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Victor Solf - TRENDS

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Victor Solf : « J’espère que la culture va pouvoir reprendre sa place dans la vie des gens »

Rencontre avec Victor Solf, ex-moitié du duo Her, à l’occasion de la sortie de sa mixtape 12 Monkeys.

Victor Solf - TRENDS

Seconde moitié du duo HER avant la tragique disparition de son meilleur ami Simon Carpentier en 2017, Victor Solf a assuré le dernier groupe sur scène jusqu’au début de l’année 2019. Depuis, l’artiste a avancé sur son propre projet, repartant de 0 avec la sortie de son premier EP en solo : Aftermath. Un EP synonyme de nouveau départ et de reconstruction, qui pouvait s’interpréter comme un pont entre le passé et le futur de l’artiste. C’est finalement au début du mois de juin et par surprise que Victor Solf est revenu avec un second opus : 12 Monkeys Mixtape. Composée intégralement par ses soins pendant le confinement, la mixtape explore l’art du sampling et allie toujours des notes de piano et de saxophone.

TRENDS : Enchantée Victor ! Toi qui a évolué en duo avec Her, est-ce que tu arrives à t’épanouir en solo désormais ? 

Victor Solf : Oui c’est super, moi j’adore ça. C’est quelque chose que j’avais jamais fait, donc je suis très content de pouvoir vivre ça. C’est vrai qu’il y a beaucoup plus de responsabilités et c’est moi qui prend toutes les décisions, mais c’est une nouvelle aventure, un nouveau défi et je suis très content. 

Tu as connu le succès international en duo, là tu repars comme à 0 dans une nouvelle aventure. N’est-ce pas trop compliqué à gérer ? 

Complètement, c’est comme redémarrer un projet. Ce que j’avais jamais vécu jusqu’à présent, c’est d’avoir un projet qui marche bien et de repartir sur un projet de 0. Il y a toujours un aspect psychologique assez fort lorsqu’on redémarre un projet, parce qu’il faut s’armer de patience, essayer d’aller chercher un peu partout pour avoir des idées… Moi je vois le bon côté des choses, c’est une période hyper excitante où tout est possible. Parce que du coup je suis pas encore fermé dans un personnage comme ça a pu l’être dans Her, donc tout est possible, ça ne dépend que de moi. Il faut que j’arrive à être identifié, à augmenter ma fanbase et voilà, c’est excitant parce qu’il y a tout à faire. On a calé une Cigale pour 2021 et c’est un grand défi pour moi, parce que je sais pas encore ce qui se passera, c’est quand même une grande salle à remplir. Donc j’ai hâte !

D’ailleurs, j’ai l’impression que tu as totalement revu ton image et ton look, je me trompe ? 

Je voulais quelque chose de beaucoup plus libre, à l’image de ce que je suis en fait. Quand j’ai décidé que ce projet serait sous mon nom, j’ai réfléchi aussi à ce que je voulais être en tant qu’artiste, sans pseudonyme etc. Et c’est vrai que j’avais vraiment envie de me détacher du costume emblématique de Her. Je voulais quelque chose de beaucoup plus coloré, de beaucoup plus pop, beaucoup plus moderne. Notamment sur la cover de la dernière mixtape que j’ai sorti, 12 Monkeys, je suis habillé en Acne, Etudes, Pierre Hardy, c’est des noms qui me parlent beaucoup. Et je suis hyper content d’avoir été habillé par eux parce que ça résume assez bien l’image que je veux avoir.

As-tu réussi à travailler durant le confinement ? Comment as-tu vécu cette période particulière ?

J’ai eu deux, trois semaines un peu d’angoisse (rires), j’étais sans matériel de son, je savais pas vraiment comment j’allais faire. Et puis même je me posais beaucoup de questions sur ce que je voulais sortir après la sortie de mon EP. Et en fait, par la force des choses j’ai été obligé de travailler simplement avec un ordinateur et le micro de mon casque audio. Ca m’a obligé à me rapprocher beaucoup de la production, j’aime beaucoup produire mes titres, choisir les grosses caisses, les batteries, les basses, faire du mixage… Je me suis beaucoup plus concentré sur ça, notamment sur le shampoing. C’est vraiment une façon de produire que j’aime beaucoup et qui se fait beaucoup dans le Hip Hop. Kanye West l’a bien proposé, Grand Master Class c’était aussi quelqu’un qui avait commencé à faire ça. D’ailleurs c’est aussi une façon de travailler qui se fait aussi dans le tripop, on pense à Massive Attacks, à 30 Shades, ils ont aussi cette approche là. Donc voilà, quand j’ai eu cette idée, tous les titres de la mixtape me sont venus. Je me suis isolé pendant trois jours, je travaillais nuit et jour et ces 6 titres là qui sont sortis et qui sont aujourd’hui 12 Monkeys Mixtape !

