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Notre avis sur La loi du marché de Stéphane Brizé

La loi du marché est le dernier long métrage du réalisateur français Stéphane Brizé, aussi connu pour Quelques heures de printemps avec Vincent Lindon, Hélène Vincent et Emmanuelle Seigner. Avec 8 nominations au festival de Cannes et la palme de la meilleure interprétation masculine, on s’attendait vraiment à quelque chose de grand. Ne jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, comme on dit.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, La loi du marché retrace l’histoire de Thierry, 51 ans, qui retrouve un emploi (assez particulier) après 20 mois de chômage. Après lecture du synopsis, on s’attend forcément à un film faisant dans le social, avec une bonne dose de pathos pour tirer les larmes des plus émotifs. Les premières images accentuent ce sentiment : on rencontre les personnages principaux dont Thierry (Vincent Lindon), sa femme (Karine de Mirbeck) et leur fils (Matthieu Schaller), lycéen handicapé. Aïe. On se dit qu’on va avoir le droit à tous les clichés d’une société enlisée dans une crise sans précédent, avec un couple au bord de la crise, un enfant qui en pâti, etc. Et finalement…surprise !

 

La loi du marché est un film vrai.

Comme on le disait, on y voit plus un documentaire qu’une fiction. D’après les mouvements de l’image et les différents cadres, on imagine d’ailleurs très bien le mec qui porte la caméra à l’épaule. Le casting favorise d’ailleurs ce caractère réaliste : tous inconnus (ou presque). Lindon est la grosse tête d’affiche aux côtés de Xavier Mathieu, que l’on a pu voir dans des films tels que Ma part du gâteau ou De toutes nos forces, et qui figure cette fois-ci 2’30’’ à l’écran. Dans ses acteurs comme dans son scénario, ce long métrage nous sert donc sur une assiette en carton la « vraie vie » des personnes en galère, et plus précisément celle d’un homme qui se retrouve face à un dilemme : accepter un travail pour pouvoir continuer à payer ses factures, prendre des cours de rock avec sa femme, etc. tout en faisant des sacrifices moraux. L’emploi qui permet à cet homme de renouer avec la vie active n’est en effet pas des plus plaisants, moralement parlant.

C’est aussi un film sans blabla.

La loi du marché a l’avantage d’aller droit au but, en termes d’histoire. On ne tergiverse finalement pas avec les états d’âme de la famille, de l’entourage. On se concentre sur le personnage principal incarné par Vincent Lindon qui est plutôt doué dans le rôle du chômeur endurci. Les personnages qui gravitent autour de lui sont d’ailleurs très souvent flous ou de dos. Le film se focalise sur cet homme, car c’est son histoire qui est racontée, la vie du marché vécue à travers lui. On comprend alors le prix reçu au festival de Cannes : sans maquillage et dans un style vestimentaire plus que simple, l’acteur (dans son rôle) se met à nu, il se livre aux spectateurs qui peuvent le suivre partout telle la télé-réalité. On y croit et limite, on s’y voit, on se projette (selon le degré d’empathie de chacun évidemment).

Mais La loi du marché c’est aussi quelques longueurs…

La loi du marché est un film vrai qui cherche à montrer une des conséquences de la crise économique et les coulisses du chômage. Et il le fait bien. Gros bémol : la lenteur du film. A force de vouloir mettre en scène une réalité, le film finit par manquer de rythme et on se retrouve face à des scène longues qui, finalement, n’apportent rien de plus au film.

 


La loi du marché
Film français
Réalisateur : Stéphane Brizé
Genre : Drame
Durée : 1:33
Date de sortie : 19 mai 2015

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