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Chiloo - TRENDS

Interviews

Chiloo : « Le rap m’a énormément aidé dans ma vie personnelle »

A l’occasion de la sortie de son premier projet ‘Promesses à tenir’, TRENDS est parti à la rencontre de Chiloo, un jeune rappeur de 18 ans.

Chiloo - TRENDS

Découvert via des freestyles postés sur Instagram puis relayées par des pages rap influentes, Chiloo est un jeune artiste parisien de seulement 18 ans. Maniant les mots à la perfection et abordant une écriture engagée et prononcée, le rappeur et chanteur n’hésite pas à évoquer le féminisme, les troubles psychologiques ou encore la philosophie en musique. A l’occasion de la sortie de son premier EP ‘Promesses à tenir’, TRENDS a pu poser quelques questions à l’énergique et sympathique Chiloo.

TRENDS : Quand as-tu commencé la musique ? 

Chiloo : J’ai commencé à écrire quand j’étais en seconde, donc il y a deux ans. J’avais besoin de mettre à l’écrit ce que je n’arrivais pas à exprimer oralement, notamment mes émotions. Le thème principal c’était l’amour, les relations et l’adolescence : ce que je ressentais à cette période. Et en fait je n’arrivais pas à mettre des mots sur ce que je ressentais et j’avais besoin de l’écrire et de le mettre en musique. J’ai cherché des instrumentales sur Youtube, j’ai commencé à écrire mes premiers textes et ensuite je les ai enregistrés avec un petit micro sur Garage Band. Puis à un moment je pense que j’avais besoin d’un avis extérieur, donc j’ai demandé à ma soeur qu’elle écoute que ce je faisais. Après j’ai créé mon compte Instagram et j’ai commencé à poster un freestyle par semaine en les envoyant à des pages rap. Au début c’était très compliqué d’avoir de la visibilité, mais j’ai persévéré et j’ai fini par être reposté…

Parallèlement à ça, j’ai rencontré Sélim, qui était animateur radio au départ et chez qui j’ai fait mon premier stage en seconde. Je suivais son quotidien et le dernier jour de mon stage, il m’a ramené en direct à la radio et je pense que c’est à ce moment-là que j’ai eu le déclic. Je me souviens avoir eu de bons retours à la radio, j’étais super content. Du coup c’est à ce moment que j’ai ouvert mon compte Instagram, que je suis resté en contact avec Sélim et petit à petit on s’est dit que ce serait bien de travailler ensemble. Et on a commencé à bosser ensemble à partir du 27 juin.

D’où viens ton surnom ? 

C’est un surnom que me donnaient mes proches quand j’étais plus petit. A la base c’était Chilou avec un U et je me suis dit je vais mettre deux O comme ça je pourrais différencier le petit Chilou de la famille et le Chiloo qui fait de la musique. 

Est-ce que tu poursuis tes études ? Ce n’est pas trop compliqué de combiner ces deux activités ? 

Pour ne rien te cacher j’ai redoublé ma seconde, et sur la deuxième année j’ai eu une moins bonne moyenne que sur la première. Donc franchement c’était pas une période facile pour moi et c’est à ce moment que la musique a commencé à prendre de la place dans ma vie. A partir du moment où je me suis dit ‘je me mets sérieusement dans un projet de rap’, c’est assez fou, mais mes notes ont commencé à s’envoler. J’étais un garçon qui procrastinait beaucoup, j’avais la flemme. A partir du moment où je me suis mis à écrire, je me suis beaucoup plus impliqué dans mon travail en cours. Parce que ça m’a permis de me structurer, ça m’a amené de la rigueur et cette rigueur-là je l’ai aussi amené à l’école. En fait du coup le rap m’a beaucoup plus apporté que ce que je le pensais. Et surtout, j’ai toujours réussi à me servir des deux : me servir de l’un pour réussir dans l’autre. Et j’ai même envie de te dire que l’école m’a aussi aidé dans le rap. Parce qu’aujourd’hui mes références philosophiques, par exemple pour Freud, je les ai apprises en philo. J’ai bouffé 18 ou 19 textes pour le bac de français et forcément, il y a des choses qui ressortent dans mes textes. Les deux sont donc vachement complémentaires, pour moi en tout cas !

