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Musique

Sally : « Je veux montrer qu’on peut faire de sa maladie une force »

A l’occasion de la sortie de son single fort « Tout roule », Sally se confie à TRENDS autour d’un entretien introspectif.

Signée sur le labal Paramour de Lord Esperanza, premières parties d’Angèle il y a quelques mois, sélectionnée pour le printemps des iNOUïS 2020 : vous ne la connaissez peut-être pas encore, mais Sally compte bien marquer les esprits. La chanteuse et rappeuse française à la voix singulière propose un univers singulier et personnel, relatant ses différents états émotionnels et son parcours de vie. Avec un premier EP qualitatif « Pyaar » sorti en novembre 2019, l’artiste revient avec un nouveau single introspectif : Tout roule. Un titre qui évoque sa maladie : la bipolarité. Rencontre.

TRENDS : Enchantée Sally. Quand as-tu commencé la musique ? 

Sally : Elle a été présente dès mon plus jeune âge. Mes parents et mon grand frère qui écoutaient énormément de musique. Moi j’ai commencé vers l’âge de cinq ans à vraiment m’intéresser à la musique et à devenir une radio ambulante… Vraiment, à l’école on m’appelait « la radio » : quand on savait pas quel son c’était, on me le fredonnait et je le retrouvais. J’ai eu cette passion pour la musique très jeune, pour moi c’était un monde qui me mettait des paillettes dans les yeux. Je pense que j’ai toujours rêvé de faire de la musique inconsciemment, mais en grandissant j’avais vite oublié cette idée. Ca m’avait l’air compliqué, je pense que c’était un rêve refoulé et je ne pensais pas qu’il allait devenir réalité un jour. Ce qui est sûr, c’est que j’ai toujours été animée par la musique, dès mon plus jeune âge. 

Comment ce parcours s’est-il concrétisé jusqu’à sortir un premier projet ? 

Je faisais un bac pro vente, que j’ai dû arrêter pour problèmes de santé. Et quand je suis revenue de 6 mois dans un institut, je me suis dit que j’avais pas envie de redoubler, je trouvais déjà que les études étaient longues, alors je ne me voyais pas recommencer avec des personnes de deux ans de moins que moi… Du coup je me suis dit, plutôt que de ne rien faire, autant que je me filme, que je fasse des karaokés et que je les poste sur Instagram. 

Comment vous-êtes-vous découverts avec Lord Esperanza ? Ca a été logique pour toi d’entrer dans son label PARAMOUR ? 

Oui complètement. Au tout début, je lui ai envoyé un message sur Instagram du style « Force, c’est cool ce que tu fais, bonne chance pour la suite » (rires), il m’a dit qu’il aimait bien ma voix et m’a demandé si je ne voulais écrire. Du coup à ce moment-là j’ai commencé à écrire, en anglais, parce qu’à cette période je ne chantais qu’en anglais. Et après j’ai commencé à découvrir la langue française, je lui ai envoyais ce que j’avais fait et quelques semaines plus tard il m’a proposé d’être dans son label. Aujourd’hui c’est mon producteur, il a un oeil et une oreille sur ce que je fais. 

Tu as une voix incroyable et parfaitement maîtrisée, tu as tout appris toute seule ?

Dès que j’ai commencé les concerts j’ai commencé à prendre des cours de chant. Au bout d’un moment je me suis dit que ce serait bien d’en prendre (rires), parce que je ne connaissais rien, ne serait-ce que pour les respirations, le cardio tout ça. C’est quand on est passé d’un set de 15 minutes à un set de 30 à 45 minutes qu’on s’est dit qu’on n’avait pas le choix et puis le Colors arrivait… Finalement avant le Colors je n’avais pris qu’un court donc ça n’a pas changé grand chose, mais j’ai appris plein de choses depuis et ma prof de chant est géniale. Là je n’en prends plus, mais je compte recaler des rendez-vous parce que je pense qu’il ne faut pas arrêter les cours de chant, la voix n’a pas limite, il faut l’exploiter, on peut toujours apprendre. 

Avoir fait les premières parties d’Angèle, notamment au Zénith de Paris, mais aussi celles de Lord, a du être vraiment formateur pour toi ? 

Complètement, ça l’a été. Ca faisait un bout de temps qu’on était en tournée avant les grosses scènes, et ça a été très formateur au delà du fait que c’était vraiment beau de chanter devant autant de personnes. On en apprend beaucoup sur l’humain. 

Après la période difficile que nous avons traversé cette année, j’imagine que de remonter sur scène à l’occasion du Printemps Inouïs doit être super excitant ?

