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Usky : « Avoir peur de la critique, c’est le meilleur moyen de se planter »

Alors qu’Usky révélait récemment son EP « Trilogy », il se confie à TRENDS sur son développement et son ascension.

TRENDS : Enchantée Usky ! Peux-tu nous dire à quand remonte ton premier souvenir musical ?

Usky : Je dirai que mon premier rapport à la musique s’est fait avec mon père. Parce qu’il m’amenait en concert quand j’étais jeune. Mon premier souvenir musical ça va être le Suprême NTM Tour sur les épaules de mon père quand je devais avoir 9 ans. Je me suis pris une première gifle à ce moment-là je pense. Du coup l’accroche avec la musique s’est faite inconsciemment et après de manière consciente. C’est aussi ce qu’on écoutait à la maison, avec de la chanson française : Alain Bashung, Francis Cabrel… Je suis un peu cette fusion entre la chanson française et le rap. D’ailleurs, dans mon dernier EP je fais une reférence à Cabrel sur le son « Kill Bill », c’est quelque chose que je fais souvent. 

Quand as-tu commencé la musique ? Le rap, le chant…

J’ai commencé à écrire mes premiers textes à l’âge de 18 ans, j’ai eu un groupe au début aussi. Bon après voilà, on était étudiants, on avait nos trucs à côté. On va dire que ça a commencé à être vraiment sérieux en 2016 lorsque j’ai sorti mon premier projet : Mojo. C’était beaucoup plus rap que le dernier, après l’EP digital que je viens de sortir c’est vraiment une summer vibe. C’est quelque chose que j’ai envoyé pour l’été, pour maintenir le feu, parce qu’avec le confinement j’ai pas pu faire mon concert et j’avais envie d’envoyer du neuf avant d’arriver sur l’album. Après de toute façon, au fur et à mesure des années, mon flow s’est orienté vers quelque chose de plus chanté, même si dans ma dernière trilogie « Porte Dorée » il y a du rap. Je ne rappe pas depuis hier, moi j’ai commencé avec des open mics, des freestyles… Ce qui veut dire qu’aujourd’hui je peux vite me lasser. Avec le chant ce qui est bien c’est que ça m’ouvre beaucoup de portes, ça me contraint moins et ça me permet de ne pas m’ennuyer. Je suis aussi un amoureux de la mélodie, donc je pense que c’est pour ça que je m’oriente un peu plus vers le chant.

Dans mon premier projet ‘Mojo’ il y avait un titre qui s’appelait « Chronomètre » et qui était un peu les prémices de ce qui s’est fait après dans le rap cloud. Parce que maintenant, beaucoup de rappeurs vont rapper doucement sur une mélodie un peu triste, moi c’est quelque chose que j’avais déjà fait et c’est d’ailleurs un titre qui avait bien marché. Ça annonçait déjà un peu mon virage. 

Aucun de tes projets ne se ressemblent, on retrouve toujours des notes différentes et surprenantes dans tes opus. C’est une façon pour toi de ne pas t’ennuyer ? Est-ce que c’est aussi une façon de garder ton public attentif à tes sorties ? 

Ouais exactement. En fait moi j’envoie quand même depuis 2016 et je reste un artiste indépendant. Même si sur le dernier projet il se passe des trucs cool, je vois qu’on rentre sur des playlists sur lesquelles on rentrait pas d’habitude, sur Twitter ça en parle, dans les médias c’est pareil… Mais le truc c’est que je reste un mec à découvrir. La seule chance que j’ai parmi toutes les sorties le vendredi, c’est de tenter des choses et apporter un vent de fraîcheur. Ce qui est cool avec Trilogy, c’est qu’il est actuel et tu ressens quand même ma touch. Les prods restent actuelles, mais tu vois sur Kill Bill on va rajouter une petite guitare électrique, on a trouvé une bonne science, un bon compromis entre mon univers un peu perché et un truc un peu plus généraliste.

Je trouve que cet EP est très romantique, ces trois titres définissent bien ton monde. On sent aussi que tu as sûrement pris un virage pris après la sortie de ton single Talons ? 

Forcément. Talons c’est incroyable, c’est mon premier million de vues, c’est plus de six millions de streams sur les plateformes, à l’époque on l’envoyait avec 0 euros. Ca m’a giflé et j’ai compris que les gens m’aimaient bien dans ce registre-là aussi et c’est le genre de morceaux que j’aime faire. Mais j’étais pas prêt directement à enfoncer que cette touche là juste après la sortie de Talons, j’avais encore des choses à me prouver à moi-même, j’avais encore envie de rapper. Je pense que depuis Porte Dorée saison 3, j’ai fait ma thérapie : j’ai sorti cinq projets, j’ai rappé, j’ai fait ce que j’avais à faire. Si les gens veulent vraiment découvrir que je suis un artiste pluriel, ils peuvent aller steamer ma discographie et ils le verront. Maintenant j’y vais au feeling et je me prends pas la tête. Porte Dorée saison 1, 2 et 3 a été une période très dure, il a fallu envoyer de ouf, on avait pas beaucoup de moyens. Là on est sur un nouveau deal et j’ai envie de retrouver cette notion de plaisir, c’est important !

Tu t’attendais d’ailleurs en sortant Talons que ça prenne autant et que ça devienne ton single de référence ? 

Pas une seconde, parce que Talons c’est Icon qui m’a dit de le garder. De mon côté il était dans la poubelle en fait. Je lui ai fait écouter et il m’a dit ‘c’est ça ton hit, ta référence à toi’ ! Et après je l’ai fait écouté à d’autres gens avec sa phrase en tête et ils me disaient tous de le sortir. Du coup je me suis dit je la tente, j’ai rien à perdre, et franchement je ne m’y attendais pas du tout !

