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Interviews

Thomas Roussel : « L’art est très important à une société »

Compositeur pour les plus grands films et les plus grands évènements mondiaux, Thomas Roussel est un artiste unique qui vascille entre musique électronique et musique orchestrale. Rencontre.

Compositeur pour les plus grands films et les plus grands évènements mondiaux, Thomas Roussel est un artiste unique qui vascille entre musique électronique et musique orchestrale. Rencontre.

TRENDS : Enchantée Thomas ! Tu fais état d’une carrière impressionnante avec plus de quinze années d’expérience dans la musique. Quel a été ton parcours ? Comment as-tu débuté ? 

Thomas Roussel : J’ai eu la chance d’avoir un papa qui était un amateur éclairé de musique et qui voulait me mettre le pied à l’étrier très tôt. Je me rappelle de mon premier souvenir, c’est quand un soir quand je n’arrivais pas à dormir, j’ai rêvé que je jouais du violon. Il y avait quand même ce désir d’apprendre, et mon père m’a appris à lire de la musique avant de m’apprendre à lire et à écrire. Ce qui m’a permis de faire mes classes de solfège à Dijon avec beaucoup plus de facilités : quand on me demandait des dictées musicales ou rythmiques je comprenais pas trop pourquoi c’était un sujet, parce que c’était évident pour moi… J’ai fait du piano, du violon, de l’orgue, tous les instruments que je pouvais essayer. Un jour j’ai proposé la trompette à mes parents, ils m’ont dit stop ! A chaque classe il y avait des cours, des orchestres, des examens, des auditions, la chorale qui s’ajoute… Je passais vraiment tout mon temps au conservatoire. 

Une passion vraiment viscérale…

Puis j’ai été en classe à horaires aménagées dès le CP, ça a été une véritable chance d’être dans une ville qui proposait déjà ça, parce qu’à l’époque c’était assez original. Il y a eu un autre point important quand j’étais à Dijon, c’est qu’il y avait un club qui s’appelait « L’An Fer ». Il s’est avéré que c’était l’un des clubs les plus cool d’Europe sur la techno, ce qui fait que c’était quand même un petit passage obligé pour les DJ. J’avais 16 ans quand j’ai commencé à aller en boîte et à aller en rave, parce qu’à l’époque, Internet c’était pas fou. Et pour écouter ce genre de musique que j’adorais, j’étais obligé d’aller dans ces soirées. J’écoutais comment les rythmes étaient assemblées, c’était tout nouveau pour moi, j’étais sur-excité. Il se trouve que du coup on a eu la chance d’avoir Jeff Mils en 96, plusieurs fois, Laurent Garnier était résident une fois par mois à Dijon, les Daft étaient venus trois semaines avant la sortie de leur album « Homeworks »… Donc moi j’étais un peu le relou avec ses lunettes qui allait apporter ses démos au patron de l’An Fer sur cassettes. Je faisais déjà de la techno à 16 ans alors que j’étais encore au conservatoire dans les classes de composition très classiques et vu que j’étais un petit peu l’ado collant ça circulait un peu, Laurent Garnier avait donné son avis sur les sons, Jeff Mills m’avait fait rentrer dans sa cabine de mix pour lui serrer la main… Je me rappelle qu’on a vidé le club vers 4-5h du matin un soir et je suis resté, il y avait une interview des Daft Punk, j’y ai assisté alors qu’il n’y avait quasiment plus personne dans le club. Et d’ailleurs il se trouverait que j’aurais rencontré Pedro Winter à cette période durant cette interview et on ne s’en rappelle plus du tout lui et moi, mais aujourd’hui on est très copains depuis l’aventure Ed Banger 15 !

crédit photos : Benoît Florençon

Ces années t’ont donc vraiment forgé en tant qu’artiste ?

