Now Reading:

Avec No Sesso, la NYFW se veut plus inclusive

Pierre Davis a fait son entrée à New York avec sa première collection signée No Sesso, faisant d’elle la première créatrice transgenre à présenter sa collection lors de la fashion week.

Depuis quelques années, la mode tend à prendre en compte l’urgence de célébrer la diversité et la différence au sein de ses castings et de ses podiums. Résultat, Calvin Klein faisait défiler en septembre 2017 une mannequin transgenre âgée de 16 ans quand Proenza Schouler mettait à l’honneur trois modèles trans dans son lookbook automne-hiver 2018. La maison de sous-vêtements italienne Marco Marco est même allée jusqu’à signer un casting entièrement trans lors de la fashion week new yorkaise en septembre dernier. Si les marques se destinent désormais à varier les ethnies et les identités sexuelles sur les podiums et les campagnes de publicité, c’est que la diversité et l’inclusion dans la mode relèvent d’un enjeu longtemps mis à l’écart par les maisons de luxe. Le CFDA, puissant conseil américain de la mode a d’ailleurs décidé d’en faire son cheval de bataille en appelant les créateurs et les directeurs de castings à diversifier les profils lors de l’événement new yorkais. « Nous encourageons les concepteurs, les agents de casting, et les producteurs de spectacles à adopter la diversité et l’inclusion. La mode américaine peut ouvrir la voie », explique le syndicat sur son compte Twitter.

no sesso

La NYFW sous le signe de la diversité

C’est ainsi que Pierre Davis a fait une entrée remarquée et remarquable à New York ce lundi 04 Février, en présentant une première collection détonante de la marque No Sesso – traduit par « Pas de genre » en italien. Cette créatrice originaire de Los Angeles est la première directrice artistique transgenre à signer une apparition à la prestigieuse semaine de la mode américaine. Outre une collection qui revendique l’unicité, l’assomption, et l’audace, Davis a décidé de remettre l’humain au cœur de sa collection « Chapter 2 », en s’assurant que « les personnes de toute identité aient droit à une chance, quelle que soit cette identité ». Un vestiaire qui se veut à la fois masculin et féminin, que les modèles arborent avec assurance, incarne l’esprit « Glamazon » insufflé par Pierre Davis. Un doux mélange entre sportswear et tenues de travail que la designer dédie à tous, décrit avec exactitude l’univers de No Sesso. La marque créée en 2015, est fondée sur un principe d’inclusion de tous genres, ethnies, tailles et physiques, et fait partie de cette nouvelle génération de labels californiens qui décident d’en finir avec les diktats de beauté rudement imposés par la planète hollywoodienne.

no sesso

 

« La diversité et l’inclusion ne sont pas une tendance, mais la façon dont nous devrions tous fonctionner »

Dans un monde globalisé, il est inéluctable que les labels doivent prendre en considération ce nouveau paradigme. Néanmoins, certaines marques pourtant implantées aux quatre coins du monde peinent à promouvoir une représentativité culturelle suffisante. La raison ? Une éventuelle « chute des ventes » trop souvent invoquée pour excuser le manque de variété des profils, selon Caryn Franklin, professeur de diversité à l’université de Kingston. Un argument outrageusement infondé, en attestent la récente campagne Louis Vuitton signée Virgil Abloh, qui met à l’honneur une multitude d’ethnies et d’âges, le majestueux défilé Valentino de Pierpaolo Piccioli clôturé par Naomi Campbell, ou encore la couverture de Valentina Sampaio, mannequin transgenre, pour Vogue Paris.

Portée par l’ambition d’amener « les gens à réaliser que tout ne tourne pas seulement autour de l’esthétique et du commerce », Pierre Davis encourage les labels à faire preuve de plus d’inclusivité et d’originalité. Reste à savoir qui suivra la marche.

Article rédigé par Anaïs Merad

 

Partagez
Ecrivez votre recherche et appuyez sur "entrer".