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YG Pablo - TRENDS

Interviews

YG Pablo : « En musique, il faut s’entourer des meilleurs »

Révélation de cette année 2020, YG Pablo arrive tout droit de Bruxelles et risque bien de faire du bruit. Rencontre à l’occasion de la sortie de son single « Jodeci ».

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Découvert avec un premier EP l’année dernière entièrement réalisé par ses soins, YG Pablo s’est surtout fait remarqué avec la sortie de ses singles ‘AVM’, ‘DM’ et ‘La Fayette’ en début d’année 2020. Originaire de Bruxelles, l’artiste a seulement la vingtaine mais se dote d’un talent et d’une technique digne des plus grands. Proche de Damso, ayant eu un début de carrière sportive brillant, YG Pablo s’est lancé dans la musique il y a peu pour en faire son métier. Rencontre avec cet artiste prometteur qui sort aujourd’hui son single estival ‘Jodeci’.

Comment as-tu commencé la musique ? A quel moment de ta vie ? 

J’ai commencé sérieusement il y a deux trois ans, mais on va dire que j’ai toujours eu un pied dedans. Parce que de base je suis dans le basket depuis que je suis petit, c’était ma priorité numéro 1. Ca m’a fait partir aux Etats-Unis et finalement quand je suis rentré en Belgique j’ai eu une illumination et j’ai eu envie de ne faire que de la musique. Mais en vrai, j’ai commencé à écrire mes textes vers 14 ans, je faisais ça dans la cours juste pour rigoler. J’ai mis beaucoup d’énergie dans le sport et j’ai commencé la musique en même temps. Je me suis rendu compte que la musique m’apportait plus. Je me sentais mieux dans ce milieu-là, j’avais plus de résultats. Du coup même si j’aime toujours le basket, j’ai switché pour la musique pour en faire mon métier. 

20 et déjà signé auprès de Believe, qu’est-ce que ça fait ?

Oui, en distribution. En vrai c’est comme si on était toujours indépendants. On est partis chez eux parce qu’on sentait qu’on allait pouvoir être vraiment libres. On est vraiment bien en indés, on a ce qu’il faut, je suis à un moment dans ma « carrière » où j’ai besoin de pouvoir m’exprimer sans que quelqu’un ne décide à ma place. Je sais ce que j’ai envie de dégager et j’avais pas envie que quelqu’un le fasse à ma place ou prenne des décisions pour moi. On a l’équipe qu’il faut, on sent qu’on a les épaules pour pouvoir le faire. Je veux pouvoir être maître des sorties que je vais faire, des clips que je vais faire, de l’image que je vais dégager. C’est quelque chose qui est important pour moi.

J’ai appris que tu es proche de Damso, que tu connais depuis ton enfance. Est-ce que son parcours t’inspire ? C’est peut-être aussi ce qui t’a donné envie de concrétiser le tir ?

Franchement, c’est vraiment une grosse source d’inspiration. C’est un mec qui vient de chez nous, Bruxelles c’est hyper petit, que quelqu’un réussisse c’est vraiment un modèle d’exemple. Il n’a pas une petite carrière, à chaque album qu’il présentait c’était à chaque fois plus fort, il a ramené une nouvelle vision. Même dans sa manière de penser et de travailler, c’est vraiment quelqu’un qui est passionné par la musique et c’est un côté que j’ai aussi. Il est super méticuleux, il ne laisse rien au hasard, donc fatalement c’est une grosse source d’inspiration. D’ailleurs une de mes plus grosses, franchement. C’est la plus frappante, parce qu’on est proche donc je peux le voir de près et je vois d’où il vient, l’ampleur que ça a prit. C’est vraiment ce que je vise.

En parlant de tes inspirations, tu peux me parler des artistes qui ont pu t’inspirer et qui t’inspirent aujourd’hui ? 

Il y en a beaucoup, même si c’est plus du côté américain, parce que déjà j’ai été vivre là-bas donc j’ai une approche de la musique américaine différente et je comprends les paroles. J’aime bien toute la nouvelle vague, mais un artiste que j’aime beaucoup par exemple c’est Travis Scott. Dans la manière dont il arrive à transporter les auditeurs dans un monde : quand t’écoutes Astroworld, t’as vraiment l’impression d’être dans son monde. Tout est travaillé et super méticuleux, à tous les niveaux. Sinon j’aime aussi énormément Drake, pour son côté très versatile. Il sait poser sur tout, dans ma carrière à moi c’est ce que je vise. Par exemple Drake, ce que j’admire c’est qu’il amène beaucoup de fraîcheur, il fait les choses bien et il lance des mouvements, il ne suit personne. Dans les grandes lignes je dirai donc Drake et Travis Scott.

Tu es très technique dans ta manière de poser, tu es capable de maîtriser de nombreux flows. Comment on acquiert cette aisance à 20 ans seulement ?

