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Younès : « Certains vont chez le psy, d’autres font du rap »

Rencontre confinée avec cet artiste à la plume aiguisée et aux flow maîtrisés, tout droit venu de Rouen et signé au sein de Rilès Sundayz.

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Après s’être présenté avec son premier projet ‘Yoon on the Moon’ en 2017 puis avec une performance remarquable dans l’émission ‘Rentre dans le Cercle’ de Fianso, le rouennais Younès est de retour avec un nouvel opus où ses talents d’écriture et de kick se démarquent toujours du reste. S’essayant à de nouvelles ouvertures et même au chant sur son nouvel EP ‘Même les feuilles’, l’étoile montante signée au sein de l’écurie Rilès Sundayz porte ainsi les mêmes revendications qu’à ses débuts, en explorant cette fois des sonorités plus variées. Rencontre distancée à travers ce nouvel entretien pour TRENDS.

Comment tu vis le confinement, pas trop compliqué ? 

Je ne te cache pas que… Comme moi je ne suis pas malade, mes proches hamdoullah ne sont pas malades non plus, c’est encore plus l’occasion pour moi de ne pas sortir et de me concentrer sur les choses que je devais faire. Reprendre les textes que j’ai pu écrire par le passé, les travailler, les mettre en forme… Tu vois par exemple chaque soir j’écris un 16 mesures minimum que je dois envoyer à mon grand frère, donc c’est l’occasion de travailler pour moi. 

Comment la musique est venue à toi ?

La musique a toujours présente. Mes parents sont des consommateurs de musique, d’ailleurs ma mère aime bien dire qu’elle mettait ‘Vivaldi – les quatre saisons’ quand elle était enceinte de moi…

Même lorsqu’on partait en voyage au Maroc, on avait trois jours de voiture donc on écoutait beaucoup de musique… Ca a toujours été présent dans ma vie. Puis c’est au collège que mon frère a commencé à m’initier au rap, il m’a offert mon premier album c’était celui de Keny Arkana, Entre ciment et belle étoile. Et ensuite petit à petit j’ai rencontré des potes, on a écouté du rap… Et on en a fait.

Tu as sorti un EP en 2017 puis après tu sembles avoir pris le temps d’introduire ton retour avec la série de freestyles Rapports. Comment t’es venue l’idée de ce concept ? 

Il y avait pas forcément de stratégie particulière, mais j’avais envie de sortir des sons. Et j’avais trouvé une nouvelle manière d’écrire mes sons, j’avais un concept donc je l’ai exploité. Je venais d’emménager sur Paris et j’avais évolué sur dans mon écriture, de deux manières en fait. J’écrivais beaucoup en me baladant, j’avais beaucoup de choses à faire, je travaillais beaucoup, tout ce que je traversais et ce que je vivais, je le notais dans mon téléphone. Je m’inspirais de tout ce que je voyais, et je le notais. C’est un travail qui m’a paru semblable à celui de rédiger un rapport en fait, d’un rapport de sociologue presque. 

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En plus de ça, j’avais un peu épuré ma manière d’écrire, c’est à dire qu’avant j’expliquais beaucoup mes punchlines dans mes textes. Je lançais une punchline et après je prenais le temps de l’expliquer, ce qui donnait des trucs à rallonge pas très intéressants… Alors que là je me suis décidé à passer sur un mode ‘punch sur punch’, ça veut dire tu donnes des punchs et t’es pas dans l’explication. Je trouve ça plus intéressant. Tout ça combiné avec le fait que je si je voulais fonctionner, il fallait être productif. J’avais les exemples de photos à moi, comme Rilès, qui a été super productif sur une période, c’est comme ça que ça fonctionne. Donc voilà, j’ai voulu donner quelque chose de simple et efficace en sortant un freestyle par semaine. La prise de risque était intéressante parce que c’était lancé au public et d’un autre côté c’était facile parce que c’était un plan séquence (et j’aime bien les plans séquence), pas de montage, c’est tranquil, ça va.

Tu viens donc de Rouen comme un autre acteur incontournable de la scène rap en ce moment : Rilès. C’est là-bas que vous vous êtes recontrés ?

On est amis depuis la seconde et on est rapidement devenus très proches. Au delà de la musique, c’est un ami. Le rejoindre sur son label ça a été l’officialisation d’un truc qui se faisait déjà entre nous, dans le sens où on avait déjà commencé à travailler ensemble depuis le début en fait. Et comme là il a monté sa propre structure, c’était le moment.

Dans quelle mesure il t’a accompagné sur la création de ton nouvel EP « Même les feuilles » ?

