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Comment se protéger des arnaques du recel de sneakers ?

Dans un épisode récent de Judge Judy, une femme de Dallas prénommée Meadow Jones prétend avoir été arnaquée de près de 8 800$ sur l’achat de 14 paires OFF-WHITE x Air Jordan 1s. Elle affirme avoir acheté 14 exemplaires avec l’intention de les revendre, pour le profit évidemment. Le jeune homme qui lui a vendu, lui se défend en argumentant qu’il n’aurait reçu que 6 500$ après avoir accepté de vendre 16 paires au total. L’écart entre les deux versions reste inexpliquée mais le vendeur se défend encore et affirme les avoir acheté en gros dans une boutique appelée «Flight Kicks», qu’il les aurait ensuite expédié vers la plaignante, mais celle-ci explique n’avoir reçu que des boîtes vides. Au final, elle aurait été indemnisée de 5000$. C’est la fin de cette affaire, mais la fin de la bataille contre le business florissant de l’achat et de la revente dans le monde des sneakers, toujours plus rares, toujours plus chères, est encore loin.

Un marché qui rapporte gros 

Qui n’a jamais vu passer une news lui expliquant que la paire de ses rêves allait bientôt tomber. Après des semaines d’attentes insoutenables et des sous soigneusement mis de côté, vous êtes prêt, prêt à dégainer votre précieuse carte bleue mais là, c’est le drame : « Rupture de stock ». Cette frustration qui née autour de la rareté d’une paire est un sentiment qui se démocratise chaque jour un peu plus avec des silhouettes telles que les Jordan 28, les 11, les modèles YEEZY ou encore les Kobe 9.

La paire qui a connu à ce jour la plus grosse côte sur le marché n’est autre que la Nike Mag. Produite en seulement 89 exemplaires en 2016, elle était déjà presque prédestinée à cette place. Et pour compliquer encore la marge de manœuvre, Nike a organisé une tombola, le but étant évidemment de se procurer le plus de billets possibles pour voir augmenter ses chances de récupérer la paire qui se revend aujourd’hui pour la modique somme de 35 000$. Pour les plus mordus d’entre eux, certains n’ont pas hésité à aligner près de 100 000$ afin de pouvoir ajouter ce monstre à leur collection personnelle.

Les ventes de sneakers haut de gamme ont triplé entre 2009 et 2015 pour atteindre quelque trois milliards d’euros. En 2016, le marché a encore progressé de 20 % devenant une catégorie à part entière d’accessoires et pour les jeunes le point d’entrée dans l’univers du luxe. Et la raison de la hausse des ventes des sneakers sur le marché du luxe vient essentiellement de l’appétence des nouvelles générations de consommateurs pour ces produits d’exception.

En tout cas du côté de chez Nike la politique marketing de stock très limité, comprenant elle-même très peu de restock semble donc toujours d’actualité. Alors si on peut faire un constat simple : ces ruptures ne sont pas forcément dues à la boulimie des acheteurs et des collectionneurs mais davantage à celle des acheteurs/revendeurs qui alimentent ce marché noir.

L’an dernier, Nike, numéro un mondial, avait fait un tabac avec ses Air Jordan, dont Michael Jordan en est le premier emblème. Quant à Puma par exemple, il a franchi la barre des 4 milliards d’euros de chiffre d’affaire en 2017. La marque du groupe français Kering a vu ses ventes de chaussures s’envoler de 21,4 % dans le monde, notamment grâce à des modèles signés en collaboration avec deux grandes stars que sont Rihanna ou encore Cara Delevingne. Donc s’il y a bien un truc en plus à retenir c’est que les influenceurs et les égéries de renom jouent un rôle considérable.

Un marché est donc né autour de la rareté d’une paire, et revendre la bonne paire, au bon moment peut vous rapporter gros. Mais lorsque vous êtes de l’autre côté et que vous devenez donc acheteur il est très important d’être prudent puisque vous n’êtes pas à l’abri de tomber sur la mauvaise personne, au mauvais moment et surtout sur la mauvaise paire.