C’est un projet très spontané finalement ? 

Ouais, complètement. C’est vraiment quelque chose que j’ai voulu préserver du début à la fin. D’avoir vraiment quelque chose de brut, de spontané, de très vivant, très libre, avec des aspects beaucoup plus dansants…

Comment tu composes avec ta voix ? Tu la considères comme un instrument ?

En fait ça dépend vraiment, à certains moments je la déposais à la fin et j’utilisais ma voix vraiment comme un instrument, comme sur Tomorrow Land par exemple. Et il y a d’autres titres sur lesquels l’idée de base c’était le piano/voix. Donc notamment sur le dernier titre de la mixtape qui s’appelle In Your Eyes, on me dit souvent qu’on a les mêmes yeux avec mon fils donc je trouvais que ce principe était magnifique du coup j’ai écrit ‘In your eyes, i can see myself’, du coup ça m’a donné toute l’introduction du titre. Et après quand j’ai vu que j’avais cette ligne de voix, je me suis dit que tout le reste de la chanson ce serait de la production. J’ai semple beaucoup de voix, j’ai mis beaucoup de mes voix en reverse, ça permet d’avoir un son beaucoup plus onirique, sur les pianos ça marche bien et j’aime beaucoup. Ca dépend vraiment des titres !

Pourquoi avoir décidé de troquer les guitares pour le piano dans ton précédent EP ?

Parce que c’était quelque chose que j’avais beaucoup fait, que ce soit avec Her, mais même avec mon projet précédent. J’avais vraiment envie de changer de méthode. C’est très personnel, mais moi je trouve que c’est quand on arrive à changer de méthode qu’on arrive à faire des choses, ça a été le cas sur mon premier EP et c’est le cas aussi sur ma première mixtape. Voilà, et en plus malgré le fait que le piano soit mon premier instrument, c’est quelque chose que j’avais jamais fait, j’avais jamais fait de prises de son avec. Je me suis vraiment dit que mon projet solo ça allait être l’occasion de m’approprier cet instrument et de faire plein de choses avec. Que ce soit sur l’EP ou la mixtape, c’est vraiment ce qui lie ces deux projets.

Quels instruments, à part celui ci, retrouve-t-on dans le projet ? As-tu essayé de nouvelles choses ?

Je suis un grand fan de saxophone depuis longtemps, que ce soit dans Her ou dans ce projet-là, c’est un instrument qui tout de suite fait résonner mes influences soul, ghospel. C’est vrai que j’avais pas eu l’occasion de le tester sur mon premier, mais comme sur cette mixtape j’avais beaucoup plus de samples, je me suis vraiment dit qu’il fallait que j’aille chercher des samples de saxophones, de jazz etc.

Tu as fait appel à Guillaume Ferran pour t’accompagner au piano sur Aftermath, comment t’es-tu entouré en terme de musiciens sur cette mixtape ? 

Par la force des choses encore une fois, je pense que si j’avais pu, j’aurais travaillé avec d’autres personnes parce que c’est vraiment ma philosophie. Au final, je suis très content du résultat, ça m’a forcé à aller au bout de mes idées. J’ai quand même fait appel à quelqu’un pour le mixage et pour le mastering, c’est deux aspects très techniques, c’est bien de pouvoir quand même à un moment de passer la main. C’est vrai que mise à part cet aspect, j’ai vraiment tout fait tout seul et je me suis vraiment amusé à mélanger des samples, avec des pianos et des voix que j’avais enregistré. Et en fait pour moi, l’art et la force du sampling, c’est vraiment de réussir à ne plus pouvoir savoir ce qui est samplé et ce qui ne l’est pas. Moi je trouve que quand j’écoute un disque de Kanye West ou de Massive Attack, c’est vraiment ça qui m’impressionne à chaque fois. Moi-même en tant que musicien et producteur, il y a des moments où je ne suis plus du tout capable de dire ce qui est samplé ou pas, et là je trouve que c’est réussi. Ce que je trouve magnifique avec ça c’est aussi d’arriver à mêler des univers qui n’auraient jamais dû être mêlés, aller par exemple chercher une vieille mélodie de Synthé des années 80 et de la mettre avec une batterie de hip-hop et de finir en mettant du saxophone résolument jazz, je trouve que c’est ça qui  est intéressant. Quand il n’y a pas eu de travail sur le sample ou que toute la chanson repose sur le sample, je trouve ça dommage…