Ca a été assez lointain en vrai, parce qu’il est assez pris par ses projets aussi et qu’on est nombreux sur le label maintenant. Du coup je lui fait écouter ce que je fais et il me fait des retours de façon assez régulière, mais en vrai on a été en studios ensemble récemment, il est son projet et je suis sur le mien. Il est quand même présent sur une track, ‘Le monde est virtuel’. C’est une prod qu’il a fait il y a longtemps et sur laquelle j’ai voulu poser.

Qui est-ce que l’on va retrouver sur les prods alors ?

Je me suis entouré de différents compositeurs, de Rilès bien sûr dans mon entourage proche. De Wassim dans mon entourage proche également, qui est aussi mon DJ. Alex Brouks avec qui j’ai fait tous mes rapports, c’est chez lui que je les ai enregistré. Puis après, Shabz, qui a fait « L’alchimiste », « liaisons dangereuses » et « Comme si » et qui est un très bon compositeur. 

L’écriture est très forte dans chacun de tes morceaux. Tu as le sens de la punchline, mais aussi la bonne manière de l’interpréter. D’où te viennent cette capacité et ce goût pour l’écriture ?

J’ai toujours beaucoup aimé lire quand j’étais petit, aujourd’hui encore je lis beaucoup. Du coup je pense que ça m’a donné pas mal de vocabulaire, puis surtout un goût pour les choses bien dites, pour les choses justes. Ecrire, c’est une thérapie. Ca te permet de coucher sur papier des choses que t’as sur le coeur et ça fait tout simplement du bien. Je pense qu’il y en a qui vont chez le psy, et d’autres qui rappent. 

Tu dis dans le ‘Huitième rapport’ avoir grandi avec B20. On sait aussi que tu as été un grand auditeur de Keny Arkana et d’autres artistes aux textes lourds de sens. Ce sont des personnalités qui t’ont marqué, qui ont pu influer sur ton travail actuel ? 

Carrément. Keny Arkana c’est peut-être celle qui m’a donné envie de faire du rap, en tout cas celle qui m’a fait aimer le rap. Il y a plein d’artistes qui m’ont donné goût au rap, parmi eux il y a Médine, Hugo TSR, Youssoupha, Booba…

On sent toujours cette mélancolie, cette introspection et cette hargne bien propre à ta plume et ton flow dans le projet, Mais on remarque que tu l’as déposée certaines fois sur des sonorités plus ouvertes et plus lumineuses, avec un peu de chant. Ca faisait partie de tes objectifs, de le rendre éclectique pour que chacun puisse se l’approprier et le comprendre ? 

Comme je viens beaucoup d’une école lyricale, je suis pas forcément un chanteur, j’estime pas savoir chanter, je pense pas avoir un talent musical particulier, donc j’ai surtout misé sur le texte. Et puis de plus en plus, j’ai aussi eu envie d’être capable de chanter, de faire de la musique, pour que ce soit agréable aussi dans la forme et que ça s’écoute bien. Tout en conservant le fond et la base de mon écriture.

Tu t’es amusé sur ce projet du coup ?

C’était génial. Parce que c’était une nouvelle manière de travailler, j’ai rencontré et travaillé avec de nouvelles personnes. A chaque fois ça a été une manière de m’enrichir de leur façon de travailler. J’ai été cherché des choses que je n’ai jamais faites : j’ai chanté, j’ai fait des refrains… Du coup c’était hyper intéressant, j’ai pris beaucoup de plaisir à le faire. La meilleure partie, c’est la création. Je suis plutôt content des retours, d’ailleurs les premiers que j’ai pu avoir ça a été pendant les premières parties du ‘Tiger tour’ de Rilès, où j’ai testé ces sons-là en lives et que je me suis rendu compte qu’ils marchaient bien.

Une dernière petite question autour du théâtre et de l’acting. J’ai lu que tu avais fait pas mal de théâtre dans ta jeunesse. En vue des nombreux rappeurs qui se lancent actuellement dans le cinéma ou dans les séries, tu penses que si une opportunité se présente pour un rôle tu l’attraperas ? Ou tu te concentres intégralement sur la musique ? 

J’ai commencé tout petit, j’en ai fait au conservatoire de Rouen, au conservatoire du 8è arrondissement à Paris aussi, ça a toujours été une activité qui m’a accompagnée et qui me plais beaucoup ! Je passe des castings d’ailleurs en ce moment pour obtenir des rôles, c’est un vrai kiff. J’ai justement tourné dans un film qui va sortir prochainement, donc non, j’ai aussi envie d’explorer cette dimension là !

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