Devenez le maître de vos achats

TRENDS vous donne quelques conseils pour éviter de mettre le pied au mauvais endroit.

En effet, il existe bien des façons de se procurer LA perle rare. Tout d’abord, le circuit traditionnel avec les enseignes spécialisées, les web stores ou encore les sites comme Vestiaire Collective restent la solution la plus évidente et la plus facile quand le temps nous manque, mais aussi la connaissance des circuits parallèles. Les sites comme Titolo et Shinzo s’efforcent d’offrir les versions les plus recherchées du marché et les deux enseignes se basent sur le lien avec la marque pour faire primer la philosophie et la qualité. Un choix judicieux pour les chaussures aux stocks importants, en revanche il est risqué de tenter l’achat sur des stocks limités par les marques. L’ampleur de cet engouement et de sa communauté entraine des sold-out quasi immédiats. Certaines ventes ont même vu apparaitre des « robots » qui restent connectés en permanence sur le site pour lancer l’achat à l’instant où la paire est en vente. Un constat repéré après que certains sites aient connu des bugs voir des crashs.

Deuxième solution, vous pouvez également vous faire inviter sur des groupes Facebook spécialisés dans la revente de sneakers, une Marketplace de sneakers où vendeurs et acheteurs se retrouvent. Des groupes créés pour faciliter l’échange de conseils, la vente et les rencontres, comme Sneakers troc paris ou Sneakers France. Des groupes où des conditions d’utilisation sont à respecter et dont les administrateurs veillent à leurs respects.

Enfin, il existe des conventions sur le thème de la sneaker. Un emblème aussi puissant devait avoir ses rassemblements. De nombreux évents rassemblant acheteurs et revendeurs ont donc vu le jour à travers le monde. Comme la Sneakers Event de Paris et ses 3700m2 de bonheur qui a eu lieu le 18 avril dernier. L’occasion d’acheter, vendre ou même d’échanger les plus belles sneakers d’aujourd’hui et d’hier, mais on ne change toujours pas l’habitude du marché : premier arrivé, premier servis.

Les marketplaces traditionnelles restent un des piliers de l’achat de Sneakers en France. Parmi eux nous retrouvons les géants Ebay ou encore Vinted qui ont su marquer leurs positions sur le marché. Simples et efficaces ils vous permettent de trouver une large offre et des avis sur les revendeurs, néanmoins le risque de la contrefaçon ou de l’arnaque est bien réelle sur ces sites. Mais face à ces monstres de la revente, d’autres sites sont aussi à connaitre pour nourrir votre culture ou pour trouver la paire de vos rêves, Presented By Klekt ou Kick Game en font partie. Une marketplace plus petite fait aussi face à ces poids-lourds, We The New, une start-up qui s’assure du 100% authentique des sneakers.

Il est essentiel en revanche d’ouvrir grand les yeux sur celle dont la cote reste importante, puisque comme pour tout, il existe des contrefaçons de mieux en mieux réalisées. Et si vous avez décidé de passer hors du circuit traditionnel, il est d’autant plus important de prêter attention aux éléments précédents qui permettront ou non de certifier votre modèle.

Avant de passer à l’acte d’achat, vérifiez bien la cote sur des sites spécialisés, si la paire est vendue bien en dessous de la cote alors faites demi-tour dès que possible. Stockx.com est l’une des meilleures références dans le domaine de la cotation, allez y jeter un œil pour vérifier que vous n’êtes pas à côté de la plaque. Il vous apportera une visibilité des dernières ventes, des prix en temps réel, au point qu’il se révèle être un réel outil de « trade ».

