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Leith : « On a fait ce projet à l’Instinct »

Artiste prometteur et inclassable, Leith vient de révéler son tout premier projet : Instinct. L’occasion de s’entretenir avec lui autour de sa musique et de sa personnalité.

Phénomène grandissant ces derniers mois, Leith continue d’imposer son univers mélancolique et mélodique dans les oreilles des auditeurs de rap français et de tous ceux qui veulent l’entendre. Cultivant un style musical hybride, situé entre le rap et le chant, l’artiste se faisait déjà remarquer en 2016 avec la sortie de ‘Mamacita’, l’un de ses premiers clips diffusé sur Youtube. Après de multiples sorties de singles dont les remarqués ‘Reviens’ et ‘SANS TOI’ l’année dernière, il proposait la première partie de son projet le 1er mai avant d’en révéler son intégralité le 29. ‘Instinct’, voici donc le nom du premier projet de Leith, qui s’entretient avec TRENDS à cette occasion. Un conseil : gardez un oeil sur cet artiste qui risque de faire parler de lui.

A quel moment as-tu commencé la musique ? 

Le premier morceau que j’ai mis sur les plateformes de streaming, c’était en 2018. Ça c’est pour le côté officiel. Officieusement, je fais de la musique depuis l’adolescence. J’ai commencé seul, mais je me suis très vite entouré de mes potes par la suite : obligé, c’est le passage obligatoire. Je me suis dit qu’il fallait y aller à un moment et qu’il fallait pas que j’attende de balancer des morceaux, parce que je kiffe ça depuis toujours. A force de voir l’accessibilité de la musique aujourd’hui, je me suis dit ‘pourquoi pas’, ‘j’ai les moyens de le faire alors fais-le’ !

Comment se compose ton équipe ? 

On est toujours en famille, avec les potes avec qui j’ai commencé. Ça s’est concrétisé avec le temps : un de mes potes est devenu mon manager et les miens sont toujours autour de moi pour me conseiller. J’ai toujours besoin en fait de ces avis-là, des miens qui m’entourent dans la musique et dans la vie de tous les jours. 

Tu as aussi créé ton propre label…

Ça s’est fait tout récemment, il y a quelques mois. On l’a fait parce qu’on était à un moment où on se devait de le faire. Pour discuter de notre musique et pour justement avoir plus de crédibilité auprès du public, mais aussi auprès des professionnels. Et voilà ça s’est fait comme ça, on a monté le truc avec les miens. Je voulais aussi être en indépendant au moins pour ce projet-là. J’aime bien ce côté où tu peux travailler à ton rythme. Pour le moment je préfère que ce soit moi qui me mette la pression à moi-même, plutôt que quelqu’un d’autre le fasse. Mais en même temps je sais que si un label me mettait la pression, ce serait pas un problème non plus. Aujourd’hui en tout cas, en sortant ce projet, j’avais envie de le faire comme ça, pour la suite j’en ai aucune idée. 

Avec quels artistes as-tu grandi ? Est-ce qu’il y a des artistes qui t’ont peut-être donné envie de te lancer ? 

J’ai toujours écouté beaucoup de musique. J’ai commencé très jeune, peut-être quand je devais avoir 4-6 ans. Un artiste qui m’a vraiment mis une claque pour moi c’était Drake quand il a sorti son album ‘Take Care’. Après il y en a tellement qui m’ont claqué que je pourrais pas te dire…

Qu’est-ce que ça fait de sortir un projet pour la première fois ? 

Ça fait bizarre… Jusque-là j’ai sorti que des singles, et c’est une autre pression en fait. Sortir un long format où on sort un peu de ce que je savais faire : je me jette dans le vide un peu, je me jette dans quelque chose que j’ai jamais connu. C’est un processus qui est assez long quand même, on travaille de A à Z tous les morceaux. Et pour moi la construction d’un projet doit être cohérente du début à la fin, tu dois pouvoir montrer ce que tu sais faire et c’était ça le challenge. Je pense qu’on a plutôt bien réussi. 

Ce n’est pas trop difficile de le sortir en période de confinement ? 