Finalement, même si je n’étais pas à Paris, j’étais dans un endroit où ça bougeait et je pense que ça m’a vraiment influencé. Quand j’avais environ 24 ans,  Radio France m’a proposé de faire l’oeuvre techno-symphonique de Jeff Mills, qui s’appelait Blue Potential à l’époque et maintenant qui s’appelle Lights from the Outside World. C’est tombé sur moi parce que pareil, j’étais un peu le petit jeune qui savait écrire pour des orchestres symphoniques, mais qui savait vraiment aussi parler aux DJ et qui savait ce qu’était qu’un kick, une snare, tous ces codes de la techno… Il n’y avait pas beaucoup de gens polyvalents à cette époque donc j’avais de la chance. J’arrive à Paris, je me renseigne, on m’avait dit que le meilleur prof était à la Courneuve, c’était Guillaume Connesson. C’était à l’époque un jeune compositeur contemporain, donc vraiment de la musique pointue et pas super accessible. Il devait avoir une trentaine d’années, il est joué par tous les orchestres du monde, c’est un vrai grand compositeur de musique contemporaine – il a d’ailleurs depuis été primé aux Victoires de la Musique Classique en tant que meilleur compositeur à deux reprises. 

Ce prof se revendique donc de l’école tonale, et même s’il va très loin dans le langage, ça reste très harmonieux et surtout très savant au niveau de l’orchestration. Ca a été vraiment un maître Jedi pour moi, il y avait une certaine complicité entre nous parce qu’il voyait que j’y arrivais bien. J’étais un élève normal en violon, en piano et tout ça, mais j’avais vraiment des facilités au niveau de l’orchestration, je voyais que ça se passait bien. On avait des concours assez durs où on était enfermés dans une toute petite salle sans piano, pendant 12h et on devait écrire une symphonie à la main, au crayon et imaginer dans la tête les mélodies… Tu sors de ça tu es rincé, c’était un peu douloureux, mais je voyais que c’était hyper naturel pour moi. Chaque année le nombre de personnes du concours diminuait et à la fin, j’ai fini tout seul avec le prix, avec des compositeurs comme Thierry Escaich, Guillaume Connesson : l’école d’aujourd’hui des compositeurs contemporains et classiques. Dès mes premiers concerts il y avait déjà 40 personnes sur scène, c’était une volonté assez orchestrale et contraire à l’idée de musique de chambre. Donc en fin de parcours j’ai appris à bien écrire pour chaque instrument, c’est à dire le principe même de l’orchestration : savoir tout ce que tu peux demander à un instrument, du basson au triangle, en passant par le xylophone et le violoncelle et surtout en tirer le meilleur. 

Un parcours qui t’a finalement amené jusqu’à la composition de ton premier album en 2017…

Mon album The Future Comes Before que j’ai signé sous l’alias de Prequell, je l’ai enregistré avec Le London Symphony Orchestra à Abbey Road, avec le même orchestre et le même studio que pour Star Wars. Il y avait des gens que je reconnaissais que j’avais vu dans les bonus DVD et c’est moi qui dirigeait, donc j’étais un peu dans mes petits souliers et j’essayais de ne pas trop le montrer et de bien mener la séance…Tu as la Rolls Royce des musiciens sous ta baguette, si tu as juste écrit des rondes (ndlr, des notes tenues qui durent longtemps), tu les sous exploite, tu ne les mets pas en valeur. C’est important dans tous ces métiers d’excellence de ne pas gâcher et d’aller chercher le meilleur chez chaque musicien. J’aurais eu trop honte de ne pas donner une partie intéressante au corps tout au fond, aux timbales, aux autres percutions… Il faut que chaque musicien se sente challengé et se dise ‘wow, dans cet enregistrement j’ai pu montrer que j’étais talentueux et que je sors du lot. A l’origine moi je ne suis même pas chef d’orchestre, c’est juste que je me suis rendu compte que si je n’incarne et que je ne dirige pas ma musique, c’est pas clair pour les gens pour qui je pouvais travailler ou même pour le public. Et finalement quand tu diriges, c’est paradoxalement la meilleure manière d’incarner le fait d’écrire de la musique. Quand j’ai commencé à diriger mes projets parce que c’était juste plus simple, les gens ont compris que j’étais compositeur. Voilà comment je me suis retrouvé à écrire et à diriger des orchestres, sans trop avoir suivi de cours de direction. Je pense que j’ai eu de la chance et j’ai eu une vraie boulimie, une vraie envie, une vraie curiosité.

crédit photos : Benoît Florençon

Est-ce difficile de faire de la musique son métier ? As-tu eu des moments de doutes, où tu souhaitais peut-être faire autre chose ? 