J’ai vraiment hâte de remonter sur scène ! Ca arrive très vite et ça me fait très plaisir, parce que retourner mon équipe de tournée me fait super plaisir, au même titre que retourner sur scène. Revoir mon équipe dans une ambiance de tournée et pas dans une ambiance de travail c’est trop cool aussi. 

La sélection de cette année est d’ailleurs portée par de grandes artistes féminines, à tes côtés on retrouvera Pomme, Aloïse Sauvage ou encore Leys. C’est une fierté pour vous toutes qui êtes parfois un peu oubliées des programmations de festivals ? 

De ouf ! Mais je crois qu’il y a une loi maintenant pour que les programmations de festivals aient un nombre minimum de femmes sur festivals. C’était inadmissible, et c’est pour ça que ça change aujourd’hui et qu’on voit davantage d’artistes féminines qui sont bookées, mais c’était à la limite du boycott quoi… C’est compliqué parce qu’on se dit ‘ok, mais on a rien demandé…’ (rires), nous ne sommes juste des femmes, on a rien demandé de plus ou de moins, on est pareilles. Parce que tu es une femme, tu ne peux pas être programmée en festival, ça veut dire quoi ?

Le problème, c’est que quand t’es bien implanté en tant que femme c’est plus facile, mais quand tu ne l’es pas encore, c’est très compliqué pour toi parce qu’on ne t’appelle pas toujours sur ce genre d’évènements. On s’améliore avec les festivals, avec les scènes, on ne peut pas avancer sans ça, ça fait partie de notre travail.

Tu as évoqué la bipolarité qui t’affecte sur Instagram et dans de précédentes interviews. Est-ce que cette maladie te sert malgré tout dans ta vie d’artiste et dans ta vie personnelle ? 

Dans ma vie c’est clairement un frein (rires), on va pas se mentir, c’est même un gros fardeau (rires). Mais artistiquement, c’est un plus énorme, c’est à dire que si je vais bien, je n’écris rien. Si je ne suis pas dans une phase dépressive ou maniaque, rien ne va m’inspirer parce que dans ma vie ça ira. Je suis incapable d’écrire des morceaux joyeux. 

Par exemple sur « Quand je veux peux », les textes ne sont peut-être pas aussi joyeux que la mélodie, mais ils restent plus solaires…

C’est tout simplement parce que je l’ai écrit en studio avec les beatmakers qui ont conçu la prod. Et quand je suis en studio, à part si je connais pas très bien le producteur et les ingénieurs, je suis incapable de me plonger dans l’écriture. Même si le producteur peut parler une autre langue et ne rien comprendre à ce que j’écris, j’ai un blocage. C’est difficile d’écrire une chanson triste où je me livre sur moi-même quand il y a des gens dans la même pièce… Du coup pour « Quand je veux je peux », j’ai vu que la prod était solaire, je me suis lancée dans l’écriture et c’est sorti comme ça. Mais c’est le seul son joyeux que je présente et que je présenterai pendant un long moment (rires).

Tu as sorti ton premier EP « Pyaar » il y a quelques mois, aujourd’hui tu prépares un autre projet, il ne sera donc pas sur la même veine que « Quand je veux je peux » ? 

C’était un one shot ! Il est totalement différent de ce qui arrive, mais le prochain single par exemple reflétera par exemple la couleur de cet album. Il est très personnel, il s’appelle « Tout Roule » et il parle de la bipolarité, des différentes phases dans lesquelles on évolue. 

C’est important pour toi d’assumer cette partie de toi ? 

Totalement. Je sais que quand je suis arrivée dans la musique et que j’avais 1000 followers et que j’en parlais ouvertement, les gens avec qui je travaillais me disaient de ne pas en parlais. Du coup j’ai longtemps caché ça, et un jour je me suis réveillé et je me suis dit : qui peut me dire de ne pas en parler ? C’est ma maladie, elle me touche moi, qui peut se permettre de dire que ce n’est pas ma maladie ? Ce n’est pas possible. J’ai continué à en parler et il s’avère que ça n’a pas empêcher les gens de me suivre. Je suis arrivée à un moment où je reçois énormément de messages atteintes de cette maladie et d’autres maladies, et ça a été hyper libérateur. Je ne me vois pas le cacher, puisque c’est grâce à ça et à cause de ça que je suis dans la musqiue. C’est à cause du fait que j’ai dû arrêter l’école par rapport à ma maladie que j’en suis venue à faire des karaokés dans ma chambre, ça fait intégralement partie de mon parcours. Je dis pas que c’est mon devoir d’en parler, mais je ne peux pas l’étouffer, je veux montrer aux gens qu’on peut en faire une force.

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