Je l’ai jamais vu comme une difficulté. Et de toute façon on avait comme projet de départ de le sortir dans ces eaux-là : le 1er mai et le 29 mai. Après confinement ou pas, on l’aurait sorti. Franchement au contraire… J’ai envie de croire que confinement ou non, il aurait été écouté de la même manière. 

D’ailleurs est-ce que cette période t’a permis d’être plus productif ? 

Pour te dire la vérité, le projet était terminé vraiment au moment où le confinement a commencé. Donc à partir de ce moment-là j’étais plus dans le rush. A coté de ça j’ai quand même essayé de faire du son, mais j’ai rien trouvé de concret, j’avais pas d’inspi… A force de rien vivre, ça devient compliqué. Après ça dépend des artistes, du type de personne que tu es. Musicalement personnellement, je me suis juste reposé un petit peu parce que j’avais fait plusieurs mois intensif en studio avant. J’aime bien vivre, j’aime bien regarder ce qui se passe autour de moi, j’aime bien comprendre l’environnement dans lequel j’évolue et c’est en partie ma plus grande inspiration. 

Depuis quand tu as ce goût pour l’écriture et pour les mots ? 

Depuis toujours en fait. Déjà au CP, j’étais trop fort à l’école (rires). Ça m’a toujours attiré la littérature en règle générale, puis c’est devenu une façon pour moi de m’exprimer avec mes mots. Que ce soit compréhensible ou pas, au début c’était pas mon problème (rires). Mais oui, on a réussi à s’exprimer ! 

C’est libérateur de coucher sur papier ses tourments ? 

Bien sûr, parce qu’au final tu cherches un peu au fond de toi et t’essaie de mettre des mots sur ce que tu peux ressentir. Et c’est ce que j’ai essayé de faire dans le projet Instinct. Sous toutes sortes de formes, essayer d’exprimer quelque chose qui me tient à coeur. 

J’ai remarqué que ton style est un peu hybride. Tu rappes, mais toujours en ajoutant de la mélodie dans ton flow, tu aimes chanter ?

J’ai toujours kiffé tout ce qui touche à la mélodie, à la chanson. C’est un kiffe depuis toujours, même si j’ai commencé par écouter du rap quand j’étais plus jeune. Ça m’a toujours touché. Après même moi j’arrive pas à me classer, qu’on dise de moi que je suis un rappeur ou un un chanteur, c’est l’interprétation personnelle de chacun. Pour moi je fais ce que j’aime faire, on est dans une génération où justement on peut faire ce qu’on veut. Et la musique a tellement évolué ces dernières années qu’on a du mal à classer certaines choses… Et c’est pas un souci pour moi. 

D’ailleurs chaque titre semble parfaitement travaillé. On sent que tu as le goût du détail. Tu es de nature perfectionniste ?

Carrément ! J’ai besoin que chaque détail dans les morceaux me satisfassent. C’est ma nature, je sais que c’est de la perception et qu’on pourra jamais la toucher, mais je veux faire en sorte de l’optimiser au maximum. On a beaucoup travaillé pour le faire, on a pris pas mal de temps depuis le dernier single, donc c’était vraiment une année de travail ouais.

Toi qu’on a plutôt l’habitude d’entendre sur des productions planantes et plutôt douces, tu surprends avec « Le temps passe ». Mais aussi avec « VS », qui se traduit par un beat énergique, un refrain entêtant, des textes plus légers et un résultat estival. Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’élargir au niveau des sonorités et de partir sur ce terrain ? 

Il y a deux ans je crois j’ai sorti un son qui s’appelle ‘La Havane’ et qui comporte ces sonorités estivales, donc c’est pas vraiment le premier. Moi j’aime la musique quand elle me plaît, j’ai sorti beaucoup de titres ces derniers temps qui étaient dans la déception et dans la mélancolie, je dis pas qu’en terme de texte c’est si différent que ça, mais évidemment sur les musicalités on a voulu montrer qu’on était capables de faire ce genre de trucs là. Je sais qu’on m’attendait aussi sur ce terrain-là. 