Avant m’installer à Paris, c’est vrai que tu peux te poser des questions. Mais encore une fois, là où j’ai eu beaucoup de chance, c’est qu’il n’y a pas eu de cassure, ça a été très smooth. Quand je suis arrivé pour finir mes études vers 20 ans avec Connesson, j’ai rencontré Reinhardt Wagner qui faisait beaucoup de musiques de films au cinéma, il m’a pris comme assistant pendant 10 ans : de 20 ans à mes 30 ans. Et je faisais beaucoup de musique pour lui, on a du faire une dizaine de films en dix ans ensemble. Donc c’est une super école vraiment, j’ai été payé très honnêtement même si au début je gagnais pas très très bien ma vie. J’étais déjà content de gagner un peu d’argent, j’ai commencé à acheter du matériel pour essayer d’être plus performant et pouvoir faire des démos d’orchestre aux réalisateurs. Donc ça s’est fait très naturellement et je ne me suis jamais trop posé de questions. Puis après j’ai commencé à bosser avec Roberto Alagna pour de la musique classique et toujours Jeff Mils avec une nouvelle oeuvre dont je te parlais précédemment : Light from the Outside World. On a joué à Londres, en Australie… C’est une oeuvre qu’on joue peut-être deux à quatre fois par an depuis quinze ans… Donc voilà, j’ai mis le pied à l’étrier sans m’en rendre et il n’y a jamais vraiment eu d’inquiétude… A part pour le confinement, en vrai. Ca a été la première fois de ma vie où tous les projets se sont arrêtés du jour au lendemain et pour toute l’année 2020. C’est vraiment la première fois où j’ai eu l’inquiétude de me dire qu’il n’y avait pas de boulot. Je me suis demandé comment on allait gagner notre vie.

Durant le confinement, tu as mis en place le ‘Lockdown Orchestra’ afin de réinterpréter avec de nombreux musiciens le dernier titre de ton album The future comes before. Comment as-tu réussi à réunir autant d’artistes ? 

C’était vraiment un projet de se dire, ‘on est pas morts’, ‘on va se bouger pour essayer de créer un truc avec de l’émotion’ qui fait qu’on se sente pas tous seuls avec tous les musiciens du monde. On est allés chercher tous les orchestres avec lesquels on a déjà bossé avec Ivan (ndlr, agent de Thomas Roussel). On avait fait des projets à Macao, à Pékin à la cité interdite, à Coachella… On a pu rappeler tous les orchestres avec qui on avait bossé et on a réuni 200 musiciens. J’avais écrit toutes les partitions pour tous les instruments que j’avais mis sur une Dropbox, parce qu’à l’origine les partitions de mon album étaient seulement pour les cordes. J’ai rajouté tous les musiciens auxquels j’avais pensé : les cuivres, les bois, les percussions… Mais aussi des sortes d’harpes chinoises, violons chinois, le guzheng, le erhu, des instruments vraiment hyper émouvants pour lesquels j’avais envie d’écrire depuis un moment. On recevait les vidéos pendant deux semaines et c’était hyper émouvant de voir chaque jour des personnes que je ne connaissais pas forcément ou que je revoyais enregistrer ma musique. Au total on a reçu 250 vidéos… Au dessus de cinquante on était contents, 100 c’était top, 150 trop bien… Après il y avait les monteurs images et monteurs sons qui flippaient derrière et ils ont vraiment passé un sale moment. (rires)

N’était-ce pas trop casse-tête de rassembler et assembler toutes les vidéos afin d’obtenir ce superbe résultat ? 

J’avais fait une petite vidéo chez moi en faisant du violon, je leur avais demandé d’avoir une bonne luminosité, que les vidéos soient les mieux possibles. Et aussi pour synchroniser tout le monde, on avait tous un casque ou des écouteurs. J’avais fait un petit guide audio dans l’oreille de chacun pour qu’on puisse jouer ensemble. Je t’avoue que je m’étais posé la question de rajouter en fond le vrai son du titre, pour épaissir un peu. Parce qu’il faut savoir qu’ils se sont tous filmés et enregistrés avec des iPhone, donc le son ne devait pas être vraiment bien. Mais Sylvain Denis, l’ingénieur du son avec qui je travaille sur tous mes projets, a enlevé chaque bruit de fond sur chaque piste, il a repositionné dans l’espace les sons comme dans un vrai orchestre, avec par exemple les violons à droite, les bois au fond, les violons à gauche, les violoncelles à droite… Franchement qu’un orchestre enregistré au téléphone sonne comme il sonne, c’est fou ! C’est vraiment grâce à cette team qu’on a bu bosser sur ce projet, tout le monde a joué le jeu du 0 playback.