J’ai lu que tu comparais la composition musicale à une recette culinaire, quelle a été ta recette sur cette mixtape ? A-t-elle été la même que pour ton précédent projet ? 

(Rires) Pour faire une analogie avec la nourriture, ce serait un peu comme je me suis vraiment fixé sur une manière de cuisiner. Avec un couteau bien précis, avec des aliments (références) qu’on pourrait trouver dans la musique italienne, puis africaine et que ça vienne se confronter pour un résultat qui surprend. C’est vraiment le sampling qui a dirigé toute cette mixtape.

Aftermath marquait une période de reconstruction pour toi. Entre le passé et le futur… Quelle signification pourrais-tu donner au titre de cette mixtape ? 

En fait c’est un film de Thierry William que j’aime vraiment beaucoup, et j’ai choisi ce titre parce que ce film là est un peu à l’image de ce que j’ai voulu faire dans cette mixtape. C’est un film d’anticipation, il y a une histoire d’amour, il y a ce sujet de pandémie mondiale qui fait écho au contexte actuel, il y a aussi cette idée de pouvoir voyager dans le temps, changer le présent, changer l’avenir. Moi ce que j’aime beaucoup avec ce réalisateur c’est qu’il a cette façon de s’approprier et de mixer des genres et je trouve que c’est toujours intéressant de regarder un de ses films. J’ai essayé à ma manière de faire cette mixtape dans cet état d’esprit, c’est aussi pour lui rendre hommage. 

Qu’as-tu voulu faire ressentir avec cette cover ? Tu y sembles comme libéré… 

J’ai essayé encore une fois de retranscrire un peu l’énergie qu’il y avait dans la mixtape. Les grands thèmes c’est vraiment la libération, la spontanéité, revenir à l’émotion pure et ne pas aller chercher la perfection. J’ai vraiment essayé d’aller au plus profond de la 

Est-ce que tu te verrai essayer de chanter en français ?

Pour l’instant ça m’intéresse pas. J’ai beaucoup de respect pour la langue française, mais pour l’instant c’est quelque chose que j’ai envie de laisser de côté. J’ai un amour fou pour la soul et le ghospel et pour moi chanter en anglais ça me permet de mettre ça en avant, donc c’est pas d’actualité. 

As-tu envie de retourner sur scène ? Est-ce quelque chose qui te manque ?

Ca me manque beaucoup, je suis vraiment content de pouvoir défendre mes titres en live. En plus les concerts, c’est vraiment un exercice à part pour moi. J’essaye de repenser mes titres, les retranscrire de manière très différente et d’avoir vraiment une communion et un échange avec le public. J’ai été complètement coupé dans mon élan avec le confinement et le virus, donc je suis très content de repartir en septembre.

Que peut-on te souhaiter pour la suite ? Tu es déjà sur la préparation de la suite ou tu te reposes un peu ? 

A la rentrée je sortirai de nouveaux titres, ça me permet de me préparer en parallèle à l’album, ce que je voudrais raconter sur un long format. Je veux encore me laisser un peu le temps, parce que j’ai envie de faire tourner un peu, de jouer mes titres en lives… J’espère que la culture de manière générale va pouvoir reprendre une place un peu plus centrale dans la vie des gens. Que ce soit en France, mais dans le monde aussi, je pense qu’on en a vraiment besoin, c’est une bouffée d’air frais la culture. Je pense à la musique, mais il y a le cinéma, le théâtre, les musées… Ce sont des choses qui font beaucoup de bien et j’espère qu’on aura accès à tout ça rapidement.

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