L’amour semble avoir une place importante dans ta musique : dans le sens où on retrouve cette notion de relations amoureuses dans beaucoup de tes titres. Tu le dis d’ailleurs dans ‘Pleurs’, « mon coeur est un lâche ». C’est quelque chose qui t’inspire pour écrire ? 

Pour moi l’amour c’est la vie… On est nés par amour, donc c’est un peu un axe qu’on peut pas nous enlever. Pour moi, bien sûr que c’est une forte inspiration. J’aime l’amour et en même temps je le déteste… C’est beau, mais est-ce que moi-même je suis capable d’assumer cette responsabilité ? C’est ce que j’essaie de faire comprendre aux gens dans mes textes. 

crédit photo : Killian Kali

Tu évoques aussi beaucoup la nuit dans tes textes…

La nuit pour moi, c’est le jour pour d’autres. J’ai l’impression de vivre la nuit, d’être dans un monde parallèle, même si évidemment je me réveille le jour (rires). Mais c’est à ce moment où je suis le plus inspiré pour créer, pour écrire, le moment où je suis le plus en phase avec moi-même. C’est vraiment à ce moment-là que je me pose des questions, que je me renferme et que je me sens bien, et mal en même temps. 

Instinct, pourquoi ce titre ? 

Parce que ce projet on l’a fait à l’Instinct. Ca a été fait avec une D.A précise, mais on a voulu donner ce côté instinctif aussi, parce que c’est comme ça que je fais ma musique. 

Comment tu t’es entouré pour les prods ? 

Je me suis entouré des miens, même si on a rencontré de nouvelles personnes pour composer sur ce projet. Ca a été que des belles rencontres, vraiment un kiffe pour tout le monde. J’ai même pas les mots tellement ça a été instinctif… Pour le coup il y a vraiment une connexion qui s’est créée entre moi et les différents compositeurs. C’est un tout finalement. 

Toucher le ciel est l’un des titres les plus forts du projet à mon sens, tout comme son clip…

C’est le premier titre qu’on a fait du projet ! C’est à ce moment-là que je suis parti et pour le coup ouais c’est peut-être le plus instinctif. On est partis en studio, on savait pas ce qu’on allait faire, on est partis de 0 pour arriver sur quelque chose et dès qu’il a été terminé on s’est dit que ça allait être celui qui allait faire démarrer le projet. 

Quel titre que tu conseillerai à celui qui ne te connait pas et qui voudrait cerner ton univers ?

Dans ‘Instinct’, je lui conseillerai ‘Réveil’, le premier titre. C’est le titre qui m’a le plus choqué de moi-même, il s’est fait à l’instinct aussi. Et pour pas dire que c’est mon préféré, c’est l’un de mes préférés… C’était une manière de faire rentrer les auditeurs dans le mood dans lequel je voulais qu’ils entrent. 

Quels sont les objectifs avec cet EP ? Des attentes au niveau des ventes ?

Non franchement moi j’ai pas d’objectif en terme de vente, au stade où je suis c’est pas une question qu’on peut se poser sérieusement. Si ma musique te plaît c’est cool, si elle te plaît pas tu marches tout droit et on se reverra peut-être plus tard… (rires) Par contre ce projet est important pour la suite, parce qu’évidemment on veut en sortir d’autres, c’est qu’un début. 

Plus de 2 millions de streams sur les plateformes et des centaines de milliers de vues sur Youtube, sans aucun featuring, peu voire pas de promo et en indépendance. Qu’est-ce que ça fait ? Ça motive à se donner pour la suite ? 

Largement.. Tu vois moi à la base je voulais pas sortir de projet rapidement, mais on est arrivés à un moment où il fallait qu’on se présente quand même. Et je savais que des gens l’attendaient, donc je me suis dit allez ‘on est prêt’, c’est le moment ! On est personne en vrai, mais il y a quand même certains titres très intéressants, donc je pense que c’est le moment de montrer qu’on est là. 

Qu’est ce que l’on peut te souhaiter pour la suite ? La richesse peut-être ?

De la santé, du bonheur et du succès… Et l’argent, l’argent, l’argent ! (rires) Je me le souhaite et je le souhaite à tout le monde, c’est important.

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