Finalement, le Lockdown Orchestra est une vraie démonstration du pouvoir rassembleur, solidaire et généreux de la musique. C’est une fierté d’avoir réussi à mettre tout ça en place ?

Le petit regret c’est qu’on a mis du temps à réagir… Parce que déjà on s’est pris cette vague d’arrêt de tous les projets, les salles de concerts fermées etc et moi j’étais vraiment KO. Je l’ai rarement été dans ma vie, mais là j’étais par terre. J’étais un peu flippé, c’était très particulier. On a commencé à voir quelques vidéos passer, Ivan me les a montrées, je n’avais pas la foi du tout au début parce que ça avait déjà été fait. Trois, quatre jours après je l’ai rappelé et je lui ai dit qu’il y a un truc qui pourrait peut-être m’exciter, c’est de créer une sorte d’orchestre mondial et de faire un truc vraiment collégial qui réunit des gens de tous les continents. Ca a été du travail de rassembler les gens puis de monter la vidéo. En tout cas c’est vrai que quand j’ai vu la vidéo pour la première j’ai eu les larmes aux yeux. Pas parce que j’étais dans le narcissisme, mais parce que ce métissage de ma musique m’a vraiment ému. Ce petit moment où j’ai vu le violon chinois topper les violons occidentaux si on peut dire, je me suis dit ok là il y a un mariage qui se passe et qui était un peu ‘We are the world’ tu vois (rires). On parle pas la même langue, on est pas au même endroit, ça m’a vraiment touché. Il y avait aussi mon prof de violon à Dijon qui a participé, ce genre de petits détail c’est trop émouvant. C’est pas parce que c’était ma musique… Bon un peu quand même (rires).

crédit photos : Benoît Florençon

Mise à part cette période de confinement qui a dû être un peu déstabilisante comme tu l’évoquais, tu ne t’arrêtes jamais ? 

C’est clair ! C’est aussi parce qu’on a cette chance d’être sur un créneau qui est encore assez ‘niche’, qui est assez peu exploité. Le truc que j’ai vraiment essayé de développer pour ma part c’est d’écrire pour orchestres de la musique d’aujourd’hui, sans volonté de faire de la musique classique. Mais aussi surtout d’essayer de réinventer la manière de mettre en scène les musiciens. Déjà pour les challenger un peu, parce qu’eux ça fait 400 ans qu’ils jouent dans la même position, donc c’est un peu répétitif… Aussi parce qu’il se passe des trucs quand tu changes cette position. Alors évidemment la vraie position a un avantage acoustique, le chef est équidistant d’à peu près tout le monde, visuellement parlant les gens jouent au geste, donc c’était super malin et naturel d’avoir créé cette position. Mais maintenant qu’on s’affranchit de tout ça et que grâce au micro, à la diff, aux oreillettes, on peut exploser la position des musiciens dans l’espace. Et encore une fois c’était un concours de circonstances je pense, j’ai vraiment eu la chance, mais j’ai été visiblement le premier à exploser la position de l’orchestre en ligne droite sur 80 mètres, c’était pour Dior Homme avec Villa Eugénie. Depuis c’est devenu un peu ma marque de fabrique d’essayer de changer la configuration scénique de l’orchestre, grosse fierté aussi d’avoir réussi à mettre des musiciens sur la terre battue de Roland Garros, parce qu’ils voulaient placer les musiciens dans les gradins à la base.

Comment s’est faite cette association avec Roland Garros ? 

