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Sôra : « Je vois un peu la musique comme une exploration »

Véritable ovni dans le paysage musical, Sôra impose son univers unique et sa voix soul dans les oreilles de qui veut l’entendre. Rencontre.

Voix incomparable, univers affirmé et coloré, Sôra marque les esprits à chaque nouvelle sortie. Après avoir collaboré avec Uppermost autour du single « Step by Step », l’artiste révélait son tout premier EP « Number One » l’année dernière après avoir évolué en groupe pendant quelques années. Fille d’une mère britannique et d’un père français, Sôra est née dans une famille de musiciens et s’est intéressée à la musique dès son plus jeune âge via le chant, la danse ou encore le piano. Forte de plus d’un million et demi de streams sur son premier projet, la chanteuse travaille actuellement sur un tout nouvel opus qui devrait arriver dans les prochains mois, et ce après avoir révélé un premier extrait estival : Feel Beautiful. Rencontre avec cette artiste solaire et déterminée.

TRENDS : Peux-tu me parler de ton parcours ? Comment as-tu commencé la musique et à quel moment ?

Sôra : Depuis que je suis toute petite je suis dans la musique, j’ai des parents qui écoutaient énormément de musique à la maison, j’ai passé énormément de temps avec mon père à faire des recherches, à trouver ce qui sortait à l’époque. Je fais quand même partie de la génération qui mettait les clips à la télé, donc je pense que c’est un tout qui s’est développé pendant l’enfance et grâce à ma mère j’ai pu faire du piano étant petite. Pareil, j’ai commencé à composer des petits trucs, je les ressortirai jamais (rires), mais très vite j’avais envie de composer, de me mettre dans la peau d’une chanteuse, d’écrire, de chanter tout le temps. Après ça, je voyais quand même la musique comme une grande utopie, donc je me suis un peu rangée dans le sentier et finalement il y a eu un tournant. Un de mes supers potes avec qui je faisais de la musique depuis longtemps m’a proposé de chanter dans son groupe de musique. A partir de ce moment-là, je suis allée en répet, évidemment au début j’étais hyper timide, mais j’ai eu un énorme déclic après cette journée là. Je me suis dit allez je vais chopper mon diplôme, j’arrête mes études, comme ça je peux dire à ma mère c’est bon : je fais que de la musique et on me laisse tranquille. 

Dans quelle mesure est-ce primordial pour toi de garder ton indépendance ? 

C’est hyper important, même si c’est très dur. Parce qu’effectivement, devenir indépendant et de gagner sa vie quand on est musicien à Paris c’est très compliqué. Même pour ceux qui font pas de la musique, c’est quand même très compliqué, d’avoir son appart, de valoir auprès de la société, donc en plus quand t’es artiste et que tu es catégorisé comme un saltinbanque, c’est compliqué. Mais concrètement je préfère arriver difficilement à mon objectif en gardant ma personnalité, mon univers, en étant fidèle à moi-même et en faisant mon parcours comme moi je l’entends avec les acteurs qui m’accompagnent, plutôt que de me sentir complètement biaisée et bridée et pas me sentir moi-même.

Comment décrirais-tu ton univers musical, qui, comme on a déjà dû te le dire, ne ressemble à aucun autre ? 

Je pense que le premier mot qui vient c’est varié. Hybride, dans le partage, parce que j’aime beaucoup collaborer avec les autres. J’aime beaucoup arriver à quelque chose d’authentique avec les éléments des uns et des autres. Et je vois un peu la musique comme une exploration, donc voilà j’aimerai bien voir mon parcours comme une sorte d’exploration pour aller toujours plus loin. Donc oui c’est un univers varié, coloré, optimiste, parce que je suis très optimiste comme personne. J’essaie de faire de la musique réconfortante, de la musique qui porte en tout cas vers quelque chose de positif. 

Par quels genres musicaux et par quels artistes as-tu été inspirée ?