Après ce que je vois aujourd’hui, c’est que Kill Bill fait un meilleur démarrage que Talons à l’époque, donc j’espère que le morceau va faire autant du coup. 

C’est une vibe que tu assumes davantage désormais ? 

A l’époque, arriver que en chant c’était chaud, aujourd’hui je pense que les gens sont prêts. Même le plus grand des rappeurs street fait des sons love, donc en vrai les gens aujourd’hui sont mieux préparés. En 2016, sortir un projet uniquement porté sur le chant, ça aurait été chaud tu vois. Moi quand je parle d’amour, je parle de relations écorchées, impossibles, je parle de sexe, de drogue, je suis pas dans le ‘je t’aime mon amour’, on n’est pas sur ce style de sons là.

Certaines sonorités, certains textes feraient presque penser à la vibe de Toronto, à The Weeknd notamment pour ce côté très torturé et très cru…

A mort ! La musique de Toronto m’a toujours inspiré, OVO Sound, le label de The Weeknd aussi, j’ai toujours été dans ces bails là. Je ne m’en suis jamais caché. Avant j’avais un groupe de rap, on était très rap, ça me permettait pas de le faire. Dès que j’ai créé Usky j’ai eu cette opportunité de me lancer là-dedans et j’y suis allé à fond.  

Tu as donc tout récemment sorti ton EP de trois titres intitulé ‘Trilogy’, est-ce que ce titre est justement en référence à la trilogie de The Weeknd ? 

Pas du tout. Très honnêtement on a trouvé le nom Trilogy, et après j’ai fait le rapprochement. A un moment je me suis même demandé si je n’allais pas changer le titre, parce que je me suis dit que les gens allaient dire : ‘ouais il a pompé The weeknd…’ Après je me suis dit ‘on s’en fou’, Trilogy c’est parce qu’il y a trois sons, c’est aussi une référence aux projets Porte Dorée 1, 2 et 3. Et c’est aussi une référence à mon hall.

Est-ce que c’est aussi un moyen de relâcher la pression par rapport aux sorties de tes trois saisons de Porte Dorée, dont la dernière remonte au début de l’année 2020 ? Peut-être même de fermer ce chapitre ?

Totalement, surtout que pour Porte Dorée, j’ai un petit goût d’amertume. Parce qu’il y a eu le confinement, j’ai pas pu faire mon concert, j’ai pas pu le défendre comme il fallait, je l’avais un peu en travers de la gorge. 

As-tu pu être productif pendant le confinement ? 

Trilogy s’est fait pendant le confinement, de A à Z. J’ai tout produit avec mon ingénieur du son. C’était un moment assez particulier parce qu’on n’avait pas accès aux producteurs avec qui on travaille d’habitude, donc on a tout fait touts seuls en fait. Franchement c’était super ! Et tout ce qui est graphique, visuels etc, j’ai fait appel à Baeby Mama avec qui bosse depuis Porte Dorée saison 1.

C’est vrai que Baeby Mama est derrière l’objectif de tous tes visuels. C’est la D.A de tes clips ?

Exactement, c’est ma directrice artistique au niveau de mon image, je lui confie tout. Elle a fait le clip de ‘Talons’ qui a fait 1M de vues et on bossait déjà un peu ensemble sur de la photo avant. Donc le premier clip s’est fait dans des conditions un peu particulières (rires), elle n’avait jamais fait de clips. Mais finalement ça a super bien prit et depuis elle a grave des demandes, mais elle reste un peu focus sur Usky pour le moment étant donné que ça commence à prendre. 

D’ailleurs, tu soignes beaucoup ton image. Dans quelle mesure l’image est importante pour un artiste selon toi ?

Je pense que l’image d’un artiste est importante. Je pense que tu peux avoir une image très simple, faire des clips à l’iPhone, tant que ça va avec ce que tu représentes, c’est bon. Quand je dis que c’est important, je dis pas que tous les artistes doivent arriver avec des clips à 20,30 000 euros. Je dis que l’image doit être cohérente avec tout ce que tu véhicules. Et moi mon sens de l’esthétique c’est que j’aime bien les belles choses : j’aime quand c’est propre, quand c’est carré, bien cadré. Donc ce que Baeby Mama met dans les clips, c’est notre vision tu vois. C’est ce qu’on propose. Pour une chanson comme Kill Bill par exemple, je me vois mal faire un clip à l’arrache. Et c’est aussi ce qui peut nous freiner, dans le sens où ça prend du temps… Moi j’ai pas fait de série de freestyles, j’ai pas encore tenté ce truc-là, nous on fait des gros sons en studio et on envoie des gros clips, on travaille un peu plus comme ça. Mais chacun a sa méthode de développement après. 

Qu’est-ce que tu réponds à ceux qui pourraient dire que tes clips sont provocants ? 

Très honnêtement, je trouve que sur Youtube aujourd’hui je me trouve vraiment soft. Quand je me compare à des artistes que j’aime comme Don Toliver par exemple, et si je m’écoutais vraiment, je ferai des clips en streapclub… Ce serait la folie. Je trouve qu’en France et dans le rap aujourd’hui, tout est devenu compressé, formaté, on peut plus rien faire. Alors que toute la journée on voit des trucs de ouf sur twitter etc, moi ça me rend dingue que nous en tant qu’artistes on se bride.

Et je trouve que l’image de la femme est sublimée dans les clips de Baeby Mama. Dans le clip de Kill Bill par exemple, c’est comme si ta femme se faisait une danse, on ne dénigre qui que ce soit. Et j’ai pas peur de la critique. Pour moi avoir peur de la critique, c’est le meilleur moyen de se planter. 

Interview rédigée par Romane Dvl.

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