En fait je pense que la manière dont les projets arrivent est assez similaire ! Moi avant je travaillais pour de la musique de cinéma, j’ai eu la chance de faire des films tout seul comme un grand où j’étais aux commandes de bandes originales à 30 ans, ce qui est assez jeune quand même. Mais je me suis rendu compte en faisant des trucs mainstream, notamment pour des films comiques avec Dany Boon etc, que ça m’a un peu déprimé. Pour moi la musique doit être émouvante, elle doit t’attraper, faire ressurgir des émotions. Mais le rire, le fun, en musique, c’est pas un truc qui moi m’excite ou m’inspire. Du coup après 10-15 ans de boulot pour d’autres tout le temps, il y avait un tout petit d’aigreur qui pointait le bout de son nez et mon agent a très bien réagi en me disant de faire ce qui me plaît et de ne pas attendre de proposition. Il m’a mit un bon coup de pression et c’est à ce moment-là qu’on a sorti le premier EP sous le nom de Prequell, puis l’album. C’était la première fois, à 35 ans, que je proposais un truc personnel, où je n’avais aucun D.A comme pour les défilés Chanel ou Dior, avec des gens qui t’aiguillent. Et en fait c’était une libération, on a jamais eu autant de bons feedback que depuis ces sorties. Ce qui s’est passé c’est qu’Ivan a été très clairvoyant, c’est en ce sens que d’avoir un bon manager est important pour le développement d’un artiste : il m’a dit de travailler sur Prequell, de le rendre sexy pour les gens sur l’image, sur la sincérité. Tout est ultra sincère, je cherche pas du tout à faire le truc qui pourrait être le plus successfull ou quoi. Et il a eu raison en me disant de travailler cette énergie sur ce projet et le rendre intéressant puisque les gens sont venus à moi. J’avais peur de refuser les films et les comédies qu’on me proposait. Et en fait ce qu’il s’est passé c’est qu’on a continué de venir me chercher pour des projets de défilés, de films, pour des pubs, tout ce que je faisais avant, mais maintenant on m’a dit ‘on vient te chercher pour ton style de musique’, ‘on voudrait une musique dans ce style’ etc. Avant j’étais l’homme à tout-faire, j’étais au service de réalisateurs etc, ce qui me plaît beaucoup mais au bout d’un moment j’avais envie d’être compositeur et d’avoir carte blanche. A ce moment ça a été vraiment libérateur parce que ça a été un petit message du genre ‘ma musique c’est ça, vous pouvez l’écouter, si ça vous plaît je serai ravi de bosser pour tel évènement, telle inauguration, telle soirée…’ 

Donc avec tous ces projets, j’avais pas eu le temps de bosser sur un deuxième album depuis la sortie du premier. Et le confinement m’a permis de bosser, là il est presque terminé je suis trop content. J’ai trop hâte d’aller l’enregistrer à l’Abbey Road avec London Symphony Orchestra à nouveau ! On est obligés d’attendre, parce qu’on n’a pas le droit d’enregistrer à plus de 40 musiciens et nous on est plutôt 60 sur le projet. Donc on attend septembre pour aller l’enregistrer. On continue d’être dans la proposition, de proposer de jolis clips, de jolis performances, des lives… C’est comme ça que les gens de la mode, de l’événementiel viennent vers moi. C’est fou, mais quand on m’a proposé l’inauguration de l’expo à la Cité Interdite à Pékin, franchement, c’est le seul concert où j’ai été si peu concentré… Je regardais partout autour de moi, je me disais ‘rappelle-t-en, qu’est-ce que j’ai de la chance d’être dans ce décor là!’

Pour les J.O 2024 sur la Seine on a monté ça en une semaine et c’était vraiment incroyable. Et puis le dernier Givenchy je pense que c’est un des plus beaux évènements auquel j’ai eu la chance de participer…

Quel a été l’évènement avec une marque auquel tu as participé qui a été le plus marquant pour toi ?

Trois me viennent directement à l’esprit et c’est difficile de choisir… Mais à Macao, l’inauguration du bâtiment de Zaha Hadid, c’était fou. On a fait ça avec Pedro Winter, le deal de départ c’était une Battle entre un DJ et un chef d’orchestre. Donc on était dans ce décor avec deux énormes tours avec quatre rangées d’ascenseurs. Le projet était piloté par Bureau Betak : les musiciens étaient dans chaque fenêtre, ils étaient tous dans une petite boîte et pareil, on avait vraiment joué le jeu, le son de chaque musicien a été retranscrit dans la diffusion. La vidéo retranscrit vraiment le fun et le fait qu’on se soit marrés pendant cette semaine à Macao. Je pense que ça a été assez significatif dans notre amitié avec Pedro, c’était juste après Ed Banger 15.

Du coup le deuxième que je retiens c’est Ed Banger 15, quand Pedro m’a laissé la direction artistique de ce projet qui devait être juste un concert et qui est devenu un album. Après ça devait être juste une sorte de goodies qui devait sortir en vinyle et basta, et en fait c’est sorti dans tous les formats. Quand Pedro m’a confié ça, ça m’a vraiment touché.