Evidemment la pop. Evidemment le RNB des années 2000, c’est notre génération. Je suis obligée de noter Timbaland, Pharrell, Justin Timberlake, Destiny’s Child, ça c’est vraiment les gros que j’ai vraiment écouté. Mariah Carey bizzaremment quand j’étais plus jeune j’ai pas mal appris à chanter avec elle dans ma chambre (rires). Ca c’est vraiment pour les artistes phares, mais j’ai écouté beaucoup de styles. Je pense que pour arriver à des choses hybrides et pas spécifiques, je pense qu’il faut avoir écouté beaucoup de styles différents. Donc je suis passée par du rock à l’ancienne, les ladies avec les Beatles, les Doors, Pinkfloyd et compagnie, des trucs beaucoup plus psychés. J’ai eu des périodes très électro aussi, donc j’imagine que ça se ressent aussi dans ce que j’ai envie de proposer. Ma mère avait aussi l’habitude de passer des classiques de jazz à la maison, autant dire que j’ai baigné dans cette culture très tôt ! Elle ne m’a d’ailleurs jamais quittée, ayant réalisé des études musicales de jazz vocal à Paris. Je pense que c’est cette culture qui m’a ouvert les yeux sur le monde et qui continue de m’influencer énormément aujourd’hui. 

Comment tu as appréhendé et vécu la sortie de ton premier EP ?

Il y avait beaucoup d’excitation. Parce que c’était tout nouveau pour moi de sortir quelque chose que je guidais finalement, qui guidais la composition. Je trouvais ça important d’arriver avec quelque chose de varié pour montrer l’ensemble des choses que j’avais envie de proposer.  J’étais confiante, contente. Je trouve que c’est une bonne entrée en la matière et ça nous a aussi permis de faire beaucoup de scènes, de se sentir un peu plus confortables dans cet univers qui fait un peu flipper. Il y a aussi eu pas mal de périodes de doutes, de retournements de situation, mais maintenant je suis à nouveau excitée de la suite.

Pourquoi avoir fait le choix de chanter en anglais ? Pourrais-tu t’orienter vers le français à un moment dans ta carrière ? 

Quand j’étais petite j’écoutais beaucoup de musique anglophone, déjà notamment par rapport aux clips parce que finalement c’était que de la musique américaine. Et puis chez moi pareil, j’ai des parents qui écoutaient beaucoup de musique anglophone. Les seuls artistes francophones que j’écoutais à l’époque c’était Serge Gainsbourg et puis je pourrais pas nécessairement en dire plus. Clairement c’était pour les textes et pas forcément pour la musique, quoiqu’effectivement Gainsbourg a le mérite d’avoir les textes et la musique derrière. Pour le coup, c’était vraiment de l’anglais, de l’anglais, de l’anglais. Ayant une mère anglaise en plus à la maison, forcément ça aide. Donc très vite j’ai écrit en anglais et très vite j’ai été amenée à chanter en anglais. 

Est-ce que le single estival que tu viens de dévoiler est révélateur du contenu de ce nouveau projet ? 

Je pense que ce sera très varié. J’ai des moments ponctuels aussi où il se passe des choses et je suis quelqu’un qui n’aime pas se fermer des portes. Donc j’ai eu pas mal de réflexions pendant le confinement, je me suis rendue compte que les gens jugeaient pas mal par rapport à notre style et avaient besoin parfois de nous catégoriser. Moi j’ai justement envie de me détacher de ça au maximum et juste de dire que moi mon objectif c’est de proposer quelque chose qui fera plaisir à un maximum de personnes. Parce que j’estime mes messages seront de toute façon positifs, donc mon objectif c’est de pouvoir proposer ma musique à des gens qui ont envie de m’entendre et d’en profiter. Finalement, plus on est spécifiques, plus on se ferme la possibilité d’atteindre beaucoup de monde. Donc moi j’ai envie de pouvoir me dire, ‘ce morceau a atteint ces personnes-là, peut-être que celui-là touchera les personnes qui n’ont pas été touchées la dernière fois’. Ca me permet aussi de me sentir proche de tout le monde et pas juste d’un groupe de personnes.

Est-ce qu’il y a un artiste avec lequel tu rêverai de collaborer ? Et est-ce que tu prévois des featurings dans un avenir plus ou moins proche ? 

