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Interviews

Tsew The Kid : « Je trouve ça bien qu’on n’arrive pas à me catégoriser »

A l’occasion de la sortie de son EP ‘LOFI’, Tsew The Kid se confie sur son personnage, ses ressentis et son prochain album dans cette interview pour TRENDS.

A quand remonte ton premier souvenir musical ? 

Je vais te citer le premier souvenir qui me vient en tête : quand j’ai créé de la musique, c’est quand j’avais 12 ans. Mon cousin faisait du rap, il enregistrait ses sons, et je trouvais ça trop frais en fait de faire comme les grands. J’ai voulu faire mieux que lui, donc j’ai commencé à écrire mes sons comme ça, tout seul. J’ai mon tout premier texte, je l’ai gardé dans une boîte à souvenir… C’est mon écriture de 12 ans, tout ça… Et pour changer, c’est sur une histoire d’amour (rires).

Est-ce que tu pensais que ça allait aller aussi loin dans la professionnalisation qu’aujourd’hui ? 

Non ! Ça c’est un truc que tu peux pas prévoir… Tu le fais d’abord par passion et jusqu’à maintenant c’est par passion et effectivement après ça peut se concrétiser. Quand ça a commencé à devenir plus sérieux pour moi, je me suis dit ‘autant pousser le délire pour pouvoir en vivre’. 

Quelles ont été tes influences musicales lorsque tu étais plus jeune ? 

Influence des aînés, pareil. C’est passé par du Tupac, comme du Rohff, comme du Artic Monkeys. Des univers complètement différents. La Fouine était aussi très très bon à l’époque, j’écoutais aussi pas mal de Pop : Pharell Williams etc. J’ai aussi eu ma grosse période Bruno Mars à la fin du collège et pendant le lycée. Il m’a beaucoup influencé, pour apprendre à chanter. Même dans sa façon d’aborder la musique, ce qu’il fait est très riche, tous les registres qu’il utilise, il les pousse très bien à sa manière et c’est ça que j’ai trouvé fort. Vestimentairement parlant, sa façon de danser, puis en plus on m’a dit que j’avais un petit air de lui donc je me dis autant jouer là-dessus (rires).

crédit photo : @hugo_bommert

Comment est-ce que tu utilises les réseaux sociaux ? Depuis le début, j’ai l’impression que tu fais preuve de beaucoup d’interactivité avec les internautes qui te suivent et qui t’ont découvert. C’est devenu un outil de travail ? 

Oui, c’est un outil de travail. Après pour moi, c’est important de répondre aux gens. C’est eux qui écoutent ma musique et c’est grâce à eux que je peux vivre de ma passion. Et parce que le partage à travers la musique je trouve ça très beau aussi. Parallèlement, la conséquence c’est que c’est un outil de travail pour rester en contact avec ton public. Certains artistes vont plus ou moins mettre de la distance, moi j’aime bien répondre aux gens, je trouve ça bien aussi de garder cette interaction directe avec les gens à travers un téléphone. J’ai beaucoup de messages, des fois je me pose pendant 20 minutes et je réponds à quelques messages, je fais ça régulièrement et c’est un truc que je ferais toujours. 

Tu dois faire de nombreux heureux lorsque tu réponds…

Bah déjà, je suis content des messages que je reçois, parce que ma musique les affecte positivement pour beaucoup. Je reçois souvent des messages qui me disent ‘ta musique m’a aidé’ et j’ai qu’une envie c’est de dire merci, ça me fait chaud au coeur. Si j’ai commencé à faire de la musique concrètement, c’était pour ça aussi. J’avais vraiment envie d’aider les gens à travers ma musique, par ma passion. J’ai pensé que j’avais un don, autant le faire partager à tout le monde de la meilleure façon. 

Il y a peut-être aussi ce besoin de se sentir compris ?

En fait c’est fou, parce que c’est d’abord un exutoire. Je mets sur papier, enfin sur téléphone maintenant (rires) quand je pense à un truc, et je le publie. Les gens écoutent, et quand je vois beaucoup de gens qui s’y identifient, je me dis qu’on est tous liés quelque part. Ma fonction ça a été de poser des mots sur des émotions, pour que tout le monde puisse se reconnaître dedans. Donc ça nous lie d’une certaine façon et c’est ce que je trouve fort.

crédit photo : @roxanepeyronnenc

Même si la musique peut souvent être considérée comme un exhutoire, beaucoup d’artistes ont peur d’exprimer leurs failles en musique. Toi, tu sembles totalement décomplexé avec ce qui peut être considéré comme de la « fragilité ». Comment tu l’expliques ? Tu n’as pas peur de te livrer en chanson sur tes sentiments et émotions ?