Vérifiez ensuite que l’état de la paire est cohérent avec le descriptif de l’annonce et osez demander davantage de photos si vous estimez ne pas avoir accès à tous ses angles. Les avis sont aussi une excellente manière de voir à qui vous avez à faire et quels sont ses antécédents. Si après toutes ces démarches vous cherchez encore l’authenticité de vos sneakers, n’hésitez pas à poster, sur les groupes Facebook spécialisés dont on vous parlait plus haut, les photos que vous avez récupéré en demandant un avis et une confirmation.

Vous avez maintenant toutes les clés en mains pour éviter les arnaques du recel qui traînent autant que vous sur le web.

Le recel, une activité à temps plein

Le phénomène s’est emparé du globe et dispose d’une vraie communauté avec un lexique et des références bien à elle. La sneaker est donc bel et bien devenue une culture à part entière si ce n’est une religion pour certains. Mais cette communauté de puriste reste un cercle très fermé, parfois même excluant qui repousse tous ceux qui ne sont pas aussi pointus qu’eux.

Une communauté fermée qui a su malgré elle s’élargir pour devenir un engouement international et surtout financier. Pour être sans cesse en quête de la paire à avoir ou à revendre, il est indispensable de mener une veille permanente. Pour cela de nombreux médias spécialisés se sont créés, couplant ainsi conseils d’achats, actualité des sorties ou encore estimations. De nouveaux acteurs qui font le bonheur des débutants mais qui font perdre l’exclusivité technique des puristes. Pour pouvoir revendre il faut déjà pouvoir les acheter, et si de nouveaux potentiels acquéreur se lancent … cette facilité d’achat est largement plus compliquée.

Un constat flagrant depuis cette dernière année qui rappelle un certain marché. Le marché de l’art, avec des « artistes » que sont les marques et le pouvoir de gérer sa distribution pour créer l’effet de rareté, « les marchands d’art » que sont les receleurs et les « collectionneurs » et « passionnés » que nous sommes. Un marché comparable par ses acteurs mais aussi par cette passion du pari gagnant qui peut rapporter gros. C’est pour cela que ces marchands d’art modernes ont fait de cette activité, une passion, voir un métier. Suivant constamment les groupes Facebook, les Youtubeurs spécialisés ou les médias américains ils sont dans une recherche permanente frôlant l’obsession.

Du fake au ferme

Sur Internet, nombreux sont les utilisateurs à se demander chaque jour si certains sites de sneakers sont fiables ou non. Si certains n’ont simplement pas le courage de faire une recherche sur Google, d’autres s’interrogent sur des sites très bien réalisés, avec une approche à la fois pertinente et professionnelle pouvant toute fois soulever le doute très facilement. Pour répondre à cette question, il existe quelques astuces pour savoir si le site de sneakers sur lequel vous êtes à deux doigts d’acheter une paire est vraiment légitime ou s’il s’agit en fait d’une grosse arnaque.

Commencez par tapez le nom du site sur Google et analyser les résultats. Effectivement, c’est la base, mais en tapant le nom d’un site ou d’une marque dans la barre de recherche, les 1ers  résultats donnent déjà une bonne ou une mauvaise impression sur la fiabilité de ce dernier. Si le nom ressort dans de nombreux liens et s’il est linké sur la droite de votre écran avec des coordonnées, il y a de grandes chances pour qu’il s’avère être fiable. S’il dispose du petit cadenas vert dans la barre URL, cela signifie que vos informations et moyens de paiement sont protégés et que vous ne risquez pas de vous faire hacker votre carte banquaire, ni de finir à découvert alors que vous venez tout juste de recevoir une prime et que vous comptiez emmener votre moitié au soleil. Consultez aussi les mentions légales et vérifiez que le nom de la société ou du propriétaire est présent. Parfois les fautes d’orthographe suffisent mais si vous avez encore un doute, vérifiez le nom du site sur whois.net.

