 2018, un projet l’année dernière et tu reviens avec Chrysalis ce vendredi, comment tu fais pour être aussi productif ? 

Je ne considère pas que je sois forcément productif au niveau des sorties, je trouve juste que je garde une certaine rigueur de sortir un projet par an. Ce qui est le minimum syndical. Tout ce que je peux te dire, c’est que si tu m’as trouvé productif, si t’as trouvé que c’était énorme jusqu’à maintenant, t’es pas prête pour ce qui arrive. 

Quels sont les avantages à bosser en indépendant ?

L’avantage c’est d’avoir un pouvoir décisionnaire sur tout, mais ça veut pas dire que tu fais ce que tu veux. C’est à dire qu’on est une équipe, notamment avec le label Black Palladium avec qui on collabore, les décisions sont souvent prises en groupe. Donc oui, c’est autant un avantage qu’un inconvénient, parce qu’il faut assumer ses responsabilités, assumer ses décisions. Après moi tu vois je suis pas très borné, j’aime bien avoir l’avis des gens, faire des compromis pour que l’équipe sois satisfaite. Après ça reste un avantage financier, ça permet de se structurer financièrement, de réellement vivre la vie de l’indépendance, dans le sens où ce que tu fais, tu le retrouves. De structurer aussi ses horaires de travail, son rythme, d’être libre, ça fait partie des avantages. Et les inconvénients c’est exactement la même chose, parce qu’il faut assumer la responsabilité d’avoir fait ces choix. Moi je sais que la pression que je me mets à moi-même est beaucoup plus forte que celle qu’une maison de disques peut me mettre. La pression d’être en indépendant, c’est aussi que tu peux pas te mentir à toi-même. Si tu réussis c’est grâce à toi, mais si tu te foires c’est à cause de toi aussi. 

Quel genre de musique tu écoutais quand tu étais plus jeune ? Est-ce que tu es un mordu de rap français ? Ou peut-être écoutais-tu des musiques locales ?

Comme tous les rebeus du bled je me prenais les gros titres de Booba, Lacrim, Mister You, Niro… Tous les gros titres de Fnaïre, des groupes rebeus, même tous les grand tubes occidentaux. Après j’ai jamais été vraiment un mordu de musique ou de rap français, américain. Même si j’ai des souvenirs de mon père qui me faisait écouter Charles Aznavour, parce que lui avait eu la chance de vivre en France avant. 

Dans chacun de tes titres on remarque une belle musicalité et toujours du fond dans les textes. C’est important pour toi que tes titres soient mélodieux ?

Bien sûr que ça fait partie de mon processus d’évolution de voir les choses comme ça, j’ai toujours tout appris sur le tas et j’ai toujours partagé mon évolution. J’ai toujours eu ce truc de me dire ‘là je commence, j’expose’, ‘là j’évolue, jexpose’. Et tu vois aujourd’hui je suis arrivé au stade de l’EP et je pense que je continuerai de peaufiner mon style jusqu’à atteindre le niveau que j’ai réellement envie d’atteindre. Aujourd’hui si tu me parles d’autotune, de musicalités, de bonnes prods : bah ouais c’est la base. 

Le dernier single que tu as révélé avant l’EP était très ensoleillé et entraînant, on remarque que pour cet EP tu explores des terrains plus sombres. Tu te verrais refaire des titres dans le même genre que Potentiel ?

C’est pas la même vision, Potentiel c’est un morceau qui a été fait pour passer en stade, pour donner de l’espoir, pour communiquer une passion envers le football. Un EP c’est beaucoup plus personnel et introspectif, c’est les conversations que j’ai avec moi-même dans ma tête. Donc forcément comme je suis comme ça, ça va me ressembler. J’aime quasiment tout faire, je me force jamais, après je me suis dit que pour un EP de cinq titres je voulais rester dans cet univers là, un peu trapuleux, mélodieux. J’aime beaucoup cette case en fait et c’est ma zone de confort. Après j’adore aussi faire des sons dansants, chanter pour de vrai… Il y a pas de limite. 

Les deux vont très bien, après on te sent peut-être un peu moins joyeux sur ce projet en fait…

C’est ça… Après en même temps avec le confinement, ça donne envie de faire ça…

Quelle est la visée de cet EP ? Quel est l’objectif ?

Moi mon objectif c’est toujours de faire plaisir à ma communauté. Moi-même ayant pris le rap récemment, je sais que ça m’a beaucoup aidé dans ma vie, ça m’a communiqué beaucoup de choses. Tu sais la musique ça t’accompagne, et j’aimerai bien communiquer la même chose qu’on l’a fait avec moi. Donc c’est plutôt ça mon but, accompagner les gens dans des périodes de leur vie, donner de l’espoir. C’est aussi raconter ma vie et ce que j’ai vécu, je suis pas trop dans ces objectifs de chiffre, je suis vraiment à propos de communiquer la passion.

Le rap, ça te permet de te défouler au lieu de faire des choses moins recommandables ? Est-ce que tu partages cette idée que le rap a une dimension thérapeutique, que ça aide ?

Clairement oui, ce serait mentir de non. Parce que déjà à titre personnel, rien que de pouvoir vivre de ma passion, c’est incroyable. C’est comme de l’amour en fait, c’est grave thérapeutique. Parce qu’en s’exprimant, en écrivant, je me rends compte parfois de certaines choses que moi-même je ressens et que j’arrivais pas à pointer du doigt. Donc ouais forcément c’est thérapeutique, ça l’est aussi d’avoir la validation des gens qui t’écoutent, puis ça a changé ma vie… Déjà moi aujourd’hui si j’avais pas eu le rap, j’habiterai pas en France. J’ai arrêté mon ancien travail, j’ai arrêté les études, je suis loin de ma famille, de mes amis… Si j’avais pas un truc qui me passionne vraiment sur cette terre, j’y serai pas. 