En fait c’est pas une honte pour moi. Je me dis que j’ai rien à prouver. Dans le sens où je me sens humain, donc autant délivrer les facettes que je veux délivrer et je trouve que dans la fragilité on peut ressentir une certaine sensibilité, qui va plus facilement toucher le coeur des gens. C’est quelque chose qui est assez important pour moi, c’est justement à travers ma musique que j’ai envie de toucher des gens.

Tu viens donc de sortir un nouveau projet pour l’été, LOFI, pour faire patienter si j’ai bien compris…

C’est ça, exactement. On compte sortir l’album à la fin de l’année, voilà !

Pourquoi ce titre, ‘LOFI’ ? 

Petit shoutout à mes débuts, parce que je faisais un peu plus de LOFI justement et parce que j’avais envie de retrouver mes vibes de quand j’ai commencé tout seul dans mon garage à faire mes sons. 

C’est aussi ce que représente la cover ? 

Déjà j’essaye de m’incarner un peu dans mon image : j’arrive à bien m’incarner en musique, à dire qui je suis et j’essaie de le faire de plus en plus du côté visuel. C’est vrai que c’est ce que j’ai cherché à faire au niveau de la pochette, qu’on sente un certain level up aussi au niveau de l’image. 

Quand as-tu confectionné ce projet ? Combien de temps t’a pris sa confection ? 

Je l’ai fait en une semaine et demie. Mon manager m’a dit ‘il nous faut un projet LOFI’, on avait très peu de temps. Il m’a dit ‘si tu le fais en une semaine, je te paye une villa et tu feras un séminaire pour finir ton album’. Du coup il m’a mis la carotte devant le nez (rires) et j’ai charbonné. J’ai eu une villa pendant deux semaines c’était trop trop bien !

Est-ce que tu as pu bosser pendant le confinement ? 

J’ai beaucoup charbonné, que ce soit au niveau de mon développement personnel ou musicalement. Parce que j’ai été dans une maison avec cinq potes à moi et ma copine, ça a été beaucoup d’interactions sociales… On est passés par plein de moods : la colère, la joie, des rires, de tout. Ca m’a beaucoup apporté, c’était la première fois que je vivais avec des gens autre  que ma famille pendant aussi longtemps. Ils font tous de la musique, il y avait un studio dans la maison donc j’ai pu continuer d’en faire. 

Tu parles de trahison, du succès et des réseaux sociaux dès le premier track du projet. Je pense que tout ce dont tu parles dans le titre parle également à toute notre génération. C’est le but ? 

Fort. Dans l’EP, trois sons sur quatre parlent d’amour, et Evadé est le seul qui n’en parle pas. Je voulais mettre un son qui ne parle pas d’amour mais qui parle plus de rétrospective, de vision des choses, pour justement introduire mon album. Parce que j’ai pas envie que les gens me disent après ‘oh il parle que d’amour’, j’avais besoin aussi d’un son comme ça un peu plus conscient pour commencer l’EP.

Et encore une fois, je trouve qu’il est difficile de te catégoriser. Impossible de dire que tu es uniquement rappeur, uniquement chanteur, ancré dans la pop ou dans le hip hop. Est-ce que toi tu arrives à identifier ton univers ?

Même moi j’ai du mal à le définir, mais je pars du principe que c’est juste moi en fait. J’essaye de pousser ma créativité à fond en me disant ‘il faut que tu incarnes qui tu es le mieux possible’. Et je trouve ça bien que tu n’arrives pas à me catégoriser justement. 

Que prévois-tu pour l’année qui arrive ? 

Plusieurs choses du coup ! En premier lieu l’album, ensuite j’espère que la tournée de l’automne sera maintenue. Double Olympia le 13 et 14 janvier, puis pour 2021 je sais pas trop encore, c’est trop loin pour y penser…

Ca ne te manque pas trop la scène d’ailleurs ? 

Ah si ça me manque de fou. T’as un contact direct avec les gens, tu partages, ils te donnent aussi, c’est très fort comme émotion. C’est un truc qui me manque. 

J’ai vu que tu as sorti un merch pour accompagner la sortie de ton projet, la mode, c’est quelque chose qui pourrait t’intéresser ? 

Justement moi de base je suis quelqu’un qui s’en bat les c*** de comment je m’habille. Mais de plus en plus, j’essaie de faire attention à ma manière de m’habiller, j’essaye d’apprendre et de comprendre la mode. Je le dois à ceux qui m’entourent et aussi à ma copine. C’est super addictif je m’en rends compte ! Et c’est important, parce que pour incarner qui je suis physiquement, j’ai besoin de comprendre la mode pour savoir quel style je vais avoir. 

Interview rédigée par Romane Dvl.

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