Faites attention encore quant aux « trop bonnes affaires ». Si vous avez trouvé une paire qui est à la base en édition limitée et que le site vous la propose au prix du retail ou encore qu’on vous présente une paire de Yeezy, ne comprenant pas de réassort, à moins de 200 euros, ça sent mauvais.

Vérifiez ensuite ses différents réseaux sociaux. Si vous avez toujours un doute sur un site malgré le conseil précédent, allez checker le profil Facebook, Instagram, Twitter, et analysez le compte. S’il n’y a pas de contenu, méfiez-vous. S’il y a par exemple 50 K abonnés sur Instagram mais seulement 100 likes par photos… méfiez-vous aussi. Prêtez attention aux avis sur Facebook et aux commentaires sur Instagram pour vous faire un avis plus précis. Le petit icône « certifié » bleu qu’Instagram et Facebook délivrent de manière stricte vous indique également que vous êtes sur un compte officiel et par conséquent légitime. Restez attentifs aux détails, puisque depuis quelques temps de nombreuses pages fake de recel voient le jour. Le problème avec ce moyen d’achat c’est que vous ne serez pas couvert et certains en ont déjà fait les frais.

En effet, un site et son compte Instagram ont arnaqué des consommateurs en vendant des fiches produit des chaussures qu’il proposait. Oui, oui, un petit malin envoyait des feuilles de papier A4 avec les caractéristiques du produit commandé (au lieu de la paire de chaussure). Et plus c’est gros, plus ça passe… Et ça la « marque » Shop Addict, dont le site a disparu depuis, l’a bien compris en proposant à la vente des sneakers en tout genre via Instagram. Mais lorsque vous voulez aller réceptionner le colis dans votre point relais le plus proche ou encore auprès de votre gardienne qui vous faire peur, surprise ! Ce n’est qu’une simple enveloppe qui vous attend avec à l’intérieur la fameuse fiche produit, fiche dont il joue de l’ambiguïté. Pourtant si l’on regarde de plus près les conditions générales du sites, néanmoins habilement masquées sur les annonces de produits elles-mêmes, on peut lire : « Notre boutique ne vend que des fiches produits afin de vous faire un avis sur les produits, nous facilitons vos recherches Internet sur tel produit. Nous ne vendons jamais de produit réel autre que des fiche produit ». Merci les fautes et merci de croire que des personnes ont réellement envie de dépenser 40€ pour de simples infos, disponibles de plus, partout sur le web.

S’il n’y pas eu de poursuites quant à cette belle arnaque qui frôle le génie tant elle est indécente. D’autres n’ont pas eu cette chance. James Pepion par exemple, a été condamné à quatre mois de prison ferme pour avoir vendu des fausses paires pendant des années, dont des Nike. C’est à 23 ans que l’accusé a décidé de créer le web store « Supplied » et a commencé à vendre, au départ, de véritables Nike Air Jordan vendues en édition limitée. Mais avec son exposition sur les réseaux sociaux et l’engouement de sa communauté, son site a pris une ampleur telle que les acheteurs étaient trop nombreux pour pouvoir continuer de vendre des sneakers authentiques. Il s’est alors mis a importer des fakes réalisées en Chine. Et avec cette entourloupe, il a quand même réalisé une marge monstrueuse qui s’élève à 3 millions de dollars en 3 ans (entre 2012 et 2015). Ce sont les agents du fisc américain et le département de la sécurité intérieure qui ont finit par comprendre le manège. Le plus absurde dans tout ça, c’est que le principal intéressé ne comprend pas le problème, puisque les sneakers qu’ils vendaient étaient parfaitement imitées. C’est vrai qu’on en connaît beaucoup nous, des gens qui préfère payer le prix maximum pour une fausse paire. En tout cas, la sanction est tombée et lui coûtera quatre mois de prison ferme et la somme de 100 000$ minimum de dommages et intérêts à Nike et à ses acheteurs.

Souvenez vous d’une chose : les arnaques arrivent même aux meilleurs.

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