Pour le troisième, j’hésite entre Givenchy et Apple Music à New-York… Artistiquement parlant, c’était vraiment le défilé Givenchy qui m’a marqué. Déjà il y avait un vrai match avec Clare, la designeuse, ça a été une vraie rencontre. Ils m’ont contacté une semaine avant le défilé comme toujours, il y avait 15 minutes de musique à composer ce qui est beaucoup. Sachant qu’en orchestral, la norme c’est à peu près une minute par jour, donc c’est assez intense 15 minutes en une semaine. Et en plus ce genre de personnes savent ce qu’ils veulent et peuvent te balayer ta musique deux jours avant, ils peuvent te dire ‘tu recommences on aime pas’… Mais là c’était tellement smooth cette expérience, on s’est rencontrés le lundi, le soir je rentre chez moi j’essaie de m’inspirer des films et références dont elle m’a parlé. Le mardi matin, la musique est sortie toute seule. Le mercredi, je lui ai fait écouté et elle valide cinq jours avant le défilé. Donc après je n’avais plus qu’à développer, c’était incroyable. 

Quand penses-tu sortir ce deuxième album dont tu me parlais un peu plus tôt ? 

Il y a toujours un moment hyper dur pour les artistes, c’est entre le moment où l’album est fini et la sortie. Il peut se passer six, neuf mois avant qu’il ne sorte et toi t’es là, tous tes potes te demandent quand il va sortir et t’as toujours peur dans ce style de musique que ça se ringardise. C’est un genre où tout évolue très vite donc on a toujours envie que ça sorte vite. Mais on a quand même la chance de le sortir dans un beau label donc ça prend un peu de temps. Mon objectif ce serait de l’enregistrer en septembre à Londres et de le sortir 2021 ! Ce serait cool.

As-tu d’autres projets, évènements ou scènes qui vont pouvoir se caler avant la fin de l’année ? 

C’est chaud franchement… On a Ed Banger Symphony qui tourne, on devait le jouer en septembre devant 8 000 personnes en plein air. Et c’est un peu annulé… J’ai toujours espoir que les mecs se disent ‘bon allez on le fait’, même si c’est pas très raisonnable. On a aussi et j’espère d’autres projets de mode, mais comme généralement on m’appelle une semaine avant le défilé, c’est pas des choses qu’on peut prévoir ni annoncer, par souci de confidentialité. Mais si si, on a déjà des trucs qui se calent pour 2021. Je peux pas en parler parce que ça reste des projets liés à la mode et aux marques, il faut savoir rester discret… Dès que l’évènement est passé, on peut commencer à en parler, mais généralement c’est toujours très confidentiel.

Qu’est-ce que l’on peut te souhaiter pour la suite de ta carrière ? Y-a-t-il de nouvelles choses que tu aimerais expérimenter ? 

Déjà je me sens super chanceux, je pense que c’est le mot qui revient toujours depuis que j’ai la chance de faire ce que j’aime. Ce qu’on peut me souhaiter ce serait juste de continuer de faire ce que j’aime faire. On est dans une époque où on se rend compte des problèmes et je trouve ça hyper bien. Les vases débordent pour les femmes, pour toutes les formes de racisme, je pense qu’on est quand même dans une génération qui a réussi à s’affranchir de tous les clivages. Ca me fait plaisir de voir qu’il y a une vague unanime de stop, qu’il y ait une vraie prise de conscience. Moi je n’ai pas de problème, je suis un musicien, dans mon studio, tout ce qu’on peut me souhaiter c’est de continuer de faire ce que j’aime !

Ca me fait tellement plaisir quand des personnes du monde entier me disent que tel morceau les a aidé à traverser des problèmes personnels, ce genre de choses. Ce que j’adore aussi c’est quand des artistes peintres, sculpteurs ou autres me disent que ma musique les a inspiré dans leur forme d’art, je me dis que la boucle est bouclée. Je suis dans un domaine très artistique, on sauve pas des vies. Je me rends compte que ça peut être un peu superficiel, mais quand j’ai reçu ce genre de messages, même pendant le covid par des membres du personnel soignant, me disant que ma musique les a aidé, là je me suis dit bon bah ok ça fait plaisir de participer. Je ne sais rien faire d’autre que de la musique et je me dis que mon métier sert à quelque chose. Finalement, les artistes restent très importants dans ce genre de crise où l’art a été un peu mis sur mute, on se rend compte que l’art est très important à une société.

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