Tu te verrais lancer ta carrière au Maroc ? 

Il y a plusieurs raisons personnelles qui me poussent à rester en France, notamment dans le sud… Maintenant je saurai pas te dire, j’ai pas exploré une autre vie pour savoir si j’aurais fait telle ou telle chose, tel ou tel choix… Toute façon j’ai beaucoup d’amis à moi dans le milieu du rap au Maroc, notamment Toto, notamment Madd… Mais ce qu’il faut comprendre c’est que ce qui m’a giflé c’est le rap français. La langue française c’est une langue qui m’a réellement marqué, j’ai vraiment investi énormément de temps à capter comme elle fonctionnait, comment exprimer ce que je voulais les choses et j’apprends toujours tu vois. Je suis passionné par ça, par le rap en français. Je parle mieux arabe que français et si j’avais voulu faire du rap en marocain j’aurais pu le faire, mais ce qui m’intéresse c’est de construire une carrière en Europe. Moi je fais de la musique pour que ça parle à un maximum de gens et au Maroc les gens écoutent beaucoup le rap français, donc si je fais du rap en français je serai écoutés autant par les français que par les marocains et par tous les gens qui comprennent la langue. J’ai envie d’être écouté dans les deux pays, donc la façon la plus logique pour y arriver c’est de faire du rap en français. 

D’ailleurs tu remarques que ton public vient de différents pays aujourd’hui ? 

Oui vraiment. J’ai gagné énormément de public marocain ces derniers temps, rien qu’en ayant fait des visuels chez moi à Marrakech, ou en racontant mon histoire. C’est une histoire qui parle à beaucoup de marocains et du coup qui fascine aussi ceux qui ne connaissent pas cette facette de la vie des gens. Aujourd’hui on est beaucoup comme ça à être en France, à être arrivés du Maghreb ou d’un autre pays, on est beaucoup d’immigrés et ça fait partie de nous, en tout cas de moi. C’est important que je l’exprime dans ma musique parce que c’est ce qui fait ce que je suis. 

Jerzëy, c’est un beatmaker avec lequel tu as l’habitude de travailler ? Vous faites des merveilles ensemble… Twentynight c’est quelqu’un avec qui tu travailles aussi ?

Oui, c’est des gens avec qui je travaille. D’ailleurs je me suis beaucoup entouré de Jerzëy sur ce projet parce que c’est quelqu’un de très efficace et qui comprend cette couleur que je voulais donner à l’EP. Il a aussi travaillé sur l’EP de Sopico récemment, il avait bossé sur l’album de Népal, c’est quelqu’un avec qui je m’entends très bien. Très réactif, très sérieux, très professionnel… C’est mon gars à la base, genre là il m’envoie des prods depuis que j’ai commencé à faire de la musique, mais ça fait que quelques mois qu’on travaille vraiment ensemble. Donc voilà, je voyais personne d’autre pour porter le projet que lui.

Pourquoi avoir nommé ce projet Chrysalide ? Qu’est ce que ça signifie ?

Honnêtement je suis pas un mec qui me prend la tête de ouf, qui va te dire ‘oui ça c’est si…’ et ‘ça c’est ça’, non je suis pas comme ça. Moi je me suis juste dit, ‘je suis en train d’évoluer’, j’évolue tout le temps, et qu’est-ce qui représente mieux l’évolution que ça ? Bah c’est la chrysalide, j’allais pas mettre des Pokémon quoi… Donc comme le mot me plaisait moyennement, j’ai cherché le terme en latin et ça a donné ce titre : … .

Du coup pour le prochain projet, la chrysalide se transformera en papillon ? Ca veut dire que ton premier album est en chemin ?

Pas encore hein ! Je pense pas encore que je suis en mode papillon. Je pense que l’album sera très chaud, en tout cas j’ai hâte de le sortir, mais je pense pas que je sois en mode papillon encore. 

Et ce sera pour quand ? 

Pour bientôt hein… On va dire que j’ai encore une surprise avant l’album et après je sortirai l’album. 

Est-ce qu’il y a des artistes avec lesquels tu aimerais collaborer ?

Il y a des artistes avec qui j’ai collaboré et d’autres avec qui je suis en train de collaborer. D’ailleurs il y a une collaboration qui arrive très bientôt. En tout cas sur l’album il y aura Di-Meh et Georgio, j’ai aussi collaboré avec Toto, le rappeur numéro 1 au Maroc. Je fais ça au feeling, je vais pas chercher les gens, donc voilà. 

Cette collaboration avec Toto doit d’ailleurs ravir ceux qui espéraient que tu greffes au mouvement rap marocain…

Exactement. Puis déjà ça me fait plaisir à moi. J’ai collaboré avec un aucun grand nom du rap français actuellement, mais je peux dire que j’ai fait un feat avec la tête d’affiche de chez moi, c’est lourd et ça a une plus grande valeur sentimentale pour moi.

Hâte de repartir en tournée quand tu le pourras ? 

Bien sûr… J’aimerai bien repartir en tournée le plus vite possible ! J’avais fait les tournées de Gerogio et Jok’Air pendant un an et demi dans toute la France et c’est quelque chose que j’avais énormément aimé. Et j’ai vraiment hâte de jouer les nouveaux titres, de voir comment les gens se prennent ce nouvel EP, comment ils se prendront l’EP d’après, comment ils se prendront l’album : j’ai hâte. 

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

Souhaite-moi la santé et le bonheur hein, et je te souhaite la même chose !

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