Par quels artistes as-tu été inspiré ? Est-ce que le rap a toujours fait partie de tes influences ? 

Au tout départ, moi j’écoutais pas de rap. Comme dirait mon père j’écoutais plutôt des artistes un peu ‘vieille France’ (rires). J’étais très très fan d’Aznavour, de Jacques Brel, je me suis encore écouté Serge Lama tout à l’heure en sortant de la douche… C’est des artistes que je trouve d’une mélancolie sublime, c’est des poètes de la musique pour moi. Je m’inspire énormément de leurs textes, mais aussi de la mélancolie qu’ils ont dans leur voix. Le rap est vraiment entré dans mes influences en sixième avec la Sexion d’Assaut. Ils étaient trop forts, ils avaient cette faculté à créer des punchlines de partout. Et aujourd’hui un artiste qui me touche énormément c’est Nekfeu, j’adore et je m’identifie beaucoup à ses textes. Pour moi c’est vraiment un des meilleurs du rap français, même si après j’écoute d’autres artistes qu’on peut qualifier de plus « street » comme Maes ou PLK. Aujourd’hui j’écoute de tout dans le rap et j’écoute pratiquement que du rap français, il y a vraiment de tout et c’est incroyable. 

Qu’est-ce que ça fait de sortir son premier projet ? 

Avant de sortir le clip de Dessein j’étais très stressé, puis petit à petit j’ai commencé à relativiser et à être plus serein. Je me sentais bien, j’étais content de ce qu’on avait pondu, on avait fait quelque chose qui me plaisait et qui plaisait à l’équipe. J’étais super excité et en plus de ça, l’EP est sorti dans une période très particulière qui est le confinement. Ca aurait pu me faire peur et en fait c’est super, parce que le confinement ça a été, malgré tout ce que l’on peut dire, une chose incroyable dans une vie. Pour ma part, j’avais jamais connu quelque chose comme ça et le fait de sortir mon premier projet, ma carte de visite pendant cette période rend le projet un peu plus spécial. Du coup oui, j’avais juste trop hâte et je suis super heureux des retours que j’ai eu, c’est un vrai bonheur de voir tous ces messages d’amour. 

Comment tu vies les retours de ta communauté sur les réseaux ?

Moi tu sais j’ai un téléphone à clapet, parce que je trouve que des fois ça fait du bien de déconnecter des réseaux, de s’éloigner des chiffres pour ne pas devenir fou. Dès que je peux, je me connecte, je répond aux gens, j’essaie d’envoyer de l’amour autant qu’on m’en envoie. Je me dis surtout que tous ces retours positifs me donnent envie d’écrire, de bosser : c’est vraiment l’essence de ma voiture si on peut l’imager comme ça.  

Qu’est-ce qui t’a inspiré pour la cover ? 

C’est une cover qui a plusieurs références, dont deux principales. Notamment la lampe que je tiens, qui renvoie aux premiers freestyles que j’ai sorti sur Youtube et qui ont beaucoup marqué les gens. On s’est dit que ce serait cool de leur faire un petit clin d’oeil et ça nous tenait à coeur, même si je sais même pas si ils l’ont capté. Ensuite, on voit que je suis allongé sur une bâche et cette bâche fait référence au clip de ‘Promesse à tenir’ où à un moment je me fais dévorer par une bâche humaine, vivante. On peut aussi penser que le fait que je sois allongé laisse à penser que j’ai un côté songeur, rêveur, après tu peux l’interpréter comme tu le veux. 

Est-ce plus facile de se confier en musique plutôt que de le faire dans la vie courante ?

