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1994 : on a demandé à Twitter de chroniquer le nouvel album d’Hamza

Que l’attente fut longue. Placé au sommet du rap mojito game depuis la sortie en 2015 de sa mixtape H24 et surtout de l’énorme tube La Sauce, le dernier long format d’Hamza, 1994, sort ce vendredi 27 octobre. On a demandé à Twitter ce qu’il en pensait.

Auto-proclamé « Sauce God », Hamza n’est pas loin d’en avoir tous les pouvoirs. Il ralentit le temps dans les derniers longs jours qui précèdent la sortie de 1994, fait grimper la température à sa guise à chaque nouveau morceau et possède une armée de fanatiques capable de dégainer des « Ayy, fumer toute cette ganja devient machinal /Ayy, baiser toutes ces bitches car j’ai stamina / Ayy, mate-moi pull up comme si j’étais Godzilla », comme un Avé Maria.

Minuit, le couperet tombe. 1994 est de loin le projet le plus abouti, maîtrisé et cohérent du jeune coverboy de notre premier numéro. Bien aidé par une armada des producteurs les plus chauds du moment (Ponko, Myth Syzer, Nico Bellagio, Ikaz Boi, Street Fabulous, Freakey!), le belge livre un opus aux influences bigarrées et confirme toutes les attentes placées en lui.

Un morceau en particulier, Juste une minute, attire l’attention et démontre la capacité d’Hamza à jongler entre les productions et les ambiances avec facilité.

Le Sauce God emprunte aussi bien à Drake qu’à la trap d’Atlanta ou au R&B. Ça n’a d’ailleurs rien d’un hasard s’il est déjà plébiscité outre-atlantique où on le retrouve à trois reprises playlisté sur l’OVO Sound Radio de Drake. Inclassable.

1994 revisite les thèmes chers au rap game : le sexe, les femmes, l’alcool, la drogue, la thune. Le jeune belge a le sang chaud et il le fait savoir. Des relans libidineux qui feraient passer The Weeknd pour un enfant de cœur, mais dans la bouche du « Sauce God », tout n’est que miel et Hennessy, et les métaphores les plus graveleuses sonnent dès lors comme les sérénades d’un Roméo des temps modernes. Un conseil, gardez un œil sur vos sœurs.

Mais derrière ses discours de gangsta orgiaque, Hamza est aussi et surtout un grand romantique qui s’assume. Là où tous les mastodontes de ce rap jeu sortent les gros bras, lui préfère dévoiler sans filtre une certaine fragilité. L’épidémie de love n’est pas loin.

Il nous le confiait l’année dernière « le but c’est de faire danser les meufs », que les puristes des proses alambiquées passent leur chemin, ici l’accent est clairement mis sur la mélodie. Son utilisation de l’autotune est chirurgicale, le placement de sa voix (plus présente sur cette opus) aussi. Finalement, le jeune homme s’éloigne des codes habituels du hip-hop hexagonal pour présenter un projet qui transpire la modernité et au potentiel tubesque infini.

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