En fait déjà j’ai la chance d’avoir un studio à la maison ! Moi j’ai commencé à m’enregistrer tout seul dans ma chambre, ce qui m’a permis de tester énormément de choses. Et en fait, je pense que ça vient du fait que je n’écoute pas qu’un seul style de musique. Quand je suis dans ma voiture je peux écouter du Angèle à fond, du Aya Nakamura, je peux passer sur de la drill anglaise ou américaine de Chicago… J’écoute de tout et j’analyse tout. Le fait que je fasse aussi mes propres prods, je pense que je fais juste ce que j’aime. Si je suis dans un mood dancehall je vais en faire sans me poser de questions. Je pense que l’aisance est venue avec le travail, à force d’en refaire et de tester de nouvelles choses. Le premier morceau que j’ai mis sur Youtube, c’était du dancehall. 

Une signature ça signifie aussi un projet qui arrive ? 

Clairement, c’est l’objectif ! Je pense que c’est la prochaine étape. Là on a envoyé quelques singles sans vraiment se poser trop de questions, maintenant le but ça va être de sortir un projet et essayer qu’il soit le plus différent possible. A mon avis ce sera pour la fin de l’année tout doucement, on se met pas trop de pression parce qu’on vise la qualité avant tout. On veut que ce projet soit quali, qu’il me ressemble et qu’il puisse durer dans le temps. 

Tu as hâte de te présenter avec ce projet ?

Vraiment ! Ca fait un moment qu’on travaille dessus, j’avais sorti un petit EP de six titres quand j’étais tout seul il y a un an et demi, ensuite on a sorti quelques sons : AVM, DM, La Fayette… En vrai on a un peu suivi la ligne directrice d’AVM. Ce sont des sons qui sont fort axés love et franchement j’ai hâte de sortir mon projet parce que ça va donner encore une autre carte de visite. Elle va montrer que YG Pablo c’est pas juste AVM, DM, La Fayette, c’est vraiment plus large. Il est vraiment hyper bien travaillé, super diversifié et réfléchi. C’est un projet qui a une certaine ligne directrice et on prend le temps de bien le faire pour ne rien laisser au hasard. 

En journaliste curieuse que je suis, je suis allée voir ton Insta histoire de mieux cerner ton perso. Mais il n’y a rien ! Pourquoi ?

C’était fait exprès. En fait quand j’ai une sortie imminente, j’essaie vraiment de me concentrer là-dessus. J’aime beaucoup les thèmes et là je vais sortir une série de photos, de vidéos, de trailers… Et je veux vraiment que mon insta reflète la sortie de mon prochain single. J’avais pas envie de laisser des photos qui n’ont pas de rapport avec ma sortie, parce que c’est un morceau que j’adore et je voudrais garder ça propre. Et c’était aussi un moyen de m’écarter des réseaux et de me concentrer uniquement sur la musique. Au delà de la musique j’essaie de m’intéresser à tout, c’est pour ça que j’essaie vraiment de me casser la tête, d’avoir des idées différentes et que ça ne ressemble pas à ce que fait tout le monde. Mon Instagram c’st ça en fait, je veux montrer que je suis pas là pour les photos, pour les likes etc, je suis là pour la musique et c’est ça le plus important pour moi.

Justement, on remarque beaucoup de jeunes artistes essayer d’être relayés dans les pages rap qui ont envahi Instagram. Des pages sur lesquelles on retrouve beaucoup de freestyles en abondance, ce n’est pas ton cas ? 

Comme le dit Damso « Je préfère être écouté plusieurs fois par une personne, plutôt qu’une seule fois par des personnes différentes ». C’est vraiment ça, j’ai pas envie de sortir plein de sons toutes les semaines, je préfère sortir un gros son bien travaillé avec un beau visuel et que les gens puissent l’écouter sur le long terme. Comme je fais mes prods, je m’enregistre moi-même, quand je fais une sortie, je me concentre vraiment sur tout l’aspect de la musique. C’est pas juste aller en studio, faire le morceau et ressortir. Je vais en studio, je bosse la prod avec le beatmaker ou bien moi-même, ensuite on prend du temps pour le mix etc. On est pas « fast food », on fait pas des sons à la chaîne, on prend vraiment le temps de faire de la bonne musique.

A quels beatmakers as-tu fait appel pour ce projet ?

Grâce au home studio j’ai déjà pu faire des prods très tôt, sur mon premier EP j’avais placé ma première prod pour moi-même. Et du coup je serai capable de sortir un projet avec seulement mes prods, mais j’ai toujours besoin de m’entourer de producteurs qui vont proposer des choses que je sais pas faire. Je sais faire des prods. Mais pour moi, c’est pas mon activité numéro 1 et des gens le font mieux que moi. Je pense qu’en musique, il faut s’entourer des meilleurs et il ne faut pas se limiter sur les collaborations. Franchement au niveau des producteurs, je suis presque souvent avec les mêmes, Mems qui est également mon producteur et manager, avec le collectif Maison Anteres aussi : Guapo, Cosmo etc. Ce sont des producteurs qui ont mon âge et qui sont bien implantés dans le game. Je sais pas travailler avec des gens s’il n’y a pas de feeling. Et eux, au delà de la musique, j’ai un très bon feeling, on peut manger ensemble, on peut parler ensemble, faire autre que de la musique et pour moi c’est super important : l’humain d’abord. Tout dépend vraiment du feeling, je suis pas quelqu’un qui calcule. Si les choses se font tant mieux, mais je suis pas absolument dans les featurings… J’ai pas de featuring de rêve. A part Drake !