En fait on a un titre prévu pour le mois d’octobre et en fait grâce au confinement je me suis posé cette question. J’ai fait une composition et j’ai tout de suite pensé à un rappeur. Donc à chaque fois j’avais l’impression d’être trop petite, trop éloignée, française, loin du délire. Je me foutais des barrières inconsciemment et sans le vouloir, je voulais vraiment proposer mais je savais pas qui allait bien accepter une prod de la petite Sôra à Paris… Et finalement j’ai eu un éclair de lucidité, je l’ai envoyé à quelqu’un qui pour moi était parfait pour le track et le gars m’a répondu et du coup ça s’est fait : ce sera une surprise pour la rentrée ! Puis c’est le premier son que j’ai vraiment produit en solo, donc ça fait plaisir de se dire que pour une fois je suis allée jusqu’au bout du travail et je vais pouvoir dire que je suis la productrice de ce son. C’est un gros pas en avant pour moi, parce que je le vois aussi par étapes tout ce processus. Au début j’étais juste chanteuse dans des groupes, je suis devenue finalement une chanteuse, compositrice qui a son projet perso. Et maintenant la prochaine étape évidemment c’est vraiment de pouvoir les choses toute seule, de les guider jusqu’à la fin. Sans avoir nécessairement l’avis de quelqu’un d’autre. C’est marrant, ça peut être contradictoire parce que j’adore les collaborations en même temps, mais le fait d’arriver et d’aboutir à un travail tout seul c’est quand même un gros challenge et c’est quand même plaisant d’arriver au bout de son idée. 

Il y a aussi un autre single qui va arriver avant celui-ci ?

Oui on sort un gros single en septembre, plutôt dans la vibe de IAMDDB, cash. Délire bien urbain ,assez dynamique avec un gros clip bien fun, donc on est très contents de ce titre. Il est issu d’une collaboration avec Jazzir et c’était vraiment un plaisir de travailler avec ce gars hyper chill, tout est sorti assez simplement, c’était vraiment fun. On a vraiment hâte que ça sorte, on a passé un super moment sur le clip !

Tu as déjà effectué de nombreuses scènes avec Sôra selon ce que j’ai lu dans ta bio ? C’est quelque chose qui te manque ? 

Ca me manque, ça c’est sûr. Mais je suis vraiment dans l’optique de pousser le live à quelque chose d’un peu plus grand que ce que j’avais avant. J’aimerai qu’il y ait quand même plus d’apport instrumentaux, que le travail soit approfondi pour arriver à un live qui bastionne vraiment. J’ai envie de marquer les esprits plus qu’avant, donc on y travaille. J’ai un nouveau batteur avec moi qui va toujours travailler sur des apports électroniques, mais qui va intégrer une vraie batterie, et ça c’était très important pour moi. Evidemment, avec un batteur on imagine tout de suite un bassiste, donc dans l’idée de base j’aimerai bien y arriver progressivement. Mais ma petite formation idéale ce serait batteur, bassiste et choriste. Pour remplacer justement les voix très produites que j’ai faites au studio et ajouter un peu de chair au live. 

J’ai vu aussi que tu es égérie pour Maurice Lacroix, est-ce que c’est quelque chose qui te plairait de te rapprocher un peu plus de la mode ? Comment as-tu pris contact avec eux, ils t’ont contacté directement ? 

Bien sûr, tout simplement parce que de toute façon l’image compte en tant qu’artiste. Dès qu’on est sur les réseaux, où de toute façon notre image apparaît, évidemment qu’on est obligés de suivre un minimum ce qui est attendu. Ce qui est attendu c’est d’être soigné, d’être quand même beau, de renvoyer une belle image de son projet. La mode nous permet de faire ça à nous en tant qu’artiste : nous mettre en valeur, mettre en valeur aussi les vêtements, la création d’autres. Toujours dans ce même esprit de partage, la collaboration reste importante. Pour moi, c’est un peu l’expansion de sa créativité à travers les yeux, c’est un peu la vitrine de soi-même, en tout cas ce qu’on a envie d’en montrer. Pour moi c’est un moyen d’expression comme n’importe quel art. 

Que peut-on te souhaiter pour la suite ? 

Un live qui défonce sa m*re ! Et du coup beaucoup de dates sur les festivals l’année prochaine ce serait top, parce que je pense que tout le monde en a bien souffert cette année. Et qu’on arrive à finaliser ce bel album de Sôra bien sûr !

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