Clairement. En fait en musique, l’avantage c’est que j’ai pu faire passer je ne sais combien de messages, des choses que je faisais quand j’étais pas super bien et tout ça. Par exemple quand je devais parler avec une fille, j’avais pas forcément le courage de lui dire quelque chose en face, même si j’essaie de l’avoir aujourd’hui, je l’écrivais dans mon texte. Et moi ça me permettait de me libérer, ça me faisait du bien. Même si aujourd’hui j’essaie de plus en plus de me livrer aux personnes que j’aime, mais à un moment ça m’a tellement aidé. Pendant toute mon adolescence je me suis identifié à des textes de gars et j’avais trop envie de leur dire, aujourd’hui c’est les gens qui viennent vers moi pour me dire qu’ils s’identifient. C’est trop bien. Puis j’écris aussi pour dire aux gens, ‘vous êtes pas tous seuls’, ‘je suis aussi dans ce cas-là’. Comme pour les femmes battues, vous êtes pas toutes seules, on pense à vous et j’écris pour leur dire que je pense à elles.

Tu fais la métaphore de ton addiction au rap en le comparant à l’alcoolisme dans le premier titre du projet. C’est comme ça que tu dévores ta passion ?

Aujourd’hui le rap m’a énormément aidé dans ma vie personnelle à aborder des phases un peu plus difficiles et à me sortir de périodes compliquées en écrivant. Selon moi pour une personne alcoolique, la bouteille c’est sa manière de sentir mieux et de se ‘consoler’ des malheurs du monde. Certains boivent pour oublier, d’autres fument pour oublier, moi c’est le rap qui m’aide à me sortir des moments durs que je peux traverser dans ma vie. 

Est-ce important pour toi d’utiliser la musique pour faire passer des messages, pour dénoncer ou soutenir ? Tu l’as fait avec les féminicides pour L au pluriel, tu l’as fait aussi avec ton freestyle que l’on a d’ailleurs partagé sur nos réseaux pendant le confinement

Je suis vraiment axé sur les émotions et sur ce que je ressens, j’écris souvent sur des coups de tête. Donc pour L au Pluriel c’est un sujet qui me tracassait depuis vraiment longtemps, d’ailleurs le deuxième couplet je l’ai écrit avant toutes les manifestations parce que ça me touchait déjà. Et c’est pareil pour le freestyle du confinement, j’étais dans un mood où je me disais ‘c’est quand même dur, mais on va y arriver’. On peut être tous ensemble pour une cause, on était tous dans la même galère.  

Tu cites beaucoup la psychologie dans tes textes, c’est quelque chose qui t’intéresse ou te passionne ?

Ce que je cite, c’est surtout ce que j’ai vu en cours. Et c’est ce qui m’a énormément intéressé et m’a énormément plu. C’était bien expliqué et ça donnait envie de se pencher là-dessus. Et en fait je trouve que c’est très actuel, ces mecs dont les paroles datent d’il y a je ne sais combien de temps, comme Freud, parlent de pulsions contrôlées par plusieurs choses et cet équilibre donne le moi, la personne que je suis et je trouve ça fou. Et je pense que j’aurais peut-être un jour la curiosité de me pencher sur ces théories et dans ces livres, parce que c’est tellement fou. 

Comment tu as développé ton goût pour le chant ? Tu es autodidacte ou tu as pris des cours de chants ?

Quand j’étais petit je suis allé au conservatoire de mon quartier dans le 19e, j’y ai fait plein de choses : le solfège, le piano, mais le piano n’a jamais voulu de moi manifestement, il m’a lâchement abandonné (rires). J’ai appris la danse classique, que j’ai bien aimé d’ailleurs et je me suis mis dans ce qu’on appelle la filière vocale, c’était des cours où on chantait et où on t’apprenait des méthodes de respiration et de relaxation. Je pense que ça m’a beaucoup aidé, mais j’ai arrêté en 6è ou 5è et le chant est revenu il y a un an et demi ou deux ans et depuis j’adore ça. Je suis super bien aiguillé par mon D.A qui m’aide beaucoup et petit à petit je commence à récupérer un semblant de voix. 

Que nous réserves-tu pour la suite ? 

Je vais me mettre au travail dès cet été et je pense qu’on va partir sur un nouveau projet sur lequel on travaille… On charbonne, j’écris beaucoup et j’ai hâte de refaire une maquette et de retrouver l’équipe ! Même si pour le moment, on continue de défendre l’EP bien sûr !

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