AMV / DM a été réalisé par Benoît Marzouvanlian, réalisateur pour S.Pri Noir (Dystopia), Benash ou Bilton. L’identité visuelle, c’est quelque chose que tu soignes ? 

Pour le coup, c’était la première fois depuis la signature qu’on sortait un clip et qu’on bossait avec un réal. Parce que mes premiers clips je les ai fait avec un proche qui est dans la vidéo. Ca s’est fait via mon manager, qui le connaissait et qui est entré en contact avec lui. Vu que c’était une première expérience, on lui a donné carte blanche et on n’est pas trop intervenus. Après je pense que c’était une bonne expérience, mais pour les prochains clips je voudrais intervenir davantage. Parce que parfois j’ai certaines visions que j’aurais voulu faire ou que je voudrais faire pour les prochains clips, et je voudrais être sûr qu’elles y soient et que ce soit comme j’aime. D’ailleurs le clip que l’on sort très prochainement a été fait comme ça : par nous, par nos propres soins. On l’a bossé avec mon manager, avec ma copine aussi qui est super impliquée dans l’équipe et qui s’est occupée de la direction artistique du clip. On a vraiment fait ça en équipe, avec bien sûr une équipe de prod pour que ce soit le plus clean possible. On est super contents du résultat, super fiers de nous, le clip est incroyable ! 

Qu’est-ce qui t’a inspiré pour le scénario de ton nouveau clip ? Un clip qui contraste d’ailleurs avec les sonorités qu’on retrouve dans ‘Jodeci’…

C’était le but, parce qu’en fait on ne voulait pas d’un clip cliché, c’est vrai que le son est très « summer » et on ne se voyait pas mettre des meufs, ou faire ça à la plage… C’est un morceau qui annonce la ligne directrice du projet aussi, il fallait dès le début annoncer la « couleur ». Fallait un thème, un type de clip qui allait coller le plus possible avec le projet. Même si c’est une sonorité plus pop ou dancehall, on avait pas envie de faire comme les autres. On est super contents d’avoir pu le réaliser nous-mêmes et surtout d’avoir eu des moyens pour le faire. Parce que pour les premiers, on n’avait pas spécialement d’argent à mettre dedans. Du coup ça a été cool d’avoir les idées et d’avoir pu les faire vivre proprement.

D’ailleurs ce nouveau single est assez surprenant, tu explores un terrain beaucoup plus dansant et estival. Le tout, en conservant un texte qui n’est pas très drôle. Ce contraste est assez intéressant, tu peux me parler de ce titre ? 

Je pense qu’on peut me mettre une prod reggae ou peu importe, il y aura toujours ce côté moi en fait, mon identité. Et c’est vraiment le but, que quand on écoute le projet en entier, peu importe le type de prod, je veux que ma signature vocale reste. 

Dans quelle mesure l’identité visuelle d’un artiste est importante à ton sens ? 

Pour moi c’est une des choses les plus importantes. Moi quand j’écoute un artiste aujourd’hui, je ne regarde pas aussi sa musique. Dans le sens où, moi je vais être fan d’un américain, Lil Baby, je kiffe parce qu’il rappe d’une certaine manière et il a la vie qui va avec, les vêtements qui vont avec, le lifestyle qui va avec. Je pense que les gens ne s’identifient pas seulement à la musique, mais à tout. Personnellement, quand des artistes m’inspirent, je regarde tout et j’essaie que les gens aient ce même feeling avec moi, que quand ils regardent mon clip ils se disent ‘moi aussi j’ai envie de m’habiller comme lui’. C’est aussi pour ça qu’on essaie d’incruster la mode tout autour de moi. Même dans mes posts Instagram, c’est un truc important, on essaie de porter des choses différentes, de belles pièces et essayer d’inspirer les autres. 

Que peut-on te souhaiter pour cette année ? 

Beaucoup de musique. La santé avant tout, c’est le plus important quand même. Moi je vais continuer sur ma lancée, beaucoup de travail. J’ai de la chance de pouvoir vivre de la musique et de vivre de ce que j’aime, donc je pense que c’est la chose qu’on peut continuer de me souhaiter. Parce que ça n’a pas de prix de pouvoir faire un métier qu’on aime. Donc voilà, pour la suite on peut me souhaiter beaucoup de sale, beaucoup de musique